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La protéine réinventée

Iris-FP

Au centre, la structure de la protéine Iris-FP obtenue par cristallographie aux rayons X. Autour, toutes les formes allumées ou éteintes, rouges ou vertes de la protéine.

Photo : V. Adam

Radio-Canada

Des chercheurs européens mettent au point une protéine qui peut s'allumer et s'éteindre en différentes couleurs, une percée qui aura des retombées médicales, mais aussi informatiques.

Une nouvelle protéine fluorescente pourrait révolutionner l'informatique et la médecine.

Des chercheurs allemands, anglais et français ont créé une protéine qui peut être allumée ou éteinte en différentes couleurs.

Cette protéine fluorescente, appelée Iris-FP, est un dérivé d'une autre protéine, la GFP, dont les inventeurs Osamu Shimomura, Martin Chalfie et Roger Tsien ont été récompensés le mois dernier par le prix Nobel de chimie.

Initialement de couleur verte, la GFP a ensuite été modifiée génétiquement par l'un des trois Nobel, l'Américain Roger Tsien, qui en avait produit de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.

Pour sa part, l'Iris-FP est capable de changer de couleur de façon contrôlée et d'être non seulement allumée, mais aussi éteinte sur commande grâce à un laser.

Ces résultats apportent de nouvelles perspectives en nanoscopie, une technique de microscopie en plein essor qui permet l'observation d'objets de l'ordre du milliardième de mètre.

Auteurs

Sur le plan informatique, l'Iris-FP permet de développer des mémoires d'entreposage sur des volumes beaucoup plus petits que les mémoires actuellement les plus performantes, en faisant changer de couleur de minuscules cristaux. Le changement de couleur correspond à une opération.

On peut envisager de stocker un téraoctet (soit mille gigaoctets d'informations) sur un cube de 0,1 mm de côté, bien que cela soit encore du domaine du rêve.

Dominique Bourgeois, Institut de biologie structurale

Selon le chercheur Dominique Bourgeois, une expérience a déjà été réalisée avec succès pour un mégaoctet sur un tel volume. Un problème reste encore à régler afin d'utiliser cette technobiologie pour développer la mémoire des ordinateurs: la fragilité de l'échantillon biologique.

L'Iris-FP est un marqueur très flexible qui permettra aussi d'améliorer les techniques actuelles de microscopie. En effet, fusionnée par génie génétique avec une autre protéine, l'Iris-FP permettra de faire un suivi dynamique précis des mouvements de cette protéine dans la cellule, dans l'espace et au cours du temps.

Cette percée est l'objet d'un article dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

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