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Moscou à la recherche d'alliés

La crise géorgienne est au coeur des discussions lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui se tient cette année au Tadjikistan.

La crise géorgienne est au coeur des discussions au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui se tient cette année au Tadjikistan.

Photo : AFP / AFP PHOTO / RIA NOVOSTI / KREMLIN POOL / MIKHAIL KLIMENTYEV

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Craignant de se retrouver isolée sur la question géorgienne, la Russie a lancé, sans grand succès jusqu'ici, une offensive diplomatique auprès de la Chine et de ses principaux voisins dans l'espoir de gagner leur soutien.

La diplomatie russe n'a été en mesure, jusqu'ici, que de convaincre le Bélarus de se ranger derrière Moscou au sujet du conflit géorgien et de l'indépendance accordée à l'Abkhazie et à l'Ossétie du Sud.

Et encore, si le président bélarusse Alexandre Loukachenko a déclaré, jeudi, que « la Russie n'a pas eu d'autre choix que de soutenir la demande des peuples de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie », il s'est abstenu de reconnaître lui-même les deux républiques autoproclamées.

Plus tôt, le président russe, Dimitri Medvedev, s'est rendu à Douchanbe, capitale du Tadjikistan, en Asie centrale, pour rencontrer, dans le cadre d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), ses homologues du Tadjikistan, de l'Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Kazakhstan et de la Chine.

Le président Medvedev espérait à cette occasion convaincre les membres de l'OCS de jeter les bases d'une possible alliance stratégique autour de la Russie, destinée notamment à contrer l'influence de l'OTAN.

Il semblerait cependant que la diplomatie russe n'ait pas vraiment été en mesure d'obtenir une déclaration forte et sans équivoque des dirigeants asiatiques présents à Douchanbe.

Ainsi, si la déclaration finale signée par les six participants au sommet salue expressément le plan de paix européen et reconnaît, dans ce contexte, le « rôle actif » de la Russie dans la résolution du conflit géorgien, l'OCS tient néanmoins à exprimer sa « grave inquiétude » au sujet des tensions dans cette région.

Et, comme il fallait s'y attendre, les signataires « appellent les parties à résoudre leurs désaccords par un dialogue pacifique et à s'efforcer de faciliter la réconciliation et les pourparlers ».

Une déclaration forte de soutien à l'intervention russe dans le Caucase aurait été très surprenante de la part de la Chine.

En effet, bien qu'il se soit rangé aux côtés de la Russie à maintes reprises par le passé, Pékin craint qu'en appuyant la reconnaissance russe de l'indépendance ossète et abkhaze, il encourage des mouvements séparatistes à l'intérieur même du territoire chinois.

Les autres membres de l'OCS craignent quant à eux qu'un appui trop franc à la Russie n'entraîne une détérioration de leurs relations politiques et commerciales avec l'Europe et les États-Unis.

Union européenne

L'Union européenne va réunir ses membres, lundi, pour discuter des mesures à prendre contre Moscou et condamner la reconnaissance par la Russie des régions séparatistes géorgiennes.

C'est du moins ce qu'a annoncé jeudi le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, à l'occasion d'une conférence des ambassadeurs, à Paris.

Il a précisé que le rôle de la France, en tant que présidente de l'Union européenne, était de « faire l'unité des idées des autres » Européens. Il a ajouté que son pays tente « d'élaborer un texte fort » pour signifier sa « volonté de ne pas accepter » l'attitude de Moscou en Géorgie.

La France a ainsi évoqué la possibilité de sanctions contre Moscou que ses partenaires d'Asie centrale ont refusé de soutenir dans sa démarche.

Toutefois, selon des diplomates cités par Reuters, la plupart de ses membres rechignent à sanctionner sévèrement la Russie au conseil européen.

De plus, Vladimir Tchizhov, l'ambassadeur de Moscou auprès de l'UE, a dit douter que les pays de l'Union adoptent des sanctions parce qu'il en résulterait un plus grand tort pour leurs économies que pour la Russie. D'ailleurs, les options de l'Union européenne concernant des sanctions semblent limitées.

Un point de vue

En entrevue à l'AFP, le politologue allemand Stefan Meister croit aussi que « les possibilités des Européens sont relativement limitées ». Il croit que l'une des options serait de geler les discussions sur l'accord de partenariat entre l'Union européenne et la Russie.

Il ajoute qu'il « sera difficile de trouver un accord au sein de l'Union européenne » sur des sanctions. Si les pays baltes et la Pologne militent pour une attitude plus dure envers Moscou, « des pays comme l'Allemagne, la France ou l'Italie ne veulent pas d'une escalade ».

Le politicologue évoque le danger que « cette menace se retourne contre l'Union européenne à cause de sa grande dépendance énergétique envers la Russie ». En effet, les Européens attendent de Moscou des garanties sur leurs importations en gaz et pétrole russes.

Il est douteux que Moscou considère ça vraiment comme une menace.

Stefan Meister
Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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