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Mumbai sous le choc

L'hôtel Taj Mahal, à Bombay

L'hôtel Taj Mahal

Photo : AFP / Pal PILLA

Radio-Canada

Une série d'attaques à l'arme automatique et à la grenade dans différents endroits de la capitale économique de l'Inde fait environ 100 morts et 200 blessés. Des otages sont aussi retenus dans deux hôtels et un hôpital.

Un bilan publié jeudi matin par les médias indiens fait état d'environ 100 personnes tuées et de 200 à 350 autres blessées lors des attaques terroristes de la veille.

Mercredi soir, une série de tirs et d'explosions ont éclaté en différents endroits de la ville de Mumbai, anciennement Bombay. Le commissaire de police pour les chemins de fer à Bombay, A.K. Sharma, affirme que plusieurs hommes armés de fusils d'assaut AK-47 ont fait irruption dans le hall de la gare centrale Chhatrapati Shivaji et ont ouvert le feu et lancé des grenades.

Des attaques semblables ont été perpétrées dans l'hôpital Cama, un commissariat, les hôtels de luxe Taj-Mahal et Oberoi, dans un autre hôtel et dans un restaurant, le Leopold's, très fréquenté par les touristes. Les policiers disent aussi que trois personnes sont mortes lors de l'explosion d'un taxi.

Des assaillants seraient encore retranchés dans les deux hôtels de luxe ainsi que l'hôpital et détiendraient des otages, selon la police. Certains otage du Taj Mahal ont pu être libérés, alors que l'édifice était la proie des flammes.

Selon l'agence Reuters, un parlementaire européen a raconté que plusieurs députés européens se trouvaient toujours à l'intérieur de l'hôtel Taj Mahal, qui était en flamme. L'Agence France-Presse rapporte que le chef du gouvernement espagnol et un membre britannique du Parlement européen étaient à l'intérieur de l'hôtel lorsque les assaillants armés ont envahi l'hôtel. Il ont pu s'enfuir et n'ont pas été blessés.

Un client britannique de cet hôtel a par ailleurs déclaré à la chaîne indienne NDTV que les agresseurs cherchaient des détenteurs de passeports britanniques ou américains. D'autres chaînes de télévision ont rapporté que des Occidentaux sont retenus en otage.

Des ressortissants coréens se trouvent aussi à l'intérieur de l'hôtel, ont déclaré leurs chauffeurs, qui les attendaient à l'extérieur.

Une nouvelle façon de semer la terreur

Le directeur du Bureau du Québec à Mumbai, Benoît-Jean Bernard, a témoigné des événements à RDI, en après-midi: « Le premier ministre et le ministre de la Sécurité sont apparus dans les médias pour indiquer qu'il s'agissait d'un assaut mené contre la ville, la capitale financière, dans une nouvelle manière de terroriser. Ce ne sont plus des attentats-suicides, ce sont des groupes armés. On les estime à plusieurs dizaines, peut-être même à 200 qui se sont répandus dans la ville. Et ce n'est pas 9, c'est 12 endroits où il y a eu des tirs, des échanges de coups de feu. Il vient d'y avoir deux morts dans un hôpital, tués par des terroristes, et il y a 20 otages étrangers qui sont au 18e étage de l'hôtel Oberoi où il y a également des incendies, et un troisième hôtel a été la cible, il y a une heure, d'attentats 20 km au nord du centre-ville ».

Mumbai

Photo : La Presse canadienne / AP

Le chaos s'est installé dans la ville et les pompiers, policiers et militaires ont été mis sous un pied d'alerte. Les autorités de Mumbai affirment qu'au moins quatre assaillants ont été tués et neuf autres capturés.

Le chef de l'escouade anti-terroriste de Mumbai, Hemant Karkare, a été tué lors d'une fusillade.

La capitale financière de l'Inde a été maintes fois la cible d'attaques. En juillet 2006, des attentats simultanés contre des trains de banlieue et des gares avaient fait plus de 200 morts.

Le Press Trust of India affirme qu'un groupe islamiste se faisant appeler les Moudjahidines du Deccan a revendiqué les attentats. Le groupe est peu connu et le journal rapporte qu'il a envoyé des courriels à plusieurs médias pour revendiquer l'attentat.

Ottawa condamne l'attentat

À Ottawa, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a fortement condamné, lors d'une courte conférence téléphonique, ces « lâches attentats », en présentant ses condoléances aux familles et amis des victimes.

« Nous collaborons avec les autorités indiennes pour porter assistance à tous les Canadiens qui auraient pu être directement touchés lors de ces événements », a-t-il ajouté.

Selon les informations dont disposait Ottawa en fin d'après-midi, mercredi, « aucun Canadien n'a été blessé ou tué lors de ces attaques », a précisé M. Cannon.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press