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412 millions en deux ans

Monique Jérôme-Forget lors de son énoncé économique du 4 novembre

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement Charest annonce des mesures pour atténuer les effets de la crise du crédit. Québec refuse de parler de récession, mais prévoit cependant un important ralentissement économique.

Tandis qu'un déclenchement des élections est imminent, la ministre des Finances et présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, a annoncé mardi une série de mesures de 412 millions de dollars en 2 ans pour atténuer les impacts de la crise du crédit.

Elle prédit que les finances publiques seront équilibrées pour l'année en cours et la prochaine, mais revoit tout de même à la baisse les prévisions de croissance économique du Québec.

Le gouvernement Charest prévoit désormais une croissance du PIB de 0,8 % en 2008, plutôt que 1,5 %, comme on le mentionnait dans le budget du printemps dernier. Pour 2009, la croissance prévue passe de 2 % à 0,6 %.

La ministre soutient aussi que le Québec se trouvera en bonne posture, par rapport aux pays industrialisés, dont la moyenne de la croissance se situerait autour de 1 % cette année et à moins de 1 % en 2009.

La demande intérieure devrait, selon la ministre des Finances, être suffisante pour compenser le recul des exportations du Québec et maintenir l'économie de la province en pleine croissance.

La bonne gestion de l'économie par rapport au budget de 2008-2009, affirme-t-elle, permettra de relever la croissance des dépenses à 4,4 % en 2008-2009 et à 3,2 % en 2009-2010.

Je ne peux pas garantir qu'il n'y aura pas de récession au Canada.

Une citation de :Monique Jérôme-Forget

Les armes du Québec

Monique Jérôme-Forget fait valoir que le Québec possède les armes pour traverser la crise économique avec des surplus budgétaires de 2,3 milliards de dollars.

La ministre des Finances s'appuie sur le surplus additionnel de 484 millions de dollars dégagé au terme de l'année 2007-2008, qui s'ajoute ainsi à la réserve de 1,8 milliard de dollars constituée lors du dernier budget.

Pour maintenir l'équilibre budgétaire en ces temps d'incertitude économique, le gouvernement pigera dans sa réserve de 2,3 milliards de dollars sur deux ans, soit 1,2 milliard de dollars en 2008-2009 et 1,1 milliard en 2009-2010.

Une réserve inutilisée de 200 millions de dollars, créée lors du dernier budget, s'ajoute à cette somme afin de pourvoir à tout manque à gagner additionnel en 2008-2009.

Moins d'impôts

Pour faire face à la crise financière, la ministre a aussi mis en place certaines mesures, dont l'indexation des impôts, pour que les citoyens aient plus d'argent dans leurs poches.

Le taux d'indexation du régime d'imposition des particuliers pour 2009 s'établira à 2,36 % comparativement au taux de 1,58 % en mars dernier. Cela représente 136 millions de dollars de plus dans les poches des contribuables.

D'autres mesures concernent les retraités et les bénéficiaires d'aide sociale aptes au travail.

Le montant servant au calcul du crédit d'impôt pour revenus de retraite augmentera de 1500 $ à 2000 $ en 2009. Cette mesure représente, selon le gouvernement, 47 millions de dollars de plus pour 350 000 ménages à la retraite.

La ministre annonce également la pleine indexation des prestations d'aide sociale versées aux ménages aptes au travail, et ce, à compter du 1er janvier 2009. Il s'agirait de 66 millions supplémentaires pour 332 000 ménages.

Moins de taxes

La ministre des Finances dit vouloir encourager les entreprises à se développer malgré la crise financière.

Voici quelques-unes des mesures proposées:

  • Éliminer la taxe sur le capital, en 2008, pour les entreprises du secteur manufacturier;
  • Éliminer la taxe sur le capital, en 2011, pour les entreprises des autres secteurs;
  • Introduction d'un crédit d'impôt à l'investissement pour les entreprises;
  • Création d'un programme spécial de prêts et de garantie de prêts permettant aux entreprises, particulièrement aux PME, d'avoir accès à un financement de 1 milliard de dollars additionnels.

L'opposition sur ses gardes

Le document devrait servir de plate-forme électorale aux libéraux. Monique Jérôme-Forget s'est défendue la semaine dernière de reporter son énoncé économique en raison du déclenchement des élections prévues mercredi.

La ministre des Finances du Québec disait plutôt qu'il était prudent pour elle d'attendre les conclusions de la rencontre fédérale-provinciale des ministres des Finances sur les modifications au programme fédéral de péréquation, qui s'est tenue lundi à Toronto.

Lors de cette réunion, le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty a notamment prévenu ses homologues provinciaux qu'ils doivent s'attendre à recevoir moins en ces temps difficiles.

Les partis d'opposition ont accusé la ministre de vouloir noyer son énoncé économique dans le flot d'informations entourant le scrutin présidentiel américain. (Lire leurs réactions)

Les critiques du Vérificateur général

Mardi, le Vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, a fait valoir que, depuis trois ans, les méthodes de calcul du gouvernement Charest contrevenaient à la Loi sur l'équilibre budgétaire. Le Vérificateur général a expliqué que le gouvernement est parvenu à inscrire une réserve dans son énoncé économique grâce à une vente d'actifs d'Hydro-Québec. Cela a été rendu possible, selon lui, en tenant compte du projet de loi 85 qui n'a pas été adopté. Le gouvernement Charest aurait ainsi réussi à équilibrer les finances publiques et à dégager une réserve budgétaire en tenant compte des effets d'un projet de loi 85.

Avec les informations de La Presse canadienne

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