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Coupable

Radio-Canada

Le mineur accusé d'avoir pris part à la préparation d'attentats terroristes au Canada est déclaré coupable.

Le premier verdict depuis l'adoption de la loi antiterroriste au Canada est tombé: coupable.

Un juge de la Cour supérieure de Brampton a rendu ce verdict au terme du procès d'un jeune d'âge mineur au moment des faits reprochés, procès qui a duré plusieurs mois et qui a été marqué par des témoignages surprenants de la part de témoins de la Couronne.

Le jeune homme de 20 ans s'était déclaré non coupable des accusations d'avoir participé à un complot terroriste qui pesaient contre lui.

Le juge John Sproat affirme que les preuves présentées lors du procès l'ont mené à croire en l'existence d'un groupe aux visées terroristes. Selon lui, l'accusé a participé activement à ce groupe, prenant part à deux camps d'entraînement. Le juge a noté que l'accusé a commis des vols à l'étalage dans des magasins grande surface au bénéfice du groupe.

Quant à l'accusation de terrorisme, le juge Sproat a déclaré que l'accusé n'avait pas à être au courant d'un plan précis, mais que de savoir qu'il s'agissait de l'intention générale du groupe suffisait amplement.

Le nom de jeune accusé ne peut être révélé parce qu'il était mineur au moment des faits reprochés. La Couronne alléguait qu'il était l'un de ceux qui étaient impliqués dans un complot pour faire exploser des édifices au centre-ville de Toronto et qui menaçait de décapiter le premier ministre du Canada, alors que la défense alléguait qu'il s'agissait d'une « fantaisie djihadiste » irréaliste qui avait délibérément été cachée à son client.

Il s'agit du premier procès de ce que les médias ont appelé « les 18 de Toronto », 18 personnes arrêtées en 2006 et accusées d'avoir formé une cellule terroriste en sol canadien.

Verdict contesté

À la sortie du tribunal, le témoin vedette du procès, Mubin Shaikh, s'est dit heureux de constater qu'on réalise enfin qu'il y a des gens qui feraient partie d'un groupe terroriste à Toronto. Mais l'informateur de la GRC et du SCRS conteste le verdict d'aujourd'hui. Il a déclaré qu'il était toujours convaincu de la non-culpabilité du jeune homme, qu'il a décrit comme étant vulnérable et influençable.

Quant à l'avocat de la défense, il a déclaré que le procès devait être annulé, car il affirme que la taupe Mubin Shaikh a commis des actes criminels lors de l'enquête.

Des témoignages surprenants

Ainsi, le témoin vedette de la Couronne, Mubin Shaikh, a contredit en cour son témoignage de l'enquête préliminaire de 2007, dans lequel il affirmait que les mineurs du groupe avaient été sommés de nettoyer le camp après un entraînement de 12 jours pour ne laisser aucune trace de leur passage. Il a finalement déclaré que les jeunes ignoraient tout des raisons pour lesquelles ils s'entraînaient dans le camp parce qu'ils n'avaient pas encore été recrutés officiellement dans le but de commettre des attentats.

Un autre témoin de la Couronne, Shal Syed, a également affirmé que l'entraînement reçu dans un camp de présumés terroristes à Guelph en mai 2006 n'avait que des objectifs récréatifs.

Puis, la défense a utilisé une vidéo de la police montre l'intérieur de la voiture du présumé chef de la cellule, qui faisait l'objet d'une surveillance de la GRC et du SCRS. On y voit des cartes routières, des habits de camouflage militaires et des notes manuscrites. Un gros plan sur ces notes révèle un texte dans lequel le présumé chef commande aux adultes du groupe de tenir les jeunes recrues dans l'ignorance.

Les accusations contre sept des 18 personnes arrêtées en 2006 ont été suspendues. Deux hommes proches des suspects, dont Mubin Shaikh, étaient payés en tant qu'informateurs par la GRC. Le second informateur n'a pas encore comparu en cour et le fera vraisemblablement dans le cadre d'un ou de plusieurs des 10 procès à venir.