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  • Exclusif
  • Totalement sécuritaire?

    Pont Champlain

    Selon des informations obtenues par Radio-Canada, l'état de dégradation du pont Champlain est plus avancé qu'on ne le dit.

    Le pont Champlain, qui relie Montréal à la Rive-Sud, est le plus fréquenté du Canada. Cinquante-sept millions de véhicules le franchissent chaque année.

    Le 2 octobre 2006, tout juste après l'effondrement du viaduc de la Concorde, à Laval, le ministre des Transports du Canada, Lawrence Cannon, se montrait rassurant quant à l'état des ponts fédéraux, notamment le pont Champlain. « On me dit d'abord que ces infrastructures sont en bon état, et que ces infrastructures-là évidemment subissent rigoureusement et régulièrement des évaluations », disait-il.

    Pourtant, quelques jours avant cette déclaration, la firme d'ingénierie Genivar déposait une étude recommandant la construction d'un nouveau pont devant remplacer le pont Champlain pour les années 2014-2016. La firme recommandait aussi que les études de faisabilité ainsi que la première phase d'avant-projet soient entamées dès 2007. On disait aussi qu'une décision rapide devait être prise.

    Citation de l'étude Genivar

    Depuis, d'autres études ont confirmé l'état de dégradation du pont Champlain. La firme Dessau, dans son rapport de novembre 2007, affirmait que les structures montraient un état acceptable, mais que certains éléments étaient dans un état critique à médiocre, dont les fameuses poutres de rive.

    Mais, même avec ces études, les autorités ont toujours maintenu que le pont était sécuritaire.

    Des poutres dans un état critique

    Malgré les déclarations rassurantes des uns et des autres, voilà qu'une étude récente effectuée par la firme Oxand sème des doutes sur la sécurité de la structure.

    Une étude sur le pont

    Des sources sûres ont rapporté à Radio-Canada qu'on y parle d'éléments du pont qui sont dans un état critique très élevé, dont des poutres situées sur le côté de l'eau. D'ailleurs, on a trouvé en mai 2007 un trou d'un mètre sur une de ces poutres.

    Il y aurait aussi des faiblesses aux extrémités des chevêtres sur lesquels sont déposées les poutres.

    Ce qui complique les choses, c'est qu'il est difficile pour les experts d'évaluer la solidité du pont, étant donné l'état avancé de corrosion des armatures, qui entraîne une incertitude quant à l'évaluation des risques.

    Selon nos sources, ce rapport souligne l'urgence d'effectuer des travaux permettant de maintenir la sécurité du pont.

    Le directeur général des Ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc. (PJCCI), Glen Carlin, admet l'existence de cette étude, mais nie que le pont ne soit pas sécuritaire: « Quand quelqu'un écrit et dit que vous avez un haut risque, oui il y a des éléments où on voudrait réduire le risque, mais malgré que vous avez de hauts risques pour certains éléments, ça ne veut pas dire qu'il y a un danger ».

    La société PJCCI confirme l'existence du trou constaté l'an dernier sur une des poutres, et aussi le fait qu'elle n'ait pas fermé la voie où se trouve le trou malgré l'avis contraire d'un ingénieur affecté au dossier.

    Glen Carlin, directeur général de la société Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain Inc.Glen Carlin, directeur général de PJCCI

    « C'est très facile pour les gens de dire de fermer la voie. Il fallait qu'on regarde c'est quoi les implications », a déclaré M. Carlin.

    Malgré ces dénégations, la Société des ponts annonce qu'elle demande au gouvernement 200 millions de dollars pour entretenir et réparer le pont Champlain au cours des dix prochaines années, soit quatre fois plus que prévu.

    « Je ne veux pas dire le mot « urgent », mais c'est peut-être le bon mot. C'est important, c'est un meilleur mot. C'est important qu'on commence à accélérer le programme de réfection du pont Champlain », dit M. Carlin.

    Les rapports seront publiés

    En entrevue au Téléjournal Montréal, lundi, Glen Carlin a répété que le pont Champlain était sécuritaire.

    Selon lui, les études, qu'il qualifie d'études de « gestion de risques », indiquent quelles sont les sections de l'ouvrage qui devront être examinées avec attention.

    Il a déclaré que le pont était inspecté chaque année. De plus, des instruments placés à des endroits stratégiques recueillent des données tous les jours.

    Glen Carlin a également dit qu'un important programme d'investissements sera mis en oeuvre à compter de 2009. D'ailleurs, les premiers appels d'offres devraient être lancés en octobre.

    À la fin de l'entrevue, M. Carlin a promis de rendre publics les rapports dont il est question.

    Le pont Champlain

    Avec 57 millions de véhicules qui y circulent par année, dont 8 % de camions, il s'agit du pont qui est le plus emprunté au Canada. Il a fallu 5 ans, soit de 1957 à 1962, pour construire cette véritable épine dorsale de la circulation automobile montréalaise.

    À l'origine, il y avait un péage, qui a été aboli en 1990. D'une longueur d'environ 6 km, le pont Champlain compte 6 voies de circulation. En semaine, 400 autobus y transportent matin et soir 18 000 passagers. Sa fermeture, même temporaire, aurait des conséquences désastreuses.

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