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Découvrir les Juifs de Québec

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Le rabbin Irving Kleinman, photographié à l'intérieur de la synagogue de la rue Crémazie, vers 1949 (détail)

Photo : Archives Exposition Shalom Québec

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une exposition présentée à la gare du Palais raconte la fascinante histoire des Juifs de Québec. Parcours d'une petite communauté au grand impact.

Qu'est-ce que les anciens magasins Pollack, Norman et St. Lawrence Clothing ont en commun?

Ces entreprises qui ont marqué l'histoire de Québec ont toutes appartenu à des entrepreneurs québécois d'origine juive.

Intitulée Plusieurs fibres, une même étoffe: les Juifs de Québec, 1608-2008, une exposition raconte la fascinante histoire de ce groupe méconnu de la capitale. Elle est à l'affiche jusqu'au 28 septembre à la gare du Palais.

Un site web présente également les familles, les lieux et les événements qui ont forgé cette communauté, dont les origines remontent au milieu du 19e siècle.

« La communauté juive de Québec n'est pas nombreuse, mais son apport a été important », précise Simon Jacobs, concepteur de l'exposition.

Londonien de naissance, ce violoniste de l'Orchestre symphonique de Québec a fait de l'histoire de sa communauté une véritable passion.

Au cours des années 50 et 60, la communauté juive de Québec atteint son sommet et compte de 500 à 600 personnes. Aujourd'hui, elle réunit moins de 200 membres.

Entrepreneurs, peddlers ou ingénieurs

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M. Charron, colporteur puis entrepreneur

Photo : Mme Evie Lax

Difficile de savoir si des colons d'origine juive se sont établis à Québec à l'époque de la Nouvelle-France. Documents et autres traces écrites sont, pour ainsi dire, inexistants.

Officiellement, l'édit de Nantes, proclamé en 1685 sous Louis XIV, les empêche de venir s'implanter dans le Nouveau Monde.

On sait toutefois que des Juifs commencent à débarquer après la Conquête de 1759. « Ils sont venus avec l'armée britannique », raconte Simon Jacobs.

À l'instar de nombreux coreligionnaires, John Franks, par exemple, épousera une Canadienne française et se convertira au catholicisme.

L'immigration juive se révèle plus importante au 19e siècle. Vers 1850, la communauté compte environ 100 personnes à Québec.

Tous ne sont pas d'origine britannique. Bon nombre viennent de Russie, de Pologne et d'ailleurs en Europe. Ils ne maîtrisent souvent ni l'anglais ni le français.

Certains, comme Sam Charron, se feront d'abord colporteurs. D'autres deviendront de prospères hommes d'affaires ou de grands pionniers. Voici quelques exemples:

  • Sigismund Mohr: ingénieur juif allemand et créateur du premier système téléphonique de Québec (années 1870)
  • Maurice Pollack: juif d'origine roumaine et fondateur du magasin Pollack (1906)

D'anglophone à francophone

L'exposition nous en apprend beaucoup sur les institutions, passées et présentes, de la communauté.

Ainsi, la première synagogue, appelée Bais Israel (Maison d'Israël), naît en 1852 en haute ville. Une deuxième est établie en 1907 dans le quartier Saint-Roch.

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Seule photo existante de la synagogue située sur la rue Sainte-Marguerite, des années 1910 aux années 1960 (détail)

Photo : Archives Exposition Shalom Québec

Québec abrite aussi le plus ancien cimetière juif toujours utilisé en Amérique du Nord. Situé non loin de l'Université Laval, il a été fondé au début des années 1850.

À partir des années 1960, la communauté juive de Québec amorce un déclin. La montée du nationalisme québécois n'en est pas nécessairement la cause, de l'avis de Simon Jacobs.

« De nombreux enfants vont étudier à Montréal, à Toronto ou ailleurs et leurs parents les suivent peu à peu », explique l'instrumentiste québécois.

Naguère de souche ashkénaze européenne, davantage intégrée au milieu anglophone, la communauté juive de Québec est aujourd'hui majoritairement sépharade nord-africaine et francophone.

Après Québec, l'exposition Plusieurs fibres, une même étoffe: les Juifs de Québec, 1608-2008 partira en tournée à Montréal, à Toronto et dans l'Ouest du pays.

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Vue de l'exposition présentée à la gare du Palais

Photo : Zoomcreation

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