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Harper veut continuer à gouverner

Stephen Harper s'adresse à la nation

Stephen Harper s'adresse à la nation.

Photo : La Presse canadienne / Tom Hanson

Radio-Canada

Le premier ministre du Canada réaffirme qu'il prendra tous les moyens légaux pour empêcher l'opposition de prendre le pouvoir. Il rencontrera la gouverneure générale jeudi.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, s'est adressé à la nation, mercredi soir, dans une courte déclaration télévisée, alors que l'opposition menace de le renverser.

Il s'est efforcé de convaincre les Canadiens qu'il était le mieux placé pour gouverner le pays.

Le premier ministre a réaffirmé qu'il prendra tous les moyens légaux pour contrer l'opposition. Il n'a pas explicitement déclaré qu'il demanderait à la gouverneure générale de proroger les travaux du Parlement, mais il a été confirmé qu'il rencontrera Michaëlle Jean jeudi.

Plus tard, le ministre Jean-Pierre Blackburn a laissé entendre qu'une telle demande serait alors formulée à la gouverneure générale.

M. Harper a déclaré que son gouvernement déposerait un budget le 27 janvier prochain. Selon le premier ministre, ce budget comprendra des mesures additionnelles à celles, dit-il, déjà mises en place par son gouvernement. Il a notamment cité les réductions d'impôts et les dépenses en infrastructures déjà accomplies par les conservateurs.

Il a continué de dénoncer l'entente conclue entre les partis d'opposition. Selon lui, toute alliance avec le Bloc québécois ne peut pas être utile pour le Canada.

Les partis d'opposition n'ont pas le droit démocratique d'imposer une coalition avec les souverainistes.

Stephen Harper

Il a dit plutôt souhaiter des demandes spécifiques de la part de l'opposition en matière économique, afin qu'il puisse déposer un budget qui satisfasse ses adversaires.

Dion campe sur ses positions

Dans sa réponse à Stephen Harper, le chef libéral, Stéphane Dion, a insisté sur la nécessité de défaire le gouvernement conservateur pour lui substituer un gouvernement de coalition que les libéraux et les néo-démocrates formeraient, avec l'appui du Bloc québécois.

Stéphane Dion

Stéphane Dion réplique à Stephen Harper.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Pour Stéphane Dion, les conservateurs « ont perdu le droit de gouverner », car ils ont perdu, selon lui, la confiance du Parlement.

Il a notamment reproché au gouvernement conservateur de refuser d'adopter des mesures à même de stimuler l'économie et de privilégier ses visions « idéologiques ».

Les Canadiens ne veulent pas d'autres élections. Ils veulent que les parlementaires travaillent ensemble. C'est notre devoir. Les Canadiens veulent que les députés mettent leur partisanerie de côté et qu'ils se concentrent sur l'économie.

Stéphane Dion

M. Dion a noté que le régime parlementaire canadien, de par ses règles et ses conventions, offre une solution de rechange à la tenue d'élections, celle de mettre en place un gouvernement de coalition.

Ce gouvernement de coalition, a-t-il expliqué, travaillerait dans un esprit de « consensus » et de « collaboration ».

Il s'attellerait aussi aux priorités que dicte la crise financière, comme la création d'emplois, l'accélération et l'augmentation des investissements dans les infrastructures, et l'aide aux secteurs manufacturier et forestier.

Par ailleurs, Stéphane Dion a affirmé avoir demandé à la gouverneure générale, Michaëlle Jean, de ne pas accéder à la demande de Stephen Harper d'ajourner les travaux du Parlement.

La représentante de la reine, en sa qualité de chef d'État, aura en effet à trancher sur la prorogation de la session parlementaire, une question sur laquelle les constitutionnalistes sont divisés.

Des motifs partisans

En point de presse, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi réclamé qu'un vote de confiance soit tenu lundi prochain. Le cas échéant, si le gouvernement conservateur est renversé, il explique que ce sont les règles parlementaires qui s'appliqueront.

Fustigeant le gouvernement Harper, Gilles Duceppe considère que le premier ministre a créé une crise pour des motifs qui sont partisans.

Le Bloc québécois avait le devoir de s'opposer à un énoncé idéologique qui s'attaquait au Québec, aux travailleurs, aux femmes et à la démocratie. Stephen Harper a fait preuve d'un manque de jugement grave et inquiétant en faisant passer l'idéologie de son parti avant l'économie et avant le sort de la population. [...] En agissant comme un incendiaire, Stephen Harper s'est montré indigne de gouverner.

Gilles Duceppe

Le chef du Bloc québécois a rappelé que le gouvernement conservateur a perdu la confiance de la Chambre des communes. C'est pourquoi, devant un tel échec, une majorité des élus a décidé d'entreprendre des négociations qui ont mené à une entente pour former une coalition.

Avec cette entente, le Bloc québécois estime que plusieurs gains ont été obtenus pour les Québécois. C'est pourquoi il désire qu'un gouvernement de coalition, auquel son parti ne participera pas, mais qu'il soutiendra, soit au pouvoir au cours des 18 prochains mois.

Les gains obtenus par le Québec avec cette entente, selon Gilles Duceppe

  • Un plan de soutien pour les secteurs manufacturier et forestier
  • La restauration du financement des organismes économiques pour les régions du Québec
  • L'annulation des suppressions de programmes en culture
  • De l'aide pour les retraités touchés par la crise
  • La création d'un programme de soutien pour les travailleurs âgés
  • L'utilisation de la caisse d'assurance-emploi uniquement au service des travailleurs
  • Un mécanisme inspiré de Kyoto qui correspond aux demandes québécoises
  • De l'aide pour les familles avec un droit de retrait avec pleine compensation pour le Québec

À l'encontre du droit démocratique

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a pour sa part réagi en déclarant que la population voulait du leadership, ce que le gouvernement Harper ne lui offre pas. Selon lui, la population souhaite également des gestes rapides et concrets en matière économique, ce que le gouvernement échoue aussi à accomplir, dit-il.

Pour Jack Layton, en demandant une prorogation des travaux de la Chambre, le gouvernement Harper rejette le droit démocratique des 62 % de la population qui ne l'ont pas appuyé lors des dernières élections.

Les excuses du PLC

Par ailleurs, le Parti libéral du Canada a présenté ses excuses au sujet de l'enregistrement du discours de Stéphane Dion. En effet, les médias ont reçu cet enregistrement avec près d'une heure de retard sur l'horaire prévu. De plus, la qualité de l'enregistrement laissait à désirer. M. Dion était cadré de trop près et l'image était parfois floue.

La chef de cabinet de Stéphane Dion, Johanne Senecal, s'est déclarée outrée et a annoncé qu'une enquête était en cours pour déterminer ce qui s'est produit.