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La SGF partenaire de Tembec

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Société générale de financement du Québec affirme avoir pris conjointement avec Tembec la décision d'autoriser la faillite de Temlam.

La Société générale de financement du Québec (SGF) dit mercredi avoir pris conjointement avec Tembec la décision d'autoriser la faillite de Temlam et affirme que Temlam n'avait d'autre choix que de déclarer faillite. La société nuance ainsi sa déclaration de mardi. La SGF affirmait alors « subir la décision des gestionnaires de Tembec ».

Au lendemain de l'annonce de la faillite des usines de Temlam et de Jager Building Systems, une filiale de Temlam, la Société générale de financement du Québec avait confirmé avoir perdu 51 millions de dollars dans le dossier. Temlam était détenue à parts égales par Tembec et la SGF.

Les 51 millions de dollars ont été investis en mise de fonds, dont 30 millions seulement pour l'usine Temlam d'Amos, construite en 2004.

Les fonds de la SGF proviennent du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation.

Réactions politiques

Par ailleurs, les réactions sont nombreuses dans le milieu politique de l'Abitibi-Témiscamingue à la suite de la faillite de Temlam et de la perte de 51 millions de dollars de la SGF.

Selon la députée péquiste de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Johanne Morasse, Québec aurait pu investir pour éviter la faillite, car l'usine de Ville-Marie était en cours de développement d'un nouveau produit.

« Plutôt que d'investir 1 million, on préfère en perdre 51. Je ne sais pas où est la logique là-dedans. Il faudra m'expliquer comment la politique de non-interventionnisme du gouvernement Charest fait du bien à la région. Je ne voudrais pas aller à la même école que les économistes qui ont une pareille politique », dit-elle.

Du côté de la Fédération des travailleurs du Québec, on blâme le gouvernement fédéral conservateur. « Il y a un parti qui est le Parti conservateur qui n'a absolument rien fait pour aider l'industrie. On a crié, on a demandé qu'il y ait de l'aide, autant pour l'industrie que pour les travailleurs, et il n'y a absolument, absolument rien qui a été fait », dénonce le conseiller régional, Gilles Chapadeau.

Quant au député bloquiste sortant d'Abitibi-Témiscamingue, Marc Lemay, il demande à Ottawa de rendre disponible la fiducie mise en place pour aider l'industrie manufacturière et forestière. Quelque 200 millions de dollars sont prévus sur trois ans pour les travailleurs du Québec.

Faillite de cinq usines

Lundi, les entreprises Temlam et Jager Building Systems ont annoncé qu'elles se plaçaient sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.

Au Québec, Temlam possède deux usines en Abitibi-Témiscamingue qui fabriquent des poutres lamellées, soit à Amos et à Ville-Marie. Ces usines, qui embauchent près de 200 travailleurs, sont en arrêt de travail depuis quelques semaines. On ignore pour le moment ce qu'il en adviendra. Leur sort est entre les mains du syndic de faillite Pricewaterhouse Coopers.

Les usines de Jager Building Systems se retrouvent quant à elles à Blainville, au Québec, à Calgary, en Alberta, et à Bolton, en Ontario.

Selon le vice-président aux communications chez Tembec, Richard Fahey, la faillite est attribuable à la conjoncture économique. « Le déclin de la construction résidentielle aux États-Unis et l'augmentation du dollar canadien font en sorte que les usines ont été affectées. Donc, il y a eu moins de revenus. Ils ont été moins en mesure de respecter les ententes de financement et donc se retrouvent dans une situation où ils ne peuvent assumer leur dette et donc sont forcés de déclarer faillite », indique-t-il.

Compte tenu du contexte de l'industrie, Tembec, qui vient de terminer avec succès une recapitalisation qui a consolidé son bilan financier et ses liquidités, a jugé plus prudent de ne pas injecter de fonds supplémentaires dans les deux entreprises. Cette décision aura comme conséquence de réduire de près de 50 millions de dollars la valeur de l'actif et du passif de Tembec, mais sans changement majeur au niveau des bénéfices.

Difficile pour la région

La décision de Tembec est une véritable onde de choc pour les employés. « Je suis très, très, très déçu parce que nous avons eu des projets en cours, et on attendait que le gouvernement s'implique dans notre dossier. C'est une très mauvaise nouvelle pour le Témiscamingue et pour tout le monde de la région. On était supposés partir sur deux quarts pour faire avancer un autre petit projet pour lequel on avait fait des demandes gouvernementales », affirme le président du syndicat de l'usine de Ville-Marie, Vincent Cousineau. Les employés pensent déjà racheter l'usine, qui deviendrait une coopérative.

Le maire d'Amos, Ulrick Chérubin, est lui aussi désagréablement surpris par la nouvelle, qui touche une centaine de travailleurs de sa ville. « Je suis très déçu, abasourdi. Parce que vous savez, pour la ville d'Amos, Temlam c'était un joyau. On avait beaucoup d'espoir dans cette industrie-là, qui était une industrie de deuxième et troisième transformation. Je suis vraiment atterré, déçu, découragé même », dit-il.

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