•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Faire renaître l'Univers

Le collisionneur de particules

Pas moins de 5000 physiciens et ingénieurs ont participé à la création du Grand Collisionneur de hadrons.

Photo : AFP / Fabrice Coffrini

Radio-Canada

Le plus grand accélérateur de particules au monde est entré en fonction mercredi. Sa mission: percer les secrets de la matière et de l'Univers.

Le Grand Collisionneur de hadrons (LHC), le plus grand accélérateur de particules du monde, est entré en fonction mercredi à la frontière franco-suisse.

Un premier faisceau de protons a été injecté à l'aube dans le LHC.

Après l'injection du faisceau, il a fallu attendre environ 5 secondes pour l'acquisition des données.

Lyn Evans, directeur du projet LHC

Un flash sur les écrans de contrôle a ensuite indiqué que le faisceau était bien entré dans la première section de l'anneau. Un peu moins d'une heure après le démarrage, le faisceau avait réalisé un premier tour complet de l'anneau, réalisant l'objectif principal des scientifiques pour cette première journée.

Ce démarrage sera suivi par la mise en route d'un second faisceau tournant en sens inverse, dans trois ou quatre semaines.

Il y a deux émotions: le plaisir d'achever une grande tâche et l'espoir de grandes découvertes devant nous.

Robert Aymar, directeur général de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire

Le LHC vise deux objectifs principaux:

  • Trouver le boson de Higgs, une particule connue, mais jamais observée jusqu'à aujourd'hui.
  • Élucider le mystère entourant la matière et l'antimatière en recréant les conditions qui régnaient dans l'Univers immédiatement après le big bang, il y a 13,7 milliards d'années.

La bête

Le collisionneur est un anneau de 27 km de circonférence, situé à 100 mètres de profondeur, autour duquel sont installés quatre grands détecteurs au sein desquels vont se produire des collisions de paquets de protons (particules de la famille des hadrons). Leur vitesse atteindra jusqu'à 99,999 % de celle de la lumière (environ 300 000 km par seconde).

À sa puissance maximale, 600 millions de collisions par seconde généreront une floraison de particules, dont certaines n'ont jamais encore pu être observées. Pour trier les 15 millions de gigaoctets de données recueillies annuellement, 11 grands centres enverront l'information brute à 200 sites dans le monde, qui l'entreposeront et l'analyseront.

McGill et l'UdM impliquées dans le projet

Une quinzaine de physiciens montréalais, dont les professeurs Brigitte Vachon, François Corriveau, Steven Robertson, Andreas Warburton, Claude Leroy et Georges Azuelos des départements de physique des universités McGill et de Montréal figurent parmi les membres de l'équipe qui analysera les données recueillies par Atlas, l'un des détecteurs. En outre, les responsabilités des scientifiques de McGill comprennent le développement d'un système de déclenchement conçu pour détecter les collisions de particules intéressantes qui se produisent à l'intérieur d'ATLAS.

Des bouleversements à prévoir, selon Reeves

L'astrophysicien québécois Hubert Reeves, interrogé par le quotidien suisse Le Matin, a estimé que les données recueillies révolutionneront la physique des particules élémentaires.

C'est vraiment un outil impressionnant. Les puits pour descendre le matériel ont une taille par laquelle il serait possible de faire passer une cathédrale.

Hubert Reeves
Hubert Reeves

Photo : AFP / Jean-Pierre Muller

Le scientifique ne croit pas que l'expérience représente un danger pour la planète. Certains de ses collègues craignent en effet que les collisions de protons provoquées dans le LHC ne provoquent l'apparition de minuscules trous noirs, qui, en grandissant, absorberaient toute la matière qui les entoure.

L'accélérateur ne peut, selon lui, créer de trou noir puisque les énergies que le collisionneur peut provoquer, bien que très élevées, sont bien inférieures à celles atteintes par les rayons cosmiques qui bombardent la terre en permanence.

Un pari pour Hawking

De son côté, le physicien britannique Stephen Hawking a affirmé avoir parié que le collisionneur ne trouverait pas le boson de Higgs.

Je pense que ce serait beaucoup plus intéressant si nous ne trouvions pas Higgs. Cela montrerait que quelque chose ne va pas et qu'il faut revoir notre réflexion. J'ai parié 100 dollars que nous ne trouverons pas Higgs.

Stephen Hawking
Stephen Hawking

Stephen Hawking

Photo : AFP / Shaun Curry

Le scientifique rappelait quand même, lors d'une entrevue accordée à la BBC, que l'accélérateur quadruplera l'énergie avec laquelle il est possible d'étudier les interactions de particules et que cela devrait être suffisant pour découvrir la particule de Higgs.

Ce que le LHC trouve, ou n'arrive pas à trouver, nous en dira long sur la structure de l'Univers.

Stephen Hawking

Sur la dépense occasionnée par le projet, le physicien reconnaît qu'il était difficile de voir une rentabilité économique au LHC, mais que cela ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas.

Le LHC et le programme spatial sont vitaux si la race humaine ne veut pas étouffer et finalement disparaître. À eux deux, ils coûtent moins de 1 % du produit intérieur brut de la planète.

Stephen Hawking

Le Grand Collisionneur de hadrons

Cet outil de 5,7 milliards de dollars est construit sous l'égide de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire(CERN), mais les États-Unis, la Russie, l'Inde et le Japon ont également contribué à sa création.

Avec les informations de Agence France-Presse