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Licenciements et inquiétudes

AT&T

Photo : La Presse canadienne / Michael Ainsworth

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Malmené par le ralentissement économique mondial, le géant des télécommunications AT&T, Viacom et Adobe licencient, tandis que plusieurs indicateurs économiques affichent rouge.

La crise économique fait des vagues et a emporté des milliers d'emplois jeudi.

Le géant américain des télécommunications AT&T annonce l'abolition de 12 000 emplois au cours des mois à venir, ce qui équivaut à la suppression de 4 % de l'ensemble de sa main-d'oeuvre.

La direction de la multinationale basée à Dallas, au Texas, a fait savoir qu'elle procédera à ces compressions dès le mois de décembre, et qu'elles se poursuivront dans les premiers mois de l'année 2009.

AT&T explique cette importante vague de licenciements par le ralentissement économique mondial ainsi que par une série de changements organisationnels opérés au sein de ses activités.

Le PDG d'AT&T Randall StephensonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le PDG d'AT&T Randall Stephenson,

Photo : La Presse canadienne / AT&T

La direction de l'entreprise a également fait savoir qu'elle réduirait en 2009 ses dépenses d'investissements.

L'annonce des licenciements a eu l'effet d'une douche froide sur l'action d'AT&T, qui a ouvert en baisse de 2,5 % jeudi matin à Wall Street. Elle a toutefois cloturé en légère baisse, à 0,21 %. Une baisse qui s'ajoute à un recul de 30 % depuis le début de l'année de la valeur de l'action du géant des télécommunications.

Cette vague de licenciements se traduira, selon AT&T par des charges de 600 millions de dollars qui seront comptabilisées dans le prochain trimestre.

AT&T est le plus important fournisseur de services téléphoniques et de télécommunication aux États-Unis, où il dessert plus de 75 millions d'abonnés. L'entreprise, qui emploie plus de 303 000 personnes dans le monde, a généré des revenus globaux de 118 milliards de dollars américains en 2007 dont 11,2 milliards en bénéfices nets.

Dupont, Viacom et Adobe emboîtent le pas

Or, il n'y a pas qu'AT&T qui soit frappée par le ralentissement économique mondial. Le fabricant de produits chimiques DuPont a annoncé la mise à pied de 2 500 employés en Europe de l'Ouest et aux États-Unis. L'entreprise cessera d'embaucher 4000 sous-traitants et réduira le temps de travail de 400 employés.

La multinationale Viacom a aussi annoncé jeudi la suppression de 850 emplois. En plus de ces licenciements, qui représentent 7 % des effectifs de l'entreprise, Viacom annonce le gel des augmentations de salaire prévues pour certains de ses hauts dirigeants. Ces mesures de rationalisation entraîneront des charges supplémentaires de 400 à 450 millions de dollars au quatrième trimestre 2008.

L'entreprise américaine basée à New York prévoit économiser jusqu'à 250 millions de dollars avant impôt en 2009 grâce à cette réduction de ses effectifs.

L'entreprise de logiciels Adobe a aussi annoncé le licenciement de 600 personnes, soit 8 % de ses effectifs. Le PDG Shantanu Narayen estime que la crise économique a un impact significatif sur les revenus de l'entreprise. Adobe table sur des revenus de 912 à 915 millions de dollars pour le quatrième trimestre, contrairement à des prévisions initiales de 925 à 955 millions.

Licenciements et cours en bourse

Les actions des entreprises ayant annoncé des licenciements ont connu des sorts différents sur les marchés jeudi:

  • Adobe: -9,32 % (20,44 $)
  • DuPont: -0,34 % (23,69 $)
  • Viacom: 0,9 % (14,63 $)

Record du nombre de demandes de chômage

Le couperet tombe sur ces emplois au moment où le département du Travail américain dévoile que 524 000 personnes ont déposé des demandes d'indemnisation de chômage. Ce chiffre marque un record en 26 ans.

D'autres indicateurs sont au rouge, notamment les ventes des chaînes de magasins aux États-Unis, qui se sont contractées de 2,7 % en novembre, selon Conseil international des centres commerciaux (ICSC). L'association s'attendait à un recul d'environ 1 %.

Wal-Mart résiste

Seule lumière au tableau: Wal-Mart. Au mois de novembre, ses ventes, à nombre de magasins comparables et hors vente de carburant, ont progressé de 1,5 % sur un an. Cette performance marque néanmoins un ralentissement par rapport aux mois précédents, puisque la progression avait été de 2,4 % en septembre et octobre, après une croissance de 3 % en août.

Les ventes de novembre « ont dépassé les attentes », portées par une meilleure fréquentation des magasins et par une facture moyenne plus élevée, estime l'entreprise. La baisse des prix du carburant a accru le budget des ménages, ajoute l'entreprise.

Ses ventes ont aussi été dopées par l'Action de grâces, qui a permis à Wal-Mart de dégager des ventes « records » en alimentation, ainsi que par le « Black Friday », jour qui marque le coup d'envoi de la période d'achats du temps des fêtes.

Au Canada, les ventes des magasins comparables de Wal-Mart ont été légèrement négatives, a indiqué la compagnie, en raison d'un mois d'octobre particulièrement chaud en 2007. Cela a eu pour effet de reporter les ventes au mois suivant, faisant du mois de novembre 2007 le plus solide de l'année dernière.

L'entreprise de Bentonville a jugé « difficile » de fournir des prévisions « au vu du contexte économique actuel ». Elle prévoit une croissance des ventes en décembre dans le haut de la fourchette des 1 %-3 %.

Pour l'ensemble du secteur, l'ICSC table sur une évolution des ventes pour les mois d'achats de fête de fin d'année (novembre et décembre) située entre -1 % et 0 %. Pour le seul mois de décembre, une croissance de 1,5 % est attendue.

Les commandes en baisse

Du côté des commandes à l'industrie, elles ont diminué de 5,1 % au mois de novembre, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Commerce. Cela représente leur plus forte baisse depuis juillet 2000.

C'est le troisième mois consécutif de recul pour cet indicateur. En septembre, les commandes à l'industrie avaient reculé de 3,1 % et de 4,3 % en août. En juillet 2000, les commandes à l'industrie avaient chuté de 8,5 %.

Hors transport, les chiffres ne sont guère meilleurs. Les commandes à l'industrie ont chuté de 4,2 % en octobre après une baisse record de 4,3% le mois précédent et de 3,6 % en août. En outre, les commandes de biens durables, c'est-à-dire les biens devant durer plus de trois ans, ont été révisées à la baisse pour le mois d'octobre. Elles ont finalement chuté de 6,9 %.

Ces chiffres sont de mauvais augure pour les données mensuelles de l'emploi pour l'ensemble du mois de novembre qui seront publiées vendredi. À ce sujet, le Nobel d'économie 2008, Paul Krugman, s'interrogeait jeudi sur son blogue: « Va-t-on pouvoir sortir l'économie de son marasme avant que le chômage n'atteigne les deux chiffres? Je commence à me le demander ».

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, New York Times, La Presse canadienne, Reuters, et Les Échos

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