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Mieux vaut être riche...

image du rapport de l'OMS
Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un rapport de l'Organisation mondiale de la santé dénonce les injustices sociales qui ont un impact sur la santé des populations.

« Les injustices sociales tuent à grande échelle ».

C'est la principale conclusion d'un rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), publié aujourd'hui.

Le rapport de 256 pages est intitulé Closing the gap in a generation: health equity through action on the social determinants of health.

« Il fournit une analyse des déterminants sociaux pour la santé et des exemples concrets d'actions qui se sont montrées efficaces pour améliorer la santé et l'équité sanitaire dans des pays de tous niveaux de développement socioéconomique », écrit le président de la Commission sur les déterminants sociaux pour la santé (CDSS) de l'OMS, Michael Marmot.

Les déterminants sociaux pour la santé sont définis comme les circonstances dans lesquelles un individu naît, grandit, vit, travaille et vieillit, ainsi que les systèmes mis sur pied pour faire face à la maladie.

De l'importance du lieu de naissance

L'espérance de vie de nos enfants, lit-on dans le rapport, affiche des différences spectaculaires selon l'endroit où ils sont nés.

Exemples d'espérance de vie d'enfants nés dans différents pays:

  • Japon ou Suède: plus de 80 ans
  • Canada: plus de 80 ans
  • Brésil: 72 ans
  • Inde: 63 ans
  • Nombreux pays africains: moins de 50 ans

Non seulement y a-t-il des différences entre les pays, mais aussi, montre le rapport, l'espérance de vie peut varier de façon spectaculaire à l'intérieur même d'un pays, et ceci est vrai pour tous les pays. Dans tous les pays, la santé et la maladie suivent une courbe sociale: plus la situation socioéconomique d'une personne est faible, pire est son état de santé.

Le rapport précise que l'espérance de vie d'un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en Écosse, sera inférieure de 28 ans à celle d'un autre né à 13 kilomètres de là. « La combinaison toxique de décisions politiques et économiques inadéquates est responsable, dans une large mesure, du fait que la majorité des gens dans le monde ne bénéficient pas de la bonne santé possible du point de vue biologique », selon les auteurs du rapport.

Situation au Canada

Selon la commissaire canadienne de la CDSS, Monique Bégin, presque un million et demi de Canadiens n'ont pas de revenu familial décent, de résidence sûre à prix abordable, souffrent d'insécurité alimentaire et sont vulnérables à la violence. Ce sont principalement des femmes monoparentales et des enfants, précise l'ancienne ministre de la Santé.

Recommandations et principes d'action

La commission fait trois recommandations qu'elle suggère de transformer en principes d'action:

  • améliorer les conditions de vie quotidienne, par exemple le bien-être des filles et des femmes et les circonstances dans lesquelles elles enfantent;
  • s'attaquer à la distribution inéquitable du pouvoir, de l'argent et des ressources, notamment entre les hommes et les femmes, sur les plans mondial, national et local;
  • mesurer le problème, évaluer l'action, élargir le savoir, développer des effectifs formés aux déterminants sociaux sur la santé et éveiller la conscience du public sur ces déterminants.

Pour Margaret Chan, directrice de l'OMS, les systèmes de santé ne tendent pas naturellement vers l'équité. « Il faut faire un effort de direction sans précédent afin d'amener tous les acteurs, même à l'extérieur du secteur de la santé, à examiner leurs effets sur la santé », a-t-elle dit.

Un engagement

Selon le rapport, de nombreux pays se sont engagés à améliorer les déterminants sociaux pour parvenir à une équité en matière de santé, et sont en train de développer des politiques pour s'y attaquer. C'est le cas du Canada, du Brésil, du Chili, de l'Iran, du Kenya, du Mozambique, du Sri Lanka, de la Suède et du Royaume-Uni.

Pour l'OMS, la richesse d'un pays ne détermine pas à elle seule l'état de santé de sa population. L'Organisation cite certains pays à bas revenus qui ont atteint des niveaux de santé satisfaisants malgré un revenu national relativement peu important. C'est le cas de Cuba, du Costa Rica, de la Chine, de l'État du Kerala en Inde et du Sri Lanka.

Enfin, la Commission recommande de « financer le système de santé par une taxation générale ou une assurance universelle ».

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