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Militant, médecin et député

Radio-Canada

En devenant le premier député de Québec solidaire à faire son entrée à l'Assemblée nationale, Amir Khadir a causé la surprise aux élections du 8 décembre 2008.

Il a battu le député péquiste Daniel Turp par 872 voix, sur environ 23 000 suffrages exprimés, dans la circonscription de Mercier. À l'élection de 2007, il s'était approché de ce dernier par un peu plus de 1000 voix.

Amir Khadir le soir de son élection dans MercierAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Amir Khadir le soir de son élection dans Mercier

Photo : Québec solidaire

Mais Québec solidaire ne sera pas officiellement reconnu à l'Assemblée nationale, n'ayant pas réussi à faire élire au moins 12 députés, ni à recueillir 20 % du scrutin. Techniquement, Amir Khadir sera considéré comme un député indépendant. Le parti de gauche ne bénéficiera donc pas d'avantages en ce qui a trait au temps de parole à l'Assemblée nationale et à l'attribution des budgets de recherche, principalement.

Contrairement à la croyance populaire, le règlement de l'Assemblée nationale prévoit quand même un certain budget à des fins de recherche et de soutien pour « tous les députés indépendants, qu'ils représentent un parti ou non ». Confronté à ces moyens de recherche plutôt limités en siégeant seul à l'Assemblée nationale, M. Khadir s'est montré optimiste : « Même si on n'a pas des moyens institutionnels, il y a beaucoup de gens dans la société civile qui connaissent les dossiers parfois mieux que les recherchistes des partis politiques ».

Militant de longue date

Le nouveau député n'en était pas à sa première expérience politique. En 2000, il brigue les suffrages pour le Bloc québécois, dans la circonscription d'Outremont. Trois ans plus tard, il tente sa chance au niveau provincial pour l'Union des forces progressistes (UFP), dans Mercier. Porte-parole du parti, il obtient près de 18 % des voix.

Il milite au sein du Rassemblement pour une alternative politique (RAP) de 1997 à 2002 - date de sa fusion avec l'UFP.

Ses faits d'armes remontent toutefois à son adolescence, souligne le Journal de l'Association des médecins de langue française du Canada (AMFLC) dans un portrait de lui. À l'âge de 14 ans - 4 ans après avoir émigré d'Iran, il fonde le premier comité immigrant dans les écoles du Québec, pour aider les élèves étrangers à s'intégrer.

De la poésie à la médecine

Plus tard, il se dirige vers des études en physique, pour ne pas décevoir ses parents. « On retrouve l'aspect philosophique et même beaucoup de poésie », déclare-t-il à l'AMFLC. Ses études lui permettent de rencontrer sa femme, Nima Machouf, avec qui il aura trois filles: Daria, Yalda et Leyli.

Comme sa soeur, ce natif de Téhéran est aujourd'hui médecin, quand il ne milite pas. Microbiologiste-infectiologue, plus précisément, au Centre hospitalier Pierre-Le Gardeur, à Lachenaie, au nord de Montréal. Diplômé en médecine de l'Université Laval, il détient une maîtrise en physique de l'Université McGill et a fait des études postdoctorales à l'Université de Montréal.

Il concilie d'ailleurs médecine et engagement social, puisqu'il est membre de la Coalition des médecins pour la justice sociale, opposée à la privatisation du réseau québécois de la santé. Il collabore aussi avec les organismes Aide médicale pour la Palestine et Caravane Québec-Cuba. Il a participé à plusieurs projets à l'étranger et a dirigé des missions d'assistance médicale d'urgence dans plusieurs pays, dont l'Irak, pour Médecins du monde.

En tant que député, il espère pouvoir pratiquer encore une journée tous les 15 jours pour « garder la main », déclarait-il à La Presse.

Québec solidaire, un jeune parti

Amir Khadir fait partie de Québec solidaire depuis la naissance de ce parti.

Cette formation se définit comme étant « de gauche, écologiste, féministe, pacifiste, pluraliste, démocratique et souverainiste ». Elle est née de la fusion de l'Union des forces progressistes et d'Option citoyenne, en février 2006. Les deux partis négociaient depuis décembre 2004.

L'UFP existait depuis 2002, résultante d'une fusion entre le Rassemblement pour une alternative progressiste (au sein duquel Amir Khadir militait), du Parti de la démocratie socialiste et du Parti communiste du Québec.

Option citoyenne est née sous l'impulsion d'une centaine de personnes, dont Françoise David.

Québec solidaire a récolté 3,8 % des suffrages au scrutin de 2008, contre 3,65 % en 2007.

Source: Québec solidaire

Activisme et police

Amir Khadir après son arrestation lors d'une manifestation contre l'Organisation mondiale du commerceAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Amir Khadir après son arrestation lors d'une manifestation contre une rencontre de l'Organisation mondiale du commerce

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le militantisme d'Amir Khadir lui a toutefois causé quelques ennuis. Dans les années 80, sa lutte contre le régime du chah puis du régime des mollahs en Iran lui aurait valu d'être surveillé par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), selon le Journal de Montréal..

M. Khadir avait aussi dénoncé de possibles pressions du SCRS sur un militant qu'il connaissait, Guillaume Tremblay, en 2004. « Nous trouvons que c'est un prétexte pour intimider les gens qui militent légitimement contre une mondialisation marchande et injuste », déclarait-il à La Presse canadienne. Les deux militants avaient été arrêtés en juillet 2003, en marge des travaux menés à Montréal par l'Organisation mondiale du commerce.

Le 11 septembre, entre question et vision

Amir Khadir traîne une déclaration que ses détracteurs lui reprochent au sujet du 11 septembre. Il s'était dit en faveur d'une enquête internationale, au regard de la théorie du complot. « Je trouve que c'est un peu léger de taxer ça de théorie du complot et de dire que ça n'a aucune crédibilité. Car les enjeux sont immenses, sur le plan du contrôle des ressources, des débouchés stratégiques pour les armes. Il est à tout le moins raisonnable de penser qu'il y peut y avoir eu conspiration », rapportait La Presse en 2006.

Il notait toutefois que les résultats d'une telle enquête concluraient sûrement qu'Oussama ben Laden était l'instigateur des attentats, à son avis.

Il étoffe sa vision de cet événement, dans une interview au journal de l'AMFLC: « Nous avons besoin de valeurs, d'économies et de sociétés différentes de la plupart de celles qui prévalent aujourd'hui afin d'améliorer le sort de notre planète, de survivre sur cette terre et de vivre en paix ».

Des propos qui font écho à ceux prononcés lors de sa victoire de 2008: « Ces Québécois et Québécoises ont voté pour un Québec plus écologiste, pour une économie enfin au service de tous et pour un système de santé gratuit et accessible pour tous. Ce Québec, nous ne pourrons le tisser ensemble que si nous commençons dès maintenant à nous libérer de ces intérêts privés qui nous ont trop longtemps dominés. »

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