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À la conquête du Québec

Stephen Harper déclenche les élections

Stephen Harper déclenche les élections

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le premier ministre Harper a demandé à la gouverneure générale de dissoudre le Parlement. Le scrutin aura lieu le 14 octobre. Le chef conservateur entame sa campagne électorale avec un clin d'oeil marqué au Québec.

Pour la troisième fois en quatre ans, les Canadiens sont convoqués aux urnes.

Le premier ministre Stephen Harper s'est rendu dimanche matin chez la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, pour lui demander de dissoudre la Chambre des communes et de déclencher des élections générales.

Le scrutin aura lieu le 14 octobre. La campagne durera 36 jours. Le déclenchement des élections générales annule les trois élections partielles qui devaient se tenir lundi et celle qui devait avoir lieu le 22 septembre.

En décidant lui-même de mettre fin à son gouvernement minoritaire, M­. Harper contourne donc la loi sur les élections à date fixe qu'il a fait adopter. Le scrutin général aurait dû avoir lieu dans un an.

Dans un point de presse après sa visite à Rideau Hall, M. Harper a justifié sa décision de déclencher des élections anticipées en disant que le Parlement était devenu dysfonctionnel. Selon lui, l'opposition n'avait plus du tout l'intention de collaborer avec le gouvernement pour lui permettre de fonctionner.

M. Harper a aussi évoqué la situation économique difficile pour décider de convoquer les Canadiens aux urnes. Il en a profité pour lancer ses premières attaques officielles envers l'opposition.

Les Canadiens devront choisir un gouvernement pour défendre leurs intérêts en cette période d'instabilité économique mondiale. Ils choisiront entre une orientation claire et l'incertitude, entre le bon sens et les expériences risquées, entre la stabilité et l'imprudence.

Stephen Harper

M. Harper a longuement défendu le bilan de ses deux ans et demi de pouvoir minoritaire. Il a notamment parlé de la réduction de la dette et de la TPS, de la lutte contre la criminalité, de la reconnaissance de la nation québécoise et de son plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le chef conservateur n'a pas beaucoup abordé les thèmes qu'il défendrait s'il est reporté au pouvoir, mais a notamment parlé de son intention de réformer le sénat.

Un deuxième gouvernement minoritaire?

M. Harper a aussi encore une fois laissé entendre qu'il s'attendait à ce que les Canadiens élisent un autre gouvernement minoritaire. Mais il soutient que, même s'il est à la tête d'un nouveau gouvernement minoritaire, il en ressortira tout de même plus fort.

Interrogé sur les craintes des Canadiens de donner une majorité aux conservateurs, M. Harper a voulu se faire rassurant. Il a rappelé que son gouvernement avait agi selon les engagements qu'il avait pris. Il a ajouté que le pays se portait mieux depuis son arrivée au pouvoir.

Le chef conservateur estime que son parti peut bénéficier de la division du vote de gauche en exploitant le centre, terrain selon lui laissé libre par un Parti libéral décidé à conquérir l'électorat des néo-démocrates, du Bloc et des verts.

L'une des choses intéressantes dans cette élection est que nous avons pour nous tout le centre qui est disponible. [...] Nous avons quatre partis maintenant, si l'on considère le Parti vert, qui chassent les votes de la gauche. Et nous avons un message maintenant pour le grand centre, le grand centre-droit de la population canadienne.

Stephen Harper

La Belle Province courtisée

Stephen Harper de passage à QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stephen Harper de passage à Québec

Signe que le Québec est une province stratégique dans cette joute électorale, le chef conservateur a tenu, en ce premier jour de campagne, à faire un passage à Québec pour présenter ses candidats dans la province. Parmi eux, Maxime Bernier qui brigue un nouveau mandat après le scandale qui lui a coûté son poste de ministre des Affaires étrangères.

« Nous sommes à l'heure des choix dans un contexte d'incertitude économique mondiale », a indiqué d'entrée de jeu Stephen Harper, qui n'a pas omis de vanter les mérites de son gouvernement.

« Notre parti a tenu parole, a renforcé la place du Québec au sein du Canada », tandis que les libéraux, a-t-il ajouté, promettent de « hausser les taxes et de relancer les chicanes » entre le Québec et le Canada.

C'est le Parti conservateur qui a réduit les impôts des particuliers, qui a offert des avantages aux familles, qui a investi dans l'économie et les régions, qui a réglé le déséquilibre fiscal, pas le Bloc ni les libéraux.

Stephen Harper

Poursuivant l'éloge de son parti, M. Harper a rappelé que « c'est notre parti qui a reconnu la nation québécoise, c'est notre parti qui a donné 100 $ pour les familles qui ont un enfant d'âge préscolaire, c'est notre parti qui a baissé la TPS ».

« Le 14 octobre, le premier ministre va s'appeler Harper, Dion ou l'improbable Jack Layton », a ironisé Stephen Harper.

En plus d'avoir fustigé le chef libéral, « un politicien centralisateur qui veut imposer d'autres taxes », le premier ministre sortant a tiré à boulets rouges sur le Bloc québécois qui « sera toujours dans l'opposition, le Bloc sera présent pour faire des promesses qu'il ne pourra jamais réaliser, pour critiquer des politiques qu'il ne pourra jamais empêcher ».

Tournant en dérision le slogan bloquiste « Présent! pour le Québec », il a fait remarquer que les bloquistes ne seraient, justement, que présents à Ottawa, sans jamais former de gouvernement.

Par ailleurs, Stephen Harper a évoqué les festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec, une occasion pour les Québécois de « montrer leur identité au monde entier, promouvoir la langue française, protéger la culture, une occasion pour se rappeler que le Canada est né ici même au Québec ».

De plus, a poursuivi M. Harper, « un premier ministre doit parler le français, la langue fondatrice de ce pays, un premier ministre doit représenter votre fierté et votre histoire » ici et à l'étranger.

Répartition des sièges à la dissolution de la Chambre des communes:

  • Parti conservateur: 127
  • Parti libéral: 95
  • Bloc québécois: 48
  • Nouveau Parti démocratique: 30
  • Indépendants: 3
  • Vacants: 4

Note: le député indépendant Blair Wilson s'est joint récemment au Parti vert du Canada pour les élections.

Le gouvernement minoritaire dirigé par Stephen Harper depuis janvier 2006 aura été, de l'histoire canadienne, celui qui aura su durer le plus longtemps.

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