•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tata expulsé par des paysans

Réplique d'une Nano de Tata Motors

Un ouvrier indien met une dernière touche à une réplique de la Nano.

Photo : AFP / Deshakalyan Chowdhury

Radio-Canada

Le fabricant de la voiture Nano abandonne son usine de Singur, au Bengale, après des mois de conflit avec des groupes de paysans expropriés.

L'opposition farouche des paysans du Bengale aura finalement eu raison du géant indien Tata Motors, qui a annoncé vendredi l'abandon d'une vaste usine automobile qu'il construisait à Singur, près de la ville de Calcutta.

Cette usine de 350 millions de dollars, qui était achevée à 90 %, devait être le principal poste d'assemblage de la Nano, que Tata présente comme étant la voiture la moins chère du monde.

Ce revers pour le groupe Tata survient après des mois de conflit avec des paysans de la région de Singur. Ils s'étaient alliés à des militants politiques pour dénoncer la réquisition par le gouvernement du Bengale occidental de terres agricoles pour en faire un parc industriel devant accueillir l'usine de Tata Motors et celles de ses équipementiers.

Le prédient du groupe Tata, Ratan TataAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ratan Tata, président du géant industriel indien Tata

Photo : AFP / Deshakalyan Chowdhury

Depuis, le site était régulièrement le théâtre de manifestations parfois violentes de paysans qui réclamaient la restitution de leurs terres ou de meilleures compensations.

À un point tel que la direction de Tata Motors avait menacé de déménager son usine de Singur et cela même si 350 millions de dollars avaient déjà été investis dans le projet.

La direction de Tata a finalement mis sa menace à exécution après des semaines de chantage et de discussions stériles entre les parties. « Vous ne pouvez pas faire tourner une usine sous protection policière, lorsque des bombes y sont jetées, lorsque des ouvriers y sont intimidés », a dénoncé vendredi le président du constructeur indien, Ratan Tata.

En janvier dernier, le groupe Tata avait présenté en grande pompe la Nano, un petit modèle de voiture rudimentaire, peu dispendieuse et spécialement destinée aux millions d'Indiens qui se déplacent en motocyclette.

Manifestation à Singur contre l'usine de Tata MotorsAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des manifestants protestent contre l'implantation de l'usine de Tata Motors à Singur, au Bengale.

Photo : AFP / Deshakalyan Chowdhury

Le constructeur indien prévoyait alors produire au moins 250 000 Nano par année dans son usine de Singur. Compte tenu de ce revirement et des importants délais engendrés par l'abandon de cette usine, la direction de Tata Motors a déclaré ne pas savoir quand la Nano entrera en production.

Plusieurs États indiens ont déjà proposé d'accueillir la nouvelle usine qui produira la Nano. Il faut dire que le groupe Tata est un géant en Inde avec 98 filiales qui vont de l'alimentation à la sidérurgie en passant par l'industrie automobile.

Le gouvernement indien a lancé en 2005 une politique agressive de développement industriel qui comprend l'aménagement de centaines de zones économiques spéciales (ZES), soit des enclaves industrielles privées exemptées d'impôts et dotées d'infrastructures pour attirer les entreprises.

Mais cette politique d'expansion industrielle se bute depuis plusieurs années à l'opposition des puissants mouvements paysans et agricoles du pays qui assurent l'alimentation des deux tiers de la population indienne.

Avec les informations de Agence France-Presse

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.