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La coalition est prête

Jack Layton, Stéphane Dion, Gilles Duceppe
Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
Radio-Canada

C'est Stéphane Dion qui dirigerait un éventuel gouvernement de coalition, avec l'accord unanime des trois aspirants à la direction du PLC. Les chefs d'opposition ont signé un accord sur la composition de ce gouvernement.

À Ottawa, les libéraux (PLC) ont décidé, lundi, dans le cadre d'un caucus, de remettre les rênes d'un éventuel gouvernement de coalition avec le NPD entre les mains de leur chef démissionnaire, Stéphane Dion.

En fin d'après-midi, les trois chefs des partis d'opposition ont signé un accord sur la composition de ce gouvernement de coalition. Son Cabinet comprendrait 24 ministres, en plus du premier ministre, dont 6 provenant du Nouveau Parti démocratique.

Le Bloc québécois n'en ferait pas partie, mais comme il détiendrait la balance du pouvoir, garantirait son appui pour une période d'un an et demi, c'est-à-dire jusqu'en juin 2010, pour maintenir ce gouvernement en place.

Michael Ignatieff, Dominic LeBlanc, Bob Rae en point de presse à Ottawa Photo : PC / Adrian Wyld

Les candidats à la direction d'accord

En matinée, les trois aspirants à la direction du PLC, Dominic LeBlanc, Michael Ignatieff et Bob Rae ont salué cette décision de façon unanime lors d'un point de presse, au sortir du caucus.

Le seul chef qui peut nous mener dans ce contexte, c'est le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion.

Michael Ignatieff

Ils ont poursuivi en soutenant qu'un tel choix permettrait que se poursuive normalement la course à la direction du PLC. Stéphane Dion doit normalement demeurer chef du parti jusqu'à ce que ses membres en choisissent un nouveau, lors du congrès libéral de mai prochain, à Vancouver.

« On va poursuivre la course à la chefferie de façon normale et je vais insister, comme Dominic et Bob, pour qu'il y ait un accord total au sein du caucus (pour que Stéphane Dion dirige la coalition) », a insisté M. Ignatieff.

En fait, même si M. Ignatieff semble être le plus populaire au sein du parti, aucun autre candidat à la direction du PLC n'était intéressé à ce que ce dernier occupe la direction de la coalition, ce qui lui aurait donné une longueur d'avance sur les autres candidats.

Dans les derniers jours, Stephen Harper a affirmé haut et fort à plusieurs reprises que M. Dion n'avait pas la légitimité requise, étant donné la défaite historique qu'il a subie lors du scrutin général.

La formation d'une coalition

Quelles sont les règles du système parlementaire canadien pouvant conduire à la formation d'un gouvernement de coalition? Lisez notre article à ce sujet.

Les attaques fusent

Au cours d'une période de questions particulièrement houleuse, lundi après-midi, le chef intérimaire de l'opposition officielle, Stéphane Dion, a accusé le gouvernement Harper de faire de la politique au lieu de s'occuper de l'économie, et lui a demandé s'il se soumettrait à un vote de confiance.

Le premier ministre Stephen Harper a rétorqué que M. Dion « s'apprête à jouer le plus gros coup de dés de l'histoire politique canadienne ». Le premier ministre a dit qu'il serait préférable d'attendre le budget prévu le 27 janvier prochain au lieu de précipiter les choses.

Tant Stéphane Dion que le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ont rappelé que Stephen Harper avait écrit à la gouverneure générale en septembre 2004, au moment où il était chef de l'opposition, une lettre où il évoquait la possibilité d'un gouvernement de coalition. MM. Dion et Duceppe l'ont accusé de revenir sur ses paroles.

M. Duceppe, ovationné non seulement par ses propres députés, mais aussi par les libéraux, a demandé comment il pouvait faire confiance à M. Harper. Le premier ministre a répondu qu'il ne voudrait pas, en période de crise économique, d'une coalition comprenant un parti prônant des politiques socialistes et devant collaborer avec des séparatistes.

M. Harper a servi la même réponse au chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, qui lui reprochait de n'avoir inclus aucune mesure de stimulation de l'économie. Le premier ministre a ajouté qu'il était ironique que le chef du Bloc québécois soit applaudi par les membres du parti de Wilfrid Laurier et Pierre Elliott Trudeau.

Donnez votre opinion!

La crise politique à Ottawa pourrait-elle influencer la campagne québécoise? Nous vous invitons à vous exprimer sur notre forum, En ligne, citoyens!

Budget devancé

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a aussi laissé entendre dimanche que le gouvernement pourrait adopter des mesures visant à stimuler l'économie, sans donner de précision. Il n'a toutefois pas l'intention pour l'instant de répondre aux demandes pressantes de l'opposition de modifier son énoncé économique de jeudi dernier.

Le dépôt du budget fédéral, qui a habituellement lieu en février, a d'ailleurs été devancé au 27 janvier. En agissant de la sorte, le gouvernement souhaite montrer le sérieux qu'il accorde à la situation économique.

Le fait que les conservateurs aient annoncé leur intention de réduire les dépenses lors du prochain exercice financier, plutôt que d'augmenter les dépenses publiques afin de stimuler une économie qui tourne au ralenti, est à l'origine de la situation actuelle.

Chose certaine, les discussions sur la formation de ce gouvernement de coalition n'ont pas déraillé, malgré le fait que les conservateurs aient reculé sur plusieurs fronts en fin de semaine. Coup sur coup, le parti a fait savoir qu'il abandonnait l'idée de financer les partis politiques à même les fonds publics (la somme de 1,95 $ par vote obtenu versée aux partis sera finalement gelée), et qu'il renoncerait à l'idée d'interdire aux fonctionnaires fédéraux de faire la grève.

Avec les informations de La Presse canadienne, La Presse, The Globe and Mail, et Le Devoir