•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Transfuges à Québec

Radio-Canada

Les députés adéquistes André Riedl et Pierre-Michel Auger quittent les banquettes de l'opposition pour passer du côté du Parti libéral du Québec. En expliquant leur décision, ils écorchent Mario Dumont.

Jean Charest en compagnie d'André Riedl et Pierre-Michel AugerJean Charest en compagnie d'André Riedl et Pierre-Michel Auger

Deux députés adéquistes ont quitté les rangs de leur parti, jeudi, afin de joindre ceux du Parti libéral du Québec.

Il s'agit des députés d'Iberville, André Riedl, et de Champlain, Pierre-Michel Auger.

Le premier ministre Jean Charest en a fait l'annonce lors d'un point de presse en compagnie de ses nouveaux députés. Il a précisé avoir rencontré les recrues libérales mardi soir dernier et assuré qu'il ne s'agissait pas d'une opération planifié de longue date.

Depuis notre élection, notre gouvernement a toujours voulu être rassembleur. [...] À chaque occasion, on cherche à pratiquer l'art d'inclure. Aujourd'hui, je suis accompagné de deux personnes qui ont à coeur l'avenir du Québec. Il est évident que MM. Riedl et Auger ont à coeur les intérêts du Québec et qu'ils partagent la vision de notre gouvernement pour faire avancer le Québec.

Jean Charest

Dumont écorché

Les deux députés ont expliqué leur décision en se disant déçus de l'ADQ et de ses promesses de changement.

Je me suis engagé dans l'ADQ croyant que c'était le parti du changement, un parti de réforme et surtout un parti d'espoir pour les Québécois. Je me suis trompé. Depuis la dernière élection, j'ai été profondément déçu.

André Riedl

Les gens ont cru à l'ADQ. Les gens ont voulu donner une chance à l'ADQ. Mais aujourd'hui, ils constatent tout comme moi qu'ils se sont trompés.

Pierre-Michel Auger
André Riedl et Pierre-Michel AugerAndré Riedl et Pierre-Michel Auger Photo : PC / Jacques Boissinot

Ils en ont profité pour critiquer sévèrement le chef adéquiste, Mario Dumont. M. Riedl a indiqué que l'ADQ était le « parti d'un seul homme, sans plan de match pour le Québec ni de programme économique cohérent. »

De son côté, M. Auger a déclaré que Mario Dumont était « un chef qui n'a pas d'écoute pour ses députés et ne met pas ses députés à contribution. »

Les deux hommes ont indiqué que leur décision a été prise il y a quelque temps déjà et qu'il n'était plus question de porter les couleurs de l'ADQ. Les deux députés ont indiqué que deux options se présentaient à eux, soit devenir député indépendant, soit joindre le PLQ.

Dumont peu impressionné

Mario Dumont

En point de presse, Mario Dumont a minimisé la perte de ses deux députés. Il a réagi au départ de ses deux députés en disant qu'il ne s'agissait pas « d'une bonne nouvelle », mais que cela ne minait pas la détermination du parti à « travailler toujours aussi fort » pour le Québec.

Visiblement loin d'être abattu, M. Dumont a lancé une salve contre ses anciens députés et le chef libéral.

Le premier ministre Charest, qui a toujours été très hautain envers l'équipe adéquiste, soudainement en ramasse deux, et pas nécessairement les meilleurs. Et là, ce sont des talents extraordinaires.

Mario Dumont

« Si des gens font dans leurs culottes pour trois-quatre mauvais sondages, il est peut-être mieux que cela arrive maintenant que quand on serait au pouvoir », a-t-il ajouté, en ajoutant que les deux députés manquaient de courage et n'avaient peut-être pas les « valeurs adéquistes tatouées sur le coeur ».

M. Dumont a précisé que ses deux députés ne l'ont pas averti de leur décision. Il croit qu'ils devraient démissionner et se représenter devant les électeurs de leur circonscription respective lors de partielle.

Au sujet des déclarations des deux transfuges selon lesquelles il aurait une part de responsabilité dans leur départ, Mario Dumont dit qu'un chef a toujours une part de responsabilité dans ce qui se passe dans son parti.

Au sein de l'ADQ, on a assuré que Mario Dumont avait l'appui du caucus. Certains députés ne se sont pas gênés pour vilipender les deux déserteurs.

« Des gens qui se donnent au plus offrant, on en voit souvent au centre-ville, tard le soir, mais au Parlement, des gens qui font le trottoir, on en voit très très très rarement », a déclaré Simon-Pierre Diamond, député de Marguerite-D'Youville.

Changements de sièges

Le Parti libéral se retrouve maintenant avec 48 sièges à l'Assemblée nationale, en tenant compte de la démission, mercredi, du député libéral Russell Copeman et du départ de Michel Bissonnette en politique municipale. L'ADQ a maintenant 39 députés.

Notons qu'il faut 63 sièges à l'Assemblée nationale du Québec pour détenir une majorité absolue.

Ces défections dans les rangs de l'ADQ surviennent dans une période de tension à l'Assemblée nationale. Le député péquiste François Gendron a été élu dans la controverse au poste de président de la Chambre.

Aucun thème sélectionné