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Montréal exclue

circuit île notre-dame
Le virage en épingle du circuit Gilles-Villeneuve Photo: AFP / Getty Images/Paul Gilham

Le Grand Prix du Canada est absent du calendrier 2009 de la F1 publié mardi. La décision a été prise à l'issue d'une réunion extraordinaire tenue à Paris.

Le Grand Prix du Canada n'apparaît pas au calendrier de la saison 2009 de F1, publié mardi.

Il a été remplacé par le GP de Turquie, qui occupera la case du 7 juin. Il y aura une nouvelle course, le Grand Prix d'Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, en clôture de championnat, le 15 novembre.

Le programme reste donc à 18 courses, mais aucune ne se tiendra en Amérique du Nord.

Pour l'instant, ni la Fédération internationale de l'automobile (FIA), ni la Formula One Management (FOM) que dirige Bernie Ecclestone, ni le promoteur Normand Legault, n'ont donné d'explications.

Radio-Canada Sports a toutefois appris d'une source à la FIA que Bernie Ecclestone a soumis ce calendrier révisé aux membres présents (aucun représentant canadien) à la réunion de mardi, et qu'il a été soumis au vote.

Également, il paraît que la décision ne concerne pas l'aspect sportif, soit le circuit lui-même et les mesures de sécurité l'entourant, mais plutôt l'aspect commercial.

Les hypothèses

À partir de là, il y a plusieurs hypothèses:

1. Bernie Ecclestone a voulu faire de la place au mois d'août pour la pause estivale de 3 semaines, demandée par les équipes, et il a déplacé le Grand Prix de Turquie, dont il est le promoteur, disputé en août ces dernières années.

2. Bernie Ecclestone a voulu couper un voyage transatlantique en Amérique du Nord, puisqu'il n'y a plus de Grand Prix aux États-Unis.

3. Bernie Ecclestone aurait demandé un ajustement à la hausse de la redevance annuelle que Normand Legault doit payer, comme tous les pays qui présentent une course de F1. Et il attend la réponse de l'homme d'affaires canadien.

Dans le cas du Grand Prix du Canada, les chiffres qui circulent parlent d'une redevance de 20 à 25 millions. Ce qui est nettement moins que les redevances que doivent payer les nouveaux arrivants en F1. Ils paieraient jusqu'à 50 millions de dollars.

4. Malgré le contrat existant, Bernie Ecclestone profiterait d'une clause échappatoire pour rayer le Grand Prix du Canada du calendrier.

5. Bernie Ecclestone aurait racheté le contrat existant avec Normand Legault pour être libre de le rayer du calendrier.

Le Grand Prix du Canada avait été inclus au calendrier provisoire, publié le 25 juin, sans aucune exigence conditionnelle.

Ce sera seulement la troisième fois depuis 1967, et la première depuis 1987, que le grand cirque de la F1 ne s'arrêtera pas au Canada.

Les réactions n'ont pas tardé dans le monde politique montréalais et québécois.

Un GP sur la sellette

Normand LegaultNormand Legault Photo : PC / André Pichette

Si le Grand Prix du Canada a toujours évité d'être rayé du calendrier, il n'était pas rare qu'il soit sur la sellette.

En 2003, Ecclestone avait annoncé que l'épreuve était exclue du calendrier de l'année suivante en raison des nouvelles lois sur les publicités du tabac. Le conflit s'était résolu à temps pour la course. C'était « un miracle », comme l'avait alors qualifié le promoteur Normand Legault.

En juin 2006, M. Legault avait annoncé avec fierté qu'il s'était entendu avec Ecclestone pour les cinq prochaines années. En théorie, Montréal devait accueillir le Grand Prix jusqu'en 2011.

« Il n'y a donc aucune inquiétude à avoir en ce qui concerne le Grand Prix du Canada », avait-il expliqué.

Malgré tout, en juillet 2007, Montréal était apparue au calendrier avec la mention « provisoire ». Encore une fois, la situation s'était régularisée.

Les critiques d'Ecclestone

En juin 2007, Ecclestone lance que le Grand Prix du Canada « donne le mauvais exemple ». Selon lui, la Ville de Montréal devait impérativement « prendre à coeur de moderniser le circuit ».

« Quand j'étais l'organisateur de cette course, j'ai fait construire les estrades actuelles, a dit Ecclestone. Ça doit faire une bonne vingtaine d'années. Depuis, ils ont donné un coup de peinture ici ou là, mais personne ne s'en est réellement occupé. »

L'année suivante, il en remet. Il explique qu'il ne voit pas pourquoi Montréal ne devrait pas « rivaliser avec Shanghai, Valence ou Singapour ».

Puis, il expédie ce commentaire aujourd'hui lourd de sens: « Nous aimons le Canada, nous allons à Montréal depuis très longtemps, et nous irons au Canada aussi longtemps que nous le pourrons. »

En 2008, l'épreuve s'était fait une peau neuve à coups de millions de dollars du côté des paddocks et de la salle de presse. Plusieurs portions du circuit avaient aussi reçu du nouvel asphalte, tandis que la courbe où Robert Kubica avait pulvérisé sa monoplace avait été sécurisée.