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Du rêve à la réalité

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2009 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Quatre ans à peine après avoir fait son entrée à Washington à titre de sénateur démocrate de l'Illinois, Barack Obama, prêtera serment, le 20 janvier, pour devenir le 44e président de l'histoire des États-Unis et, du coup, l'homme politique le plus puissant de la planète.

Le président élu Barack Obama, à six jours de son assermentation.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président élu Barack Obama, à six jours de son assermentation.

Photo : AFP / Nicholas Kamm

L'arrivée à la Maison Blanche de cet avocat de 47 ans constitue le point d'orgue d'une ascension fulgurante et suscite de grands espoirs, tant au pays qu'à l'étranger. Les huit années de présidence Bush, marquées par une idéologie conservatrice et une approche unilatéraliste, ont incontestablement terni l'image des États-Unis dans le monde.

De l'avis général, la présidence Obama s'accompagne d'un vent de changement que les États-Unis n'ont pas connu depuis l'élection de John Fitzgerald Kennedy, en 1960. Le seul fait qu'un homme à la peau noire ait accédé à la présidence des États-Unis constitue un puissant symbole de changement.

Les Américains ne se contenteront toutefois pas de symboles et la tâche qui attend Barack Obama s'annonce particulièrement ardue. Le pays fait face à une récession sans précédent depuis la Grande Dépression au moment où il déploie quelque 150 000 soldats en Irak et en Afghanistan.

La débâcle des prêts hypothécaires à haut risque a donné le coup d'envoi à une crise financière majeure que Washington tente de juguler à coups de centaines de milliards de dollars. Les finances publiques, dans un état déjà lamentable en raison des efforts de guerre et des baisses d'impôt du président Bush, ne cessent de se détériorer.

Un pays en difficulté

En 2008, pendant que Barack Obama écartait successivement de son chemin Hillary Clinton et John McCain, pas moins de 2,6 millions d'Américains ont perdu leur emploi, selon le département américain du Travail, une situation sans égal depuis 1945. Les difficultés des trois grands constructeurs automobiles menacent d'aggraver cette situation.

Plus de 3 millions de propriétaires ont vu leur résidence faire l'objet d'une procédure de saisie, en hausse de 81 % par rapport à 2007 et de 225 % par rapport à 2006. Des États considérés riches comme la Californie et la Floride sont touchés par cette débâcle, qui entraîne une chute dramatique du prix des maisons.

Les marchés boursiers ont plongé et les investisseurs ont le moral dans les talons, malgré l'intervention massive de Washington. Le dollar américain atteint des niveaux historiquement bas par rapport à l'euro, ce qui nuit aux importations. Les dépenses des ménages, moteur traditionnel de l'économie américaine, sont en forte baisse.

La situation économique précaire des États-Unis a largement contribué à la victoire de Barack Obama, perçu comme plus apte à comprendre les problèmes et à les régler. Les Américains s'attendent maintenant à ce qu'il redresse l'économie, une tâche qui s'annonce colossale.

Coûteux plan de relance

Pour relancer l'économie, Barack Obama compte sur un plan de 775 milliards de dollars américains. Il prévoit des investissements massifs dans la construction et la réfection d'infrastructures, dans le développement de sources d'énergie propres, ainsi que dans les secteurs de la santé et l'éducation. Des baisses d'impôt de 1000 $ pour les familles de la classe moyenne sont également prévues.

Ces dépenses considérables, qui s'ajoutent à celles de 750 milliards déjà effectuées par l'administration Bush à l'automne 2008, vont faire augmenter le déficit des comptes courants et la dette du pays, qui dépasse maintenant les 10 000 milliards de dollars, soit plus de 37 000 $ dollars par habitant.

Avant même que ne soit annoncé ce plan, le Bureau du budget du Congrès prévoyait un déficit pouvant atteindre 1200 milliards pour l'année fiscale 2009, soit 8,3 % du produit intérieur brut du pays. De l'aveu même de l'homme choisi par le nouveau président pour diriger ce Bureau, ce taux sera le plus élevé de l'histoire américaine, devançant même ceux enregistrés lors de la Guerre civile et des deux guerres mondiales.

Malgré tous les espoirs qu'il porte et l'ampleur du mouvement populaire qui l'a porté au pouvoir, Barack ne pourra pas gouverner sans l'aval du Congrès. Les démocrates y sont majoritaires, tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat, mais ils ne constituent pas un bloc monolithique. Les républicains, écorchés par le désaveu de l'électorat, ne lui donneront certainement pas carte blanche non plus.

Guerre et diplomatie

La présidence d'Obama entraînera aussi des changements importants pour l'Afghanistan et l'Irak, deux pays où le président Bush a dépêché des troupes dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001. Près de 5000 soldats américains sont morts dans ces deux pays jusqu'ici.

Barack Obama, premier président américain à entrer en fonction en temps de guerre depuis Richard Nixon, en 1968, a promis de retirer les troupes d'Irak dans les 16 mois suivant son assermentation. Une partie de ces effectifs seront envoyés en Afghanistan, que le nouveau président considère comme l'épicentre de lutte contre l'activisme islamiste.

Des milliers de soldats supplémentaires seront déployés en Afghanistan pour venir aux autres troupes américaines et étrangères, notamment canadiennes, qui luttent contre les talibans. Les attaques des insurgés ont gagné en intensité au cours de 2008, et le pays est loin d'être pacifié. Les relations des États-Unis avec le Pakistan, lui-même engagé dans une lutte contre des talibans sur son territoire, seront cruciales dans ce dossier.

Barack Obama a par ailleurs promis à plusieurs reprises au cours de la présidentielle de parler aux ennemis de l'Amérique. Cette volonté sera jugée à l'aune des positions qu'il adoptera vis-à-vis de plusieurs pays qui ont subi les foudres de l'administration Bush, dont l'Iran, la Syrie, le Venezuela et Cuba. Passer de la parole aux actes promet de ne pas être une sinécure, notamment en ce qui concerne l'épineux dossier du nucléaire iranien.

Le nouveau président américain a aussi promis de fermer la prison militaire de Guantanamo Bay, où des centaines de prisonniers restent détenus, la plupart depuis plusieurs années, sans procès, au mépris des lois internationales et américaines. Barack Obama affirme haut et fort qu'il entend restaurer le prestige des États-Unis ailleurs dans le monde et la fermeture de la prison, réclamée à grands cris, par les défenseurs des droits de la personne partout dans le monde, constituera un symbole de cette volonté. Décider ce qu'il adviendra des prisonniers reste néanmoins un problème épineux.

Sur le plan environnemental, la présidence de Barack Obama suscite de grandes attentes partout dans le monde, après huit années de laissez-faire. Les États-Unis, première source d'émissions de gaz à effet de serre au monde, n'ont jamais ratifié le protocole de Kyoto. La communauté internationale, qui s'active à conclure un traité qui lui succédera, attend beaucoup de lui à ce sujet. Officiellement, Barack Obama promet de créer une bourse du carbone et de réduire les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis de 80 % d'ici 2050 par rapport au niveau de 1990.

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