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Manifestants contre manifestants

Manifestation contre la coalition, Ottawa.

Manifestation contre la coalition, Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs groupes se sont mobilisés samedi pour réclamer la formation d'un gouvernement de coalition PLC-NPD à Ottawa, alors que d'autres manifestants ont tenu des rassemblements pour soutenir le gouvernement en place.

Plusieurs groupes se sont donné rendez-vous samedi dans les principales villes canadiennes pour soutenir la formation d'un gouvernement de coalition par les partis d'opposition fédéraux.

D'autres rendez-vous, contre la coalition ceux-là, ont eu lieu dans une dizaine de villes au pays.

À Montréal, une manifestation pour la coalition a été organisée devant le Complexe Guy-Favreau. À l'instigation de la FTQ, de la CSN et de la CSQ, près de 1000 personnes, dont plusieurs membres des syndicats, étaient réunies pour dénoncer la fermeture du Parlement canadien en pleine crise économique par le premier ministre conservateur Stephen Harper.

« Face à la crise économique, les conservateurs ont choisi l'inaction et d'ignorer les secteurs en difficulté, soutiennent dans un communiqué conjoint la FTQ, la CSN et la CSQ. Il n'y a rien dans l'énoncé économique conservateur pour les secteurs forestier et manufacturier, rien pour les familles, rien pour les chômeurs. En plus d'attaquer les droits fondamentaux des travailleurs et des travailleuses et de s'en prendre à l'équité salariale, les conservateurs refusent de gouverner de façon responsable. »

Selon les centrales syndicales, « dans un geste hautement antidémocratique, Stephen Harper a choisi de fuir ses responsabilités en abrogeant la Chambre, tout en se livrant à du Québec Bashing, ce qui est honteux de la part d'un premier ministre ».

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, le député libéral Denis Coderre et le député néo-démocrate Thomas Mulcair ont pris la parole au cours de l'événement.

Stéphane Dion et Jack Layton lors de la manifestation procoalition, samedi à TorontoAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphane Dion et Jack Layton lors de la manifestation procoalition, samedi à Toronto

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

À Toronto, près de 2000 personnes ont participé à une manifestation à City Hall, à l'instigation des grands mouvements syndicaux, dont ceux des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), du Syndicat des métallos et du Syndicat canadien de l'énergie, des communications et du papier (SCEP).

Les chefs des deux partis de la coalition, le libéral Stéphane Dion et le néo-démocrate Jack Layton, ont pris la parole. M. Layton a notamment expliqué que si elle prend le pouvoir en janvier prochain, la coalition investirait dans les infrastructures et les programmes sociaux et protégerait les pensions de vieillesse. (Lire notre nouvelle)

À Winnipeg, des citoyens se sont également rassemblés afin d'apporter leur soutien à la formation d'un gouvernement de coalition.(Lire notre nouvelle)

Contre la coalition

D'autres rendez-vous, contre la coalition ceux-là, ont également été organisés dans plusieurs villes canadiennes. Le plus important rassemblement a eu lieu à Calgary, où quelque 2000 Albertains se sont réunis pour donner leur appui au premier ministre Stephen Harper. Le ministre albertain de la Citoyenneté et de l'Immigration, Jason Kenney, et l'ancien ministre conservateur Monte Solberg étaient aussi présents. (Lire notre nouvelle)

À Ottawa, plus de 500 manifestants se sont rassemblés devant le Parlement pour soutenir le gouvernement conservateur. Jeudi, ils étaient 2000 pour soutenir la coalition.

À Halifax, près de 200 personnes ont dénoncé l'idée d'un gouvernement de coalition. Certains manifestaient parce qu'ils veulent un gouvernement stable, tandis que d'autres s'inquiètent pour l'unité du pays. Seul député conservateur présent, Gerald Keddy, de la circonscription South Shore - St. Margaret's, a défendu les décisions du premier ministre Harper, que plusieurs, même chez les partisans conservateurs, tiennent responsable de cette crise politique.

À Montréal, quelques manifestants, dont le ministre conservateur Christian Paradis, se sont quant à eux réunis devant le bureau de Stéphane Dion.

De nombreuses personnes se sont également réunies devant le Palais législatif de Winnipeg.

Dion, talon d'Achille

La question du leadership de Stéphane Dion pourrait miner de l'intérieur la coalition. Déjà, les tensions sont vives au sein du Parti libéral pour que Stéphane Dion devance son départ de la direction du parti, prévu en mai, au terme de la course à sa succession.

Samedi, l'ancien vice-premier ministre libéral John Manley écrivait dans une lettre au Globe and Mail que son parti doit remplacer M. Dion avant Noël par un chef qui travaillera à raviver le Parti libéral, plutôt qu'à promouvoir la formation d'un gouvernement de coalition avec le NPD.

Michael Ignatieff, candidat à la direction du PLC, a pour sa part lancé que le parti explore les moyens d'accélérer la course à la chefferie. Bob Ray, également dans la course, a pour sa part indiqué qu'il serait favorable à un remplacement rapide de M. Dion si le nouveau chef était sélectionné par l'ensemble des membres du parti plutôt que par des délégués de chaque circonscription.

Les rumeurs voulant que plusieurs membres du PLC tentent d'obtenir la démission de leur chef dès la semaine prochaine s'accumulent. La réponse de M. Dion au discours à la nation de Stephen Harper, critiquée de toute part, n'a fait qu'accentuer l'insatisfaction à son égard.

Céline Hervieux-Payette, sénatrice et lieutenante du chef du Parti libéral du Canada au Québec, continue toutefois de le défendre. En entrevue à Radio-Canada, Mme Hervieux-Payette a minimisé l'importance des pressions sur le chef démissionnaire, indiquant que ceux qui tentent de pousser M. Dion vers la sortie ne sont pas nombreux et n'ont pas travaillé pendant la campagne électorale.

Les internautes majoritairement contre la coalition

Les groupes pour et contre la coalition ont multiplié leur présence sur Internet. Dimanche matin, la principale pétition anti-coalition avait recueilli plus de 305 000 signatures, tandis que la pétition procoalition avait été signée par près de 32 000 personnes.

Rappel des faits

27 novembre - Le ministre des Finances Jim Flaherty présente sa mise à jour économique à la Chambre des communes. Libéraux, néodémocrates et bloquistes dénoncent l'absence de mesures concrètes pour stimuler l'économie nationale et le caractère « idéologiques » de plusieurs mesures projetées dans l'énoncé économique, parmi lesquelles on retrouve:

  • l'élimination du financement public aux partis politiques;
  • la suspension du droit de grève pour des motifs liés aux salaires dans le secteur public et dans certaines sociétés d'État jusqu'à la fin de 2010-2011;
  • l'interdiction de recourir aux tribunaux pour régler les questions d'équité salariale.

28 novembre - Devant l'indignation des partis d'opposition, le premier ministre Stephen Harper reporte au 8 décembre le vote sur son énoncé économique ainsi que la journée d'opposition des libéraux, qui prévoient déposer une motion de censure qui pourrait faire tomber le gouvernement.

Le Parti libéral et le NPD mandatent l'ex-chef du NPD Ed Broadbent et l'ex-premier ministre Jean Chrétien pour discuter de la possibilité de former un gouvernement de coalition, advenant la défaite des conservateurs lors du vote. Le Bloc québécois participe aux discussions, son appui étant indispensable pour porter et maintenir au pouvoir une telle coalition.

29-30 novembre - Les conservateurs annoncent qu'ils reculeront sur certaines mesures, dont l'abolition du financement public aux partis politiques et la suspension du droit de grève des fonctionnaires fédéraux. Le ministre des Finances annonce que son budget sera présenté après le congé des Fêtes, le 27 janvier. Les partis d'opposition affirment ne pas avoir l'intention d'appuyer l'énoncé économique du gouvernement en dépit des reculs des conservateurs.

1er décembre - Le PLC et le NPD s'entendent pour former un gouvernement de coalition jusqu'au 30 juin 2011. Le Bloc québécois, qui ne ferait pas partie du gouvernement, accepte de soutenir ce gouvernement jusqu'en juin 2010. Le caucus libéral nomme le chef démissionnaire du parti, Stéphane Dion, pour diriger cet éventuel gouvernement, jusqu'à ce que les libéraux choisissent leur nouveau chef, en mai prochain.

2 décembre - Les conservateurs promettent d'utiliser tous les moyens légaux pour empêcher qu'un gouvernement de coalition, qu'ils jugent illégitime, prenne leur place. La gouverneure générale écourte sa visite officielle en Europe.

3 décembre - Stephen Harper fait un discours à la nation dans lequel il réaffirme qu'il prendra tous les moyens légaux pour contrer la coalition. M. Harper réaffirme que son gouvernement déposera un budget le 27 janvier prochain.

4 décembre - La gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, accepte de mettre fin à la session parlementaire à la demande de Stephen Harper. Les travaux du Parlement reprendront le 26 janvier, soit dans sept semaines.

Avec les informations de La Presse canadienne

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