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Une motion pour contrer les élections

Assemblée nationale du Québec
Assemblée nationale du Québec Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Une majorité de députés adoptent une motion péquiste qui demande au gouvernement Charest de se concentrer sur les dossiers économiques plutôt que de se lancer en campagne électorale. La motion sera toutefois sans effet.

Les hauts cris de l'opposition, qui redoute le déclenchement d'élections générales au cours des prochaines semaines, se sont poursuivis mercredi à l'Assemblée nationale du Québec.

L'opposition péquiste, appuyée par les adéquistes de Mario Dumont, a fait adopter par une majorité de députés une motion qui demande aux parlementaires de se concentrer sur les dossiers économiques plutôt que de se lancer en campagne électorale.

Que l'Assemblée nationale prenne en considération les effets négatifs de la crise économique et financière sur les familles, les travailleurs, les retraités et les entreprises québécoises, qu'elle demande au premier ministre de renoncer à son intention de tenir des élections générales précipitées cet automne et qu'il travaille à la réalisation du plan d'urgence adopté à l'unanimité le mercredi 22 octobre 2008.

Texte de la motion qui sera déposée par le PQ mercredi

Cette motion, qui vise à convaincre le premier ministre Charest de mettre un bémol sur ses envies électorales, est cependant purement symbolique et elle n'aura aucun poids juridique.

Pour le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, il s'agit d'une « occasion cruciale pour faire entendre raison à Jean Charest, qui visiblement a perdu les pédales dans un esprit ultra partisan ». Il croit en outre qu'en cas d'élections, la position du Québec sera affaiblie lors de la rencontre entre le fédéral et les provinces sur l'économie.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a pour sa part indiqué qu'elle était « prête à laisser mon autobus [de campagne] dans le garage ».

Quant à la collaboration avec le gouvernement qu'offrent l'ADQ et le PQ pour surmonter le ralentissement économique, il ne s'agit que d'une façon de gagner du temps, estime le premier ministre Jean Charest: « Vous dites aujourd'hui que vous serez prêts à aller en élection aussitôt que vous serez prêts à renverser le gouvernement. Personne n'est dupe, aujourd'hui, des arguments que vous faites ».

depuis lundi, les rumeurs d'élections ont occupé une grande part des débats en Chambre.

Pas de coalition PQ-ADQ

Par ailleurs, Pauline Marois a rejeté l'hypothèse d'une coalition entre le Parti québécos et l'Action démocratique, telle que soulevée par le député péquiste André Jolicoeur.

Selon elle, les deux formations politiques ont des positions trop éloignées sur certaines questions sociales et sur la question nationale. Mme Marois estime que les deux partis peuvent collaborer efficacement dans l'opposition, mais sans plus.

Déception dans le milieu des affaires

Pendant que l'Assemblée nationale se déchire à propos du déclenchement possible d'élections, le milieu des affaires du Québec est très déçu de la décision du premier ministre Charest de ne pas prendre part à la mission économique en Chine.

« Le fait de remplacer [M. Charest] par un ex-premier ministre, c'est une bonne décision. Il en reste tout de même qu'on ne peut pas faire autrement que d'être déçu », soutient par exemple Jean-Luc Trahan, président-directeur général des Manufacturiers et exportateurs du Québec.

Car au-delà l'aspect purement économique de la mission, le fait de passer du temps avec les politiciens, un premier ministre de surcroît, est important pour les gens d'affaires. « Quand on connaît les gens de façon un peu plus personnelle, après ça, la gestion de dossier est plus facile », dit Michel Kelly-Gagnon, président du Conseil du patronat.

Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, qui a aussi annulé sa présence en Chine, se veut rassurant pour les gens d'affaires. « Le fait que le premier ministre Pierre-Marc Johnson soit là et que [le premier ministre ontarien Dalton] McGuinty soit là, ça assure que les rendez-vous au plus haut niveau qui ont été assurés vont être maintenus », dit-il.

La liste des gens d'affaires qui prendront part à la mission économique en Chine demeure secrète.

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