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Des accents de fraternité

Nicolas Sarkozy a été longuement ovationné avant d'entamer son discours
Nicolas Sarkozy a été longuement ovationné avant d'entamer son discours Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
Radio-Canada

Lors du premier discours d'un président français devant les parlementaires québécois, Nicolas Sarkozy fait un plaidoyer soutenu de la fraternité franco-québécoise, tout en soulignant l'amitié franco-canadienne.

Nicolas Sarkozy a prononcé vendredi un discours fort élogieux à l'Assemblée nationale du Québec, le premier du genre pour un président français.

Le chef d'État français s'est adonné à un long et dithyrambique plaidoyer pour l'amitié franco-québécoise. « L'histoire a fait de nous, Français et Québécois, des frères. Vous occupez une place privilégiée dans le coeur des Français », a déclaré d'emblée M. Sarkozy.

Survolant l'histoire du Québec, jalonnée de conquêtes et de défis, le président français a dit toute son admiration pour les Québécois « pour avoir préservé l'identité, poursuivre vos rêves avec l'audace des pionniers dont vous avez gardé l'esprit ».

Estimant que l'identité est d'abord un devoir de mémoire, le président français a fait sienne la devise québécoise: « Je me souviens ». Il a indiqué qu'il faut se souvenir, entre autres, de « la rapidité avec laquelle les Québécois ont modernisé leur économie et bâti leur identité nationale ».

« L'identité d'une nation, comme celle d'une personne, se fonde sur la mémoire. Le mot identité n'est pas un gros mot. Sans l'identité, il n'y aurait pas de diversité », a résumé le président français.

Il a ajouté que ce qui a été accompli au Québec durant les 50 dernières années a laissé une impression de stupéfaction chez les Français, en raison de la rapidité qui a caractérisé les divers accomplissements.

Jean CharestJean Charest

Nicolas Sarkozy s'est dit d'autant plus admiratif que les Québécois incarnent la modernité et la conjuguent en français. De plus, cette modernité s'accompagne d'une « ouverture aux autres et d'un refus du repliement sur soi ». Ce qui a fait dire au chef d'État français que « le peuple québécois n'est pas sectaire ».

Prononçant un discours prudent, qu'il a voulu mettre à l'abri de certaines susceptibilités, le président français a précisé que la fraternité franco-québécoise s'accommode bien de l'amitié franco-canadienne.

Les Canadiens sont nos amis et les Québécois, notre famille.

Nicolas Sarkozy

Le président français a plaidé en outre pour un renforcement du partenariat entre le Québec et la France, et ce, dans divers domaines, comme l'environnement, la santé, la culture et les hautes technologies.

Il a parlé d'une « une relation mature, entre partenaires égaux qui ont décidé de faire un chemin ensemble ». L'objectif est de « fortifier le pont entre les deux rives de l'Atlantique, animé par un axe francophone ».

« Notre relation n'a rien à voir avec la nostalgie », a précisé M. Sarkozy, ajoutant qu'il faut « regarder vers l'avenir ».

La Francophonie selon Sarkozy

Évoquant la Francophonie, M. Sarkozy a souligné que « ce n'est pas seulement une langue pour communiquer, c'est une communauté de valeurs, c'est une façon de penser. La francophonie est une vision du monde, elle doit être pour nous une certaine idée de l'humanisme, de l'universalité, de la rationalité. C'est la solidarité entre le nord et le sud, c'est l'aspiration aux valeurs d'éthique et d'équité ».

Refonder le capitalisme

Le chef d'État français, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, a aussi longuement parlé de la crise financière mondiale. « Le monde va mal, nous devons refonder un capitalisme plus respectueux de l'homme », a-t-il affirmé.

Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy

Il faut, a-t-il poursuivi, « en finir avec un capitalisme financier obsédé par le profit à court terme, assis sur la spéculation et la rente, il faut introduire dans l'économie l'éthique, un principe de justice, refonder le capitalisme sous peine de voir le système le plus efficace vaciller sur ses bases ».

Et la francophonie a un rôle à jouer dans cette entreprise de refondation, selon lui. « La plus grande erreur que ferait le monde [dans ce contexte de crise financière], ce serait de n'y voir qu'une parenthèse, et de croire qu'une fois le marché calmé, tout redeviendra comme avant. La France ne l'acceptera pas, ce serait irresponsable », a soutenu M. Sarkozy.

Charest souligne l'événement

Avant le discours de Nicolas Sarkozy, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a insisté sur le caractère historique de l'événement. Il a souligné les nombreux liens qui rapprochent le Québec et la France, tant culturels qu'économiques. « Nous sommes unis par le temps, par le coeur et par le sang », a-t-il dit.

La devise « Je me souviens », gravée à l'Assemblée nationale, est un rappel, a-t-il dit, du double héritage, à la fois français et britannique, dont le Québec est tributaire.

Aujourd'hui et en ces lieux, M. le président, c'est vous qui avez un accent.

Jean Charest

Jean Charest a salué la présence de trois anciens premiers ministres du Québec, les péquistes Bernard Landry, Lucien Bouchard et Pierre-Marc Johnson. Il a également remercié les anciens premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, qui étaient aussi présents, pour leur appui au rayonnement des fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec.