•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des évangélistes en campagne

Affiche des évangélistes
Radio-Canada

Plusieurs groupes évangéliques du pays ont décidé de s'impliquer dans la prochaine campagne électorale derrière les conservateurs de Stephen Harper.

Les valeurs défendues par le parti conservateur se rapprochent souvent de celles prônées par le mouvement évangélique, qui regroupe de plus en plus de fidèles au pays. On évalue d'ailleurs qu'environ 10 % des Canadiens souscrivent à cette doctrine.

Les évangélistes regroupent les baptistes, les pentecôtistes et les adventistes. Ils attirent beaucoup de protestants « born again » et de catholiques désabusés, et ils suivent les enseignements de la Bible.

Ils s'identifient beaucoup au chef conservateur, Stephen Harper, qui est lui-même évangéliste.

Plusieurs d'entre eux sont satisfaits du bilan du premier ministre, même s'ils estiment qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour que la volonté de Dieu s'accomplisse au Canada.

Ils cherchent donc à influencer les décisions politiques pour qu'elles reflètent leur position.

Georges Lebrun, Association conservatrice d'Ottawa-Vanier

Georges Lebrun, Association conservatrice d'Ottawa-Vanier

Certains groupes ont d'ailleurs décidé de s'impliquer en vue du déclenchement probable d'élections fédérales.

C'est le cas de Georges Lebrun, ancien libéral, qui travaille maintenant à l'Association conservatrice d'Ottawa-Vanier. Il croit que les affaires religieuses ont leur place en politique. « Moi, je dirais que, si j'ai un vice, je le garde pour moi. Je ne peux pas marcher dans toute la rue pour dire que moi je suis homosexuel ».

Il se dit très satisfait du travail du travail du premier ministre: « Le Canada est un pays que Dieu a donné aux Canadiens et ils devraient être fiers d'avoir un premier ministre qui est chrétien, qui tient ses paroles et je prie Dieu pour qu'il continue dans la même voie ».

Le gouvernement conservateur a adopté plusieurs mesures qui plaisent aux évangélistes. Par exemple, plutôt que de créer un programme national de garderies, il a opté pour des prestations mensuelles aux parents pour les aider à élever leurs enfants à la maison. Le gouvernement veut aussi annuler les crédits d'impôt aux films jugés offensants et la décriminalisation de la marijuana a été reléguée aux oubliettes.

Un regroupement national de jeunes évangélistes, qui diffuse la parole de Dieu sur Internet, a déjà commencé à prêter main-forte aux candidats qui partagent ses valeurs conservatrices.

Faytene Kryskow directrice de 4 My Canada encourage aussi le premier ministre: « Je n'irais pas jusqu'à dire que le gouvernement Harper est parfait, mais il a à coeur les valeurs familiales. »

Beaucoup reste toutefois à faire, selon les évangélistes, qui veulent assainir encore davantage le contenu des films, des médias et des arts, conserver le droit de donner la fessée aux enfants et ouvrir le débat sur l'avortement.

Dave Quist, directeur de l'Institut du mariage et de la famille

Dave Quist, directeur de l'Institut du mariage et de la famille

Selon Dave Quist, directeur de l'Institut du mariage et de la famille, un lobby évangélique, un ancien candidat conservateur qui a travaillé au sein du cabinet de Stephen Harper, un débat sur la question de l'avortement est souhaitable.

Dernièrement, le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, a affirmé que les sites d'injection supervisée pour les toxicomanes soulevaient des questions d'éthique, tandis que plusieurs professionnels de la santé se sont dits outrés. Les évangélistes, eux, croient que les valeurs morales doivent faire partie du débat public.

Au Québec toutefois, le militantisme semble plus discret. Lors de la préparation de notre dossier sur les conversions religieuses, il y a quelques mois, le pasteur Michel Habib, directeur de l'Association d'Églises baptistes évangéliques au Québec, nous a déclaré que le Mouvement évangélique au Québec n'était pas impliqué en politique ou dans les causes sociales, peut-être parce qu'il n'est pas encore assez fort.

« Mais ça ne veut pas dire que ça ne peut pas changer dans l'avenir. Il peut y avoir des affinités. » Ainsi, un candidat opposé à l'avortement aura certainement la faveur des membres du mouvement.

Mais, « l'État c'est l'État et l'Église c'est l'Église », a conclu le pasteur.