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Un moment historique

Radio-Canada

Devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées à Grant Park, à Chicago, Barack Obama annonce que le « changement arrive en Amérique ». Il admet toutefois que le travail sera ardu.

Environ une heure après avoir été déclaré vainqueur de la présidentielle, le président élu des États-Unis, Barack Obama, a pris la parole devant des dizaines de milliers de personnes rassemblées à Grant Park, à Chicago, pour annoncer que le « changement arrive aux États-Unis ».

Calme et digne, le sénateur de l'Illinois a remercié ses adversaires, le sénateur républicain John McCain et la gouverneure de l'Alaska, Sarah Palin, ainsi que son colistier, Joe Biden, et son équipe de campagne qui, dit-il, a mis sur pied ce qui a vraisemblablement été la plus formidable machine politique de l'histoire américaine.

Il a également remercié celle qu'il a décrite comme sa meilleure amie depuis 16 ans et l'amour de sa vie, sa femme Michelle, et ses deux filles, Malia Ann et Natasha, à qui il a promis qu'elles auraient un nouveau chien lorsque la famille prendrait possession de la Maison-Blanche. Il a aussi une pensée pour ses proches, dont sa grand-mère maternelle, décédée la veille.

Barack Obama a aussi pris la peine de souligner les efforts de tous ceux et celles qui lui ont fait de petits dons au cours de cette course, et tous ceux qui se sont enrôlés dans son organisation. « Je n'oublierai jamais à qui cette victoire appartient: à vous », a-t-il lancé sous les vivats de la foule, qui a scandé « Yes, we can » (oui, nous le pouvons) à plusieurs reprises.

M. Obama a livré une fois de plus un discours rempli d'espoir, comme cela est devenu sa marque de commerce depuis qu'il s'est lancé dans la course à la Maison-Blanche, il y a 21 mois. Le résultat de l'élection, a-t-il dit, est la preuve que les États-Unis sont un pays où toute chose est encore possible et où le rêve des pères fondateurs est bel et bien vivant.

Discours de Barack ObamaBarack Obama livre son discours à Chicago. Photo : La Presse canadienne / AP Photo/Morry Gash

Le président élu a souligné l'ampleur de la tâche qui l'attend. Les États-Unis traversent la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression, ils sont engagés dans deux guerres et la planète est en péril, a-t-il notamment évoqué, dans une référence à la lutte contre les changements climatiques, dont les États-Unis, n'ayant jamais ratifié le protocole de Kyoto, sont largement absents.

« Il y aura des reculs, des faux départs et certains ne seront pas d'accord avec tout ce que je ferai », a-t-il admis. « Mais je serai toujours honnête avec vous et je vous écouterai, tout spécialement quand nous ne serons pas d'accord », a-t-il ajouté, en appelant à la fin de la partisanerie qui a empoisonné les dernières années à Washington.

« La route qui nous attend est longue. Le chemin sera escarpé. Nous ne toucherons peut-être pas à notre but en un an, ou même en un mandat. Mais, Amérique, je n'ai jamais eu autant d'espoir que nous y arriverons. »

Un discours attendu

Le discours de Barack Obama était on ne peut plus attendu. Peu après 18 h (heure locale), des milliers de personnes se pressaient pour s'installer près du podium où l'aspirant démocrate à la présidence allait prendre la parole.

Ce lieu n'avait pas été choisi au hasard: c'est à Chicago que Barack Obama a entrepris sa carrière politique, après avoir été organisateur communautaire, puis professeur à l'Université de Chicago. Il représente l'État de l'Illinois au Sénat des États-Unis depuis 2004.

Avant même l'annonce de sa victoire, plusieurs des partisans rencontrés par AFP croyaient vivre un moment historique et étaient persuadés qu'ils entendraient le discours de victoire d'un premier président afro-américain. Parmi eux, Mitchell Rashada a même dit qu'il ne pensait pas « que cela arriverait de mon vivant ». Un autre qui est chauffeur routier s'est exclamé que « l'histoire est en marche, j'en suis sûr ».

Partisans de Barack ObamaLes partisans de Barack Obama se sont réunis à Chicago. Photo : AFP / Jewel SAMAD

Contrastant avec l'aspect décontracté des gens, Grant Park avait été entouré de mesures de sécurité exceptionnelles pour l'occasion. Les lieux étaient survolés par des hélicoptères de la police.

Les issues de cet immense jardin public, situé en bordure du lac Michigan et longé par une impressionnante rangée de gratte-ciel, étaient gardées par des policiers ou des agents de sécurité. Certains membres des forces de l'ordre portaient même des gilets pare-balles.

L'équipe de Barack Obama avait distribué gratuitement 65 000 billets pour assister à l'événement, mais les autorités étaient préparées à recevoir jusqu'à 1 million de personnes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters