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Aux urnes en décembre?

L'Assemblée nationale du Québec
L'Assemblée nationale du Québec Photo: Luc Lavigne
Radio-Canada

Des sources sûres confirment à Radio-Canada que Jean Charest devrait déclencher des élections pour le 8 décembre. Sans rien confirmer, le premier ministre laisse entendre que l'opposition ne lui laisse pas le choix.

Des sources ont confié à Radio-Canada que les Québécois devraient aller aux urnes le 8 décembre prochain. Le premier ministre Jean Charest devrait rencontrer le lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne le 5 novembre pour dissoudre le Parlement.

Le premier ministre Jean Charest en compagnie du ministre Raymond BachandJean Charest en compagnie du ministre Raymond Bachand

Lundi après-midi, l'attachée de presse de la ministre des Finances, Monique Jerôme-Forget, a déclaré que ce n'était plus sûr qu'il y ait un énoncé économique cette semaine.

Il se pourrait donc que la mise à jour soit déposée la semaine prochaine et que les élections soient déclenchées dans les heures qui suivent, comme en 2007. Le budget du Québec avait alors été déposé 24 heures avant le déclenchement des élections.

L'énoncé fera le point sur la situation économique de la province, l'économie s'imposant comme le principal thème de la campagne à venir. La ministre des Finances a déclaré la semaine dernière qu'elle avait un coussin pour faire face aux deux prochaines années.

Autre indice laissant croire qu'il y aura des élections: Jean Charest a annoncé l'annulation de sa participation à la mission économique en Chine, prévue du 2 au 7 novembre, à laquelle prennent part cinq autres ministres provinciaux.

« Après tout ce que j'ai entendu en fin de semaine, j'ai intérêt à rester près de chez nous », a-t-il dit.

M. Charest faisait allusion à l'Action démocratique du Québec (ADQ) et au Parti québécois (PQ), qui tenaient tous deux des réunions politiques en fin de semaine. Selon lui, ces partis nuisent à la stabilité de l'économie avec des discours sur la réouverture de la Constitution et sur la souveraineté du Québec.

Il n'a pas digéré non plus la déclaration de la chef du PQ, Pauline Marois, et du député péquiste Sylvain Simard. « Le gouvernement a été incapable de gérer la crise du fromage, imaginez la crise financière maintenant », a dit Mme Marois. « Si vous continuez à ne pas agir comme vous le faites, nous allons vous défaire, M. Charest », a rajouté M. Simard.

Élément déclencheur

En déclarant que la crise économique serait mieux gérée par un gouvernement péquiste, les observateurs croient que le Parti québécois a donné un prétexte en or au premier ministre Charest pour qu'il déclenche des élections.

M. Charest pourrait ainsi demander à la population d'élire le parti qu'elle croit être le meilleur pour gérer la crise. Il a déclaré que les partis d'opposition n'étaient plus en mode collaboration et cohabitation avec le gouvernement.

Ce que j'ai vu, c'est deux partis d'opposition qui travaillent en équipe, qui se sont coalisés.

Jean Charest

Sans répondre précisément aux questions des journalistes sur les élections, M. Charest n'a quand même rien nié, pour plutôt affirmer que tout le poussait dans cette direction: « Forcément, quand on est minoritaire, ça veut dire qu'il y a trois paires de mains sur le volant, et ce que j'ai vu en fin de semaine, c'est que les deux autres chefs de l'opposition ne vont certainement pas dans la même direction que le gouvernement a voulu aller sur la question de l'économie. L'économie, c'est l'enjeu. Alors il n'y a pas de décision de prise, mais en même temps je constate, comme vous, que Mme Marois et Mario Dumont ont mis pas mal de bûches dans le poêle ».

De plus, les derniers sondages internes des partis sont favorables aux libéraux. Ils devancent légèrement les péquistes, tandis que l'ADQ semble s'effondrer. Les départs de deux députés adéquistes chez les libéraux, la semaine dernière, n'auront certainement pas aidé les troupes de Mario Dumont.

L'opposition ne veut pas d'élections

L'Action démocratique du Québec (ADQ) juge que c'est « le pire moment » pour déclencher des élections au Québec.

Sylvie RoySylvie Roy

La députée adéquiste de Lotbinière, Sylvie Roy, a dit ne pas comprendre pourquoi Jean Charest était prêt à dépenser 100 millions de dollars pour des élections en pleine période de crise financière mondiale.

Pour Mme Roy, il est temps de s'occuper des gens au lieu de solliciter encore les électeurs. Elle a dit craindre que le gouvernement ne s'occupe pas de l'économie pendant la campagne électorale.

Elle a aussi rappelé que son parti avait proposé une motion économique à l'Assemblée nationale et qu'il était donc disposé à contribuer à trouver des solutions aux répercussions de la crise financière.

Par ailleurs, Sylvie Roy n'a pas voulu se prononcer sur les résultats qu'obtiendrait l'ADQ advenant la tenue d'élections générales.

Le PQ réagit de la même façon que l'ADQ, et ne veut pas d'élections maintenant. Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, a déclaré qu'il avait convoqué la presse uniquement pour répéter que son parti voulait collaborer avec le gouvernement afin de passer au travers de la crise.

Bernard DrainvilleBernard Drainville

Toute la semaine, dit-il, le PQ a tendu la main à M. Charest: « On vous tend la main pour trouver des solutions à l'incertitude actuelle. On vous tend la main pour protéger nos usines. On vous tend la main pour protéger nos emplois. On vous tend la main pour protéger l'épargne. C'est vraiment, vraiment pas le temps d'aller en élections ».

Selon M. Drainville, la population s'attend à ce que leur gouvernement gouverne. « Dans la situation actuelle, dans la crise que nous traversons présentement, les Québécois demandent à leur gouvernement de présenter des solutions. Ils ne veulent pas d'une élection ».

M. Charest a été élu il y a à peine un an et demi pour gérer le Québec, qu'il gère le Québec.

Bernard Drainville

Le directeur général des élections estime le coût des prochaines élections à 83 millions de dollars.

Le Parti libéral compte actuellement 48 sièges à l'Assemblée nationale. Deux députés adéquistes ont fait défection au profit des libéraux la semaine dernière.

L'Action démocratique compte de son côté 39 députés, et le Parti québécois en a 36. Il y a deux sièges vacants, dans les châteaux forts libéraux de Jeanne-Mance - Viger et Notre-Dame-de-Grâce.

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