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Une étape cruciale est franchie

Soldat américain en Irak
Soldat américain en Irak Photo: AFP / Ali Yussef

Le gouvernement donne son aval au pacte bilatéral de sécurité qui offre un cadre juridique à la présence des militaires américains en Irak, à l'expiration du mandat de l'ONU, et confirme leur retrait fin 2011.

Le projet d'accord de sécurité irako-américain a franchi dimanche une étape cruciale avec son adoption par le conseil des ministres irakiens. Le gouvernement espère que le Parlement lui donnera à son tour son aval d'ici la fin du mois.

Ce pacte bilatéral, une fois entériné par le Parlement, puis paraphé par le premier ministre Nouri al-Maliki et le président américain, offrira un cadre juridique à la présence militaire américaine au-delà du mandat onusien, qui prend fin le 31 décembre.

Il prévoit, du même souffle, le retrait de la totalité des troupes américaines du sol irakien d'ici la fin 2011, soit environ 152 000 soldats, et le démantèlement des quelque 400 bases érigées dans la foulée de l'invasion du printemps 2003.

Du côté américain, le porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, et celui de l'ambassade des États-Unis à Bagdad, Adam Ereli, ont salué une « étape importante et positive ». « Les accords portant sur la sécurité, les relations économiques, politiques et diplomatiques, ne seraient pas possibles si les conditions de sécurité ne s'étaient pas largement améliorées », a ajouté M. Johndroe.

Le porte-parole de la Maison-Blanche a toutefois précisé que le processus n'était pas terminé.

M. Johndroe a promis qu'il ne resterait que 14 brigades de combat américaines en Irak à la fin de 2008, comparativement à 20 au plus fort de la présence américaine.

Pour sa part, le président élu Barack Obama a promis de retirer l'essentiel des troupes américaines d'Irak d'ici l'été 2010, soit 16 mois après son entrée à la Maison-Blanche.

Retrait entamé

Entre-temps, il est prévu que, d'ici la fin de juin 2009, les troupes américaines se retirent des villes et des localités, dont la sécurité sera prise en main par les forces de sécurité irakiennes.

Dans les faits, la sécurité de 13 des 18 provinces du pays a déjà été transférée aux Irakiens, une opération qui, dans les fiefs sunnites, doit beaucoup aux Sahwas, ex-rebelles payés par le gouvernement pour combattre Al-Qaïda.

De plus, d'ici la fin de l'année, il est prévu que ces derniers prennent en mains la sécurité de la région pétrolifère de Kirkouk et celle de Salahedinne, un ancien bastion de l'insurrection sunnite.

Les Américains n'auront plus, début 2009, que trois provinces sous leur contrôle. Ainsi, outre Bagdad, ils assureront la sécurité dans les régions de Ninive, dont la capitale est Mossoul, et de Diyala, dont le chef-lieu est Bakouba, soit deux régions où Al-Qaïda demeure très actif.

Ce dimanche n'a d'ailleurs pas fait mentir cette réputation. Un attentat-suicide à Jaloula, dans la province de Diyala, a fait 15 morts, dont 7 policiers, ainsi qu'une vingtaine de blessés. Parmi les victimes de cet attentat contre un barrage de police, on retrouve aussi deux Sahwas.

Bagdad doit faire ses preuves

Mais la capacité des Irakiens à prendre en main la sécurité de ces deux provinces, tant qu'elles ne seront pas relativement pacifiées, est pour l'instant mise en doute par les Américains.

« Cela dépendra des conditions sur le terrain », a admis récemment le contre-amiral Patrick Driscoll, porte-parole de l'armée américaine, avant d'ajouter: « Nous avons à la fois une mission de formation et une autre d'antiinsurrection. On construit l'avion tout en le faisant voler, ce qui est difficile ».

Soldats irakiens devant une mosquée de BagdadSoldats irakiens devant une mosquée de Bagdad Photo : AFP / Mustapha Ahmad

Le conseiller irakien pour la sécurité nationale, Mouaffak Al-Roubaïe, reconnaît, dans une entrevue à l'AFP, que malgré les progrès marqués de l'armée et de la police, les Irakiens dépendent toujours des Américains pour « la surveillance des frontières, l'armée de l'air, la marine, les outils sophistiqués de contre-terrorisme ».

L'armée irakienne a cependant prouvé en 2008 qu'elle savait faire preuve d'un certain niveau d'efficacité dans sa lutte contre la milice du chef radical chiite radical Moqdata Sadr, à Bagdad et Bassorah.

Ce dernier a d'ailleurs appelé vendredi les pays musulmans à manifester contre le pacte bilatéral et promis de relancer la résistance à la présence américaine, suspendue fin août. Le 18 octobre dernier, le chef radical chiite avait rassemblé dans les rues de Bagdad des dizaines de milliers de partisans pour dénoncer le pacte, alors en cours de négociation.

La négociation de ce pacte, commencée en janvier dernier, a traîné en longueur en raison de dures tractations entourant la question du statut juridique des soldats américains. Il a enfin été conclu qu'un soldat qui commet un acte criminel, alors qu'il n'est pas en mission, serait jugé selon la loi irakienne. Il reviendra à un comité conjoint irako-américain de déterminer si l'individu était en mission ou non.

Le pacte prévoit par ailleurs que les dossiers des 16 400 Irakiens détenus par l'armée américaine seront transférés à la justice irakienne.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, Reuters, et BBC