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Quand la logique fait oublier les regrets

Départ de l'édition 2008 du Grand Prix du Canada

Départ de l'édition 2008 du Grand Prix du Canada

Photo : AFP / Timothy A. Clary

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les réactions à la divulgation des exigences de Bernie Ecclestone et au refus des élus de céder vont de l'insulte au soulagement, malgré la déception de perdre un grand événement.

À lire les journaux, les sites spécialisés et les internautes, lundi, les avis semblent unanimes. Le Canada a agi de façon responsable en tenant tête à Bernie Ecclestone.

« Insatiable, tête de cochon, gourmand, intransigeant », les adjectifs n'ont pas manqué dans la presse francophone pour décrire l'attitude de l'homme d'affaires britannique dans cette affaire.

Le public aussi a bien réagi à la décision annoncée par Raymond Bachand, Gérald Tremblay et Michael Fortier, malgré la déception de perdre une des plus belles courses du championnat de F1.

Exemple du message d'un internaute belge:

« En Belgique, nous avons le triste privilège d'avoir accepté les conditions financières imposées par l'ami Bernie. Cette année, la fréquentation a diminué de 15 000 unités, les sponsors se font rares, les Allemands ne viennent plus (effet Schumacher). La seule certitude, c'est que les contribuables de Belgique payeront encore longtemps des royalties à Bernie. Ne pleurez donc pas la fin du Grand Prix du Canada, réjouissez-vous. »

Parmi les pilotes joints, Jarno Trulli (Toyota), qui était à Montréal le 5 novembre pour une dégustation de ses vins italiens.

« C'est un peu triste, mais l'offre et la demande dominent, explique-t-il dans le Journal de Montréal. La vérité, c'est que Bernie se fiche du pays, du circuit, de la ville. Il regarde où il peut avoir le plus d'argent, et il y va. »

Une constatation qu'a faite le groupe chargé de sauver le Grand Prix du Canada. Tout était question de garantie.

Tout ce qui a fait la force du Grand Prix du Canada au cours des 30 dernières années ne valait plus rien, a constaté Michael Fortier dans ses discussions avec M. Ecclestone.

Bernie Ecclestone est prisonnier de sa propre toile.

Il a vendu 70 % des droits de commercialisation qu'il détenait à une société d'investissement qui a emprunté plus de 2 milliards 300 millions de dollars pour s'offrir la F1. Elle doit rembourser les banques le plus rapidement possible. Et elle exige de M. Ecclestone, son mandaté, qu'il aille chercher le maximum d'argent en un minimum de temps. Les équipes ont compris le stratagème.

C'est vrai que M. Ecclestone a fait faire de l'argent à ces équipes à l'époque où elles étaient la propriété de passionnés de course automobile. Ils se taisaient donc.

Mais elles sont aujourd'hui dirigées par de grands constructeurs automobiles qui ont eux aussi des intérêts commerciaux, et qui parlent maintenant d'une seule voix au sein d'une association, la FOTA.

Ils ne comprennent pas que l'Amérique du Nord ait disparu du championnat, et ils demandent des comptes. Indianapolis a refusé de payer autant en 2006, Montréal refuse aujourd'hui de payer autant.

Ailleurs, la ville de Shanghai se demande en ce moment si l'argent englouti dans le GP de Chine est bien investi. La France a laissé tomber. Combien de temps Melbourne en Australie et Spa-Francorchamps en Belgique accepteront-elles d'éponger des déficits?

La réalité économique actuelle rattrape la F1 et sonne le glas du système Ecclestone. Quelqu'un devra nettoyer les dégâts.

À quand le grand ménage?

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