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Avant de se rencontrer

George Bush

George Bush a prononcé un discours le 13 novembre 2008.

Photo : AFP / Mandel NGAN

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelques jours du sommet du G20, le président des États-Unis, George Bush, met en garde les dirigeants mondiaux contre la tentation de trop contrôler l'économie.

Les dirigeants des 20 plus grandes économies de la planète se réuniront à Washington au cours de la fin de semaine. Déjà, plusieurs dirigeants y sont allés de déclarations. C'est le cas du président américain George Bush.

Dans un discours prononcé jeudi à New York, il a appelé les dirigeants internationaux à se mettre d'accord sur une série de réformes pour empêcher qu'une telle crise ne se reproduise. De plus, le président des États-Unis a mis en garde les dirigeants mondiaux contre la tentation de trop contrôler l'économie.

En effet, il veut que ces réformes soient modestes, car, selon lui, le système capitaliste fonctionne bien dans son ensemble. C'est pourquoi il propose de jeter les bases de futures réformes du système financier tout en s'opposant à une remise en question de ce qui existe déjà.

Nous devons reconnaître que l'intervention gouvernementale n'est pas un remède universel. [...] Cette crise n'est pas l'échec de l'économie de libre marché. Et la réponse n'est pas de réinventer ce système.

George Bush

Le président américain a rappelé que les dirigeants du G20, un groupe formé dans les années 1990 lors de la dernière grande crise financière en Asie, sont d'accord sur un objectif. Il consiste à réagir à la crise actuelle tout en jetant les bases de réformes pour empêcher qu'une telle crise ne se reproduise à l'avenir.

C'est pourquoi il a affirmé la nécessité de combattre l'opacité et les malversations sur les marchés, ainsi que d'améliorer les règles comptables sur les titres pour tous les pays. Washington demeure toutefois hostile à l'instauration d'une autorité régulatrice mondiale, même si une coopération internationale accrue entre les autorités financières reste souhaitable.

Ainsi, le président Bush préconise une réforme du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Il estime aussi que les économies émergentes devraient pouvoir prendre une plus grande part aux décisions de ces institutions.

George Bush a profité de la tribune qui lui était donnée pour refuser que les États-Unis supportent toute la responsabilité de la crise actuelle. Il a relevé que de nombreux pays européens, avec des réglementations plus étendues, avaient éprouvé les mêmes problèmes.

Les propositions françaises

Des parlementaires français ont remis jeudi à leur président, Nicolas Sarkozy, leurs propositions avant le G20. Ils suggèrent au chef de l'État d'agir en priorité contre les paradis fiscaux.

Mis en place à la fin du mois dernier, le groupe de travail sur la crise financière internationale a présenté ses propositions à la veille de la réunion du G20. Il est composé de 12 députés et de 12 sénateurs.

Les parlementaires estiment que « la question de la levée du secret bancaire se pose » et jugent essentiel « que la traçabilité des mouvements de capitaux puisse être établie ».

Ils proposent la création en France d'un service d'enquêtes fiscales judiciaires disposant de prérogatives traditionnellement dévolues aux officiers de police judiciaire. Il est ici notamment question de filatures et d'écoutes téléphoniques.

Le groupe de travail souhaite également faire du FMI le lieu de coopération et de décision des États sur les équilibres économiques de la planète et de la stabilité monétaire. Il s'agit toutefois d'une proposition qui est rejetée d'emblée par les Américains.

Par ailleurs, l'Élysée a fait savoir jeudi que le président Sarkozy évoquera la question du dollar en tant que monnaie de réserve lors de la rencontre du G20. Cependant, la question des changes ne sera pas au coeur de ce sommet. Ainsi, ce sujet sera plutôt abordé lors des prochains sommets.

L'urgence d'un nouveau système, dit le Brésil

Le président brésilien, Lula da Silva, dont le pays est le chef de file des États émergents, attend peu de résultats concrets du sommet du G20. Le Brésil et les pays émergents comme l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud veulent faire entendre leur voix dans les grandes institutions financières internationales.

Le président du Brésil a ainsi déclaré avoir besoin d'un nouveau système financier international, d'un nouveau modèle économique et de nouvelles institutions multilatérales. Il croit que le modèle existant a été incapable d'affronter les défis du siècle actuel.

Lula da Silva craint que les chefs d'état et de gouvernement réunis à Washington n'aient pas la volonté politique de réformer, comme les pays émergents le souhaitent, des institutions comme le G7, la Banque mondiale et le FMI.

C'est pourquoi il compte apporter un autre message aux dirigeants qui seront réunis à Washington, qui consiste à dire que la raison d'être de l'économie doit être la personne et non la spéculation financière.

Le Japon sort le chéquier

Le Japon projette d'annoncer, lors du sommet du G20, un prêt au FMI. Selon des sources gouvernementales citées par l'AFP, ce prêt pourrait atteindre 100 milliards de dollars.

Cette offre augmenterait de plus d'un tiers les ressources actuelles du FMI. Elle devrait être formulée samedi par le premier ministre japonais, Taro Aso.

M. Aso devrait appeler les autres pays qui ont de vastes réserves de change, dont la Chine et les monarchies pétrolières du Moyen-Orient, à faire preuve de la même générosité.

L'ONU et les pays pauvres

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé aux participants à la réunion du G20 de prendre en compte les intérêts des pays les plus pauvres. Il sera présent au sommet et demande que les défis mondiaux soient abordés lors des discussions.

Dans une lettre publiée jeudi, il invite les dirigeants internationaux à « agir immédiatement pour éviter que la crise financière ne devienne une tragédie humaine ».

Il croit aussi que les participants au sommet devront également « traiter des menaces plus vastes contre la sécurité humaine, dont le réchauffement climatique, la prévention des conflits et l'éradication de la pauvreté ».

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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