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Derrière Dion et devant Harper

Stéphane Dion

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada

Les ténors du PLC martèlent que l'appui à leur chef reste fort au sein du parti. Par ailleurs, en dépit de la prorogation des travaux du Parlement, les chefs de l'opposition demeurent convaincus du bien-fondé de leur coalition.

Les trois partis d'opposition ont tous réagi à la prorogation de la session parlementaire.

Du côté des libéraux, le chef Stéphane Dion et les candidats à la direction Michael Ignatieff et Bob Rae ont tour à tour défilé devant les journalistes, à la sortie du caucus libéral, jeudi après-midi. « Je peux vous le résumer en une phrase: l'appui est tellement fort, le moins qu'on puisse dire est que M. Harper aura une tâche monumentale », a déclaré Stéphane Dion. Dans la foulée, il a précisé qu'il n'était « pas question » de tenir des élections.

Michael Ignatieff et Bob Rae lui ont fait écho, le premier estimant que le premier ministre avait transformé une crise économique en crise parlementaire, qui aurait pu mener à une crise nationale. « Le premier ministre ne peut se permettre cela. Il doit unir, rassembler et non susciter des discordes », a-t-il lancé.

Unis derrière Stéphane Dion

Les deux aspirants à la direction du Parti libéral ont aussi fait front commun derrière l'actuel chef, Stéphane Dion. « Les questions de leadership ne sont pas actuelles. Nous avons un leader, il s'appelle Stéphane Dion », a commenté M. Ignatieff.

Il a aussi condamné les propos du député libéral torontois Jim Karygiannis, qui a affirmé que l'idée de coalition ne tenait plus et que Stéphane Dion devait céder sa place de chef libéral le plus rapidement possible. « Ce n'est pas digne du caucus auquel il appartient, estime M. Ignatieff. On fait parfois de petites erreurs. »

L'appui pour mon leadership est très fort, pour les prochains mois.

Stéphane Dion

Un autre député libéral, Frank Valeriote, de la circonscription de Guelph, est rentré dans les rangs. Il a signé la lettre d'appui présentée aux députés libéraux jeudi, pour tenter de dissiper les doutes sur la solidité d'une coalition. Le jour d'avant, il avait dit espérer que le premier ministre Stephen Harper puisse trouver une solution pour apaiser la crise financière au Canada (lire notre article à ce sujet).

Discours de Stéphane Dion

Au sujet des problèmes techniques pour l'allocution télévisée du chef libéral, mercredi, M. Dion affirme avoir demandé la tenue d'une enquête sur « le professionnalisme » de cette diffusion. Et d'ajouter en boutade: « Beaucoup de gens m'ont dit que c'était très bien à la radio. »

L'enquête a d'ailleurs révélé qu'une série d'erreurs seraient à l'origine de la piètre qualité de cette vidéo. Selon des sources internes, un bouton de mise au point automatique de la caméra numérique serait resté en position verrouillée, ce qui expliquerait l'image un peu floue. La mise au point était plutôt faite sur une étagère derrière M. Dion.

Il y aurait aussi eu confusion sur l'endroit précis où devait être livré l'enregistrement, ce qui explique pourquoi les réseaux l'ont reçu en retard.

Le budget dans la ligne de mire

Plus tôt dans la journée, M. Dion a indiqué que la coalition PLC-NPD, appuyée par le Bloc, tenait toujours, malgré la prorogation.

La coalition est là. Elle est très importante pour les Canadiens.

Stéphane Dion

Quand on lui a demandé s'il allait appuyer un budget qui contiendrait des mesures économiques satisfaisantes, il a précisé que ce document devra contenir un changement monumental.

La Chambre des communes sera appelée à se prononcer sur le projet de budget, dont le document sera déposé le 27 janvier prochain.

Le Bloc québécois et le NPD condamnent la prorogation

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a réagi peu après à l'obtention, par le premier ministre Harper, d'une prorogation du Parlement à la suite de sa rencontre avec la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean. Dans les minutes qui ont suivi l'annonce de la suspension des travaux du Parlement, Gilles Duceppe a déclaré que les conservateurs avaient définitivement perdu la confiance de la Chambre des communes « en préférant l'idéologie à l'économie ».

M. Duceppe a rappelé que le chef conservateur a déclenché des élections en septembre dernier pour « s'occuper de l'économie ». « En fermant le Parlement, Stephen Harper repousse de six semaines toute possibilité d'adopter un plan de relance de l'économie », a-t-il ajouté.

Et si de nouvelles élections devaient être déclenchées, le chef bloquiste affirme que cette décision reporterait de deux autres mois toute annonce économique. La coalition a toujours des chances de fonctionner, mais il faut demander aux chefs du PLC et du NPD, selon M. Duceppe.

De notre côté, nous sommes toujours prêts à appuyer cette coalition.

Gilles Duceppe

Pour le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, cette prorogation signifie que le chef conservateur ne veut pas faire face aux élus de la Chambre des communes. Il s'est plutôt servi, selon lui, d'une astuce pour échapper à ses responsabilités. Interrogé sur la main tendue par M. Harper pour travailler avec le Parti libéral et le NPD, M. Layton affirme qu'il ne peut plus faire confiance au chef conservateur, puisqu'il a rejeté les propositions de la majorité des élus de la Chambre.

Réactions au pays

Diverses réactions à la prorogation des travaux du Parlement ont eu lieu à différents endroits au pays.

À Toronto, les TCA, les Métallos et le Syndicat canadien de l'énergie, des communications et du papier (SCEP) avaient convoqué un point de presse, afin de plaider en faveur d'un gouvernement de coalition. La décision rendue par Michaëlle Jean a précédé la tenue de l'événement, transformant l'humeur des participants qui se sont dits déçus. Dans les rues de la Ville Reine, les Torontois interrogés jeudi semblaient soulagés de la suspension du Parlement (lire notre article).

Déception aussi à Ottawa, où des centaines de personnes ont manifesté dans le calme, jeudi midi, sur la colline du Parlement, pour réclamer la formation d'un gouvernement de coalition. Ils répondaient à l'invitation du Congrès du travail du Canada (lire notre article).

La classe politique n'est pas en reste, notamment le premier ministre progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, Rodney MacDonald. Celui-ci approuve la décision de la gouverneure générale d'accéder à la demande du premier ministre Stephen Harper pour suspendre les travaux parlementaires jusqu'au 26 janvier. Il estime qu'il est plus important de s'attaquer aux problèmes économiques actuels (lire notre article).

Au Québec, les réactions sont variées, ne serait-ce que dans la région de la Capitale-nationale. Le député conservateur de Lévis-Bellechasse, Steven Blaney, qui s'opposait à la coalition, estime que le prochain budget permettra à son gouvernement de continuer à diriger le pays. Un avis que ne partage pas la bloquiste Christiane Gagnon: « Il y a eu 73 % de la population du Québec qui a voté autre chose que M. Harper, il devrait justement faire un acte d'humilité » (lire notre article).

Quant au député bloquiste de la circonscription d'Abitibi-Témiscamingue, Marc Lemay, il croit que le premier ministre Stephen Harper tente simplement de gagner du temps en prorogeant la session parlementaire jusqu'au 26 janvier (lire notre article).

Des manifestations pour et contre la coalition ont également eu lieu dans l'ouest du pays (lire notre article).