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Repères biographiques

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Portrait de John McCain, candidat républicain à la présidentielle américaine.

John McCain est né le 29 août 1936 à la base militaire Coco Sol, à Panama, à l'époque où le canal du même nom était géré par les Américains. Il pourrait à ce titre devenir le premier président américain né à l'extérieur d'un des 50 États américains.

Il est le fils de John S. McCain Junior, mort en 1982, et de Roberta Wright McCain, aujourd'hui âgée de 96 ans. Il a une soeur aînée, Sandy, et un frère cadet, Joe.

Le père et le grand-père de John McCain ont tous deux été des amiraux 4 étoiles dans la marine américaine. Un contre-torpilleur de la 7e Flotte américaine a d'ailleurs été baptisé en l'honneur des deux hommes.

La famille voyage au gré des assignations que son père reçoit de la marine américaine, de sorte que John McCain fréquentera de nombreuses écoles avant que la famille ne s'établisse finalement à Alexandria, en Virginie, où il termine son cours secondaire. Suivant les traces de son père et de son grand-père, il s'inscrit à l'Académie navale d'Annapolis, au Maryland, dont il ressortira diplômé en 1958.

Famille, revenus, foi

John McCain s'est marié une première fois en 1965 avec la mannequin Carol Shepp. Il a adopté ses deux enfants, Douglas et Andrew, et le couple a eu une fille, Sidney.

Le couple divorce en 1980, quelques mois après que John McCain eut entrepris une relation extraconjugale avec Cindy Hensley, fille unique du fondateur de Hensley & Co, l'un des principaux distributeurs de bières Anheuser-Busch aux États-Unis. Elle en deviendra d'ailleurs présidente à la mort de son père, en 2000.

John McCain et Cindy Hensley ont eu trois enfants: Meghan, en 1984, John Sidney IV, en 1986, et James, en 1988. Le couple a adopté en 1991 une petite fille originaire du Bangladesh, où Mme Hensley s'était rendue pour aider les victimes d'un cyclone.

Pour l'année 2007, John McCain a déclaré un revenu total de 420 000 $ provenant essentiellement de son salaire de sénateur et de la vente de ses livres, mais aussi de sa pension de la marine américaine. Il a payé un peu plus de 84 000 $ en impôts. Les finances de sa femme sont gérées séparément, en vertu d'un accord signé avant leur mariage, et n'ont pas été dévoilées.

Sur le plan religieux, John McCain a grandi au sein de l'Église épiscopalienne et y a été très longtemps associé. En septembre dernier, il a toutefois déclaré qu'il était baptiste, et ce, depuis plusieurs années.

Vie militaire

À sa sortie de l'Académie navale d'Annapolis, il est envoyé à Pensacola, en Floride, où il apprend à piloter des avions d'assaut, des appareils conçus pour voler à basse altitude afin de pouvoir attaquer des troupes ennemies ou des chars et ainsi soutenir des offensives de l'armée de terre. Il a la réputation d'être peu discipliné et noceur.

En 1960, on le désigne pilote de bombardiers d'appui tactique AD Skyraider sur les porte-avions USS Intrepid et USS Enterprise, déployés dans les Caraïbes et en mer Méditerranée. Au cours de ces premières années, il survit à deux écrasements d'avion et à une collision avec des lignes électriques en volant à basse altitude en Espagne.

À 30 ans, il demande et obtient de participer à des missions de combat. On l'envoie piloter des A-4 Skyhawks sur le porte-avions USS Forrestal, qui participe à la guerre du Vietnam. En juillet 1967, il est pratiquement tué lorsqu'un accident provoque un gigantesque incendie qui tuera 134 marins. Une bombe explose tout près de lui lorsqu'il tente de porter secours à un collègue et des fragments le blessent à la poitrine et aux jambes.

Il est réassigné à l'OSS Oriskany, mais il ne restera guère longtemps: le 26 octobre 1967, pendant qu'il participe à sa 23e mission dans l'espace aérien nord-vietnamien, son avion est abattu par un missile.

Avec les deux bras et une jambe fracturés, il s'éjecte de l'appareil et atterrit, en parachute, dans le lac Truc Bach, où il évite la noyade de justesse. Lorsqu'il regagne la rive, il est assailli par des Nord-Vietnamiens. Un homme lui brise une épaule à coups de mitraillette et il reçoit des coups de baïonnettes.

5 ans et demi de captivité

Ainsi commence la première journée d'une captivité qui durera jusqu'au 14 mars 1973. McCain raconte que ses geôliers ont d'abord refusé de le transporter à l'hôpital, mais qu'ils ont changé d'avis après avoir découvert qui était son père. Ce dernier dirigeait alors le commandement du Pacifique.

Après avoir passé six semaines à l'hôpital, il est placé en isolement et le restera pendant 2 ans. Quelques semaines plus tard, les Nord-Vietnamiens proposent de le libérer pour des raisons de propagande, mais McCain exige que tous les prisonniers américains soient libérés en même temps que lui, ce qui est refusé.

À partir d'août 1968, il est régulièrement torturé. Il signe une première « confession », mais le regrette et refuse d'en signer d'autres. Il continuera d'être régulièrement torturé jusqu'à sa libération. Sa réhabilitation durera de longs mois.

En 1977, il devient officier de liaison pour la marine auprès du Sénat américain, une fonction qui le mènera graduellement à sa carrière politique. Il quitte l'armée le 1er avril 1981, avec le grade de capitaine, et reçoit une rente d'invalidité en raison de ses blessures.

Son travail au sein de la marine américaine a été récompensé par plusieurs distinctions militaires, pour des évènements survenus avant, pendant et après sa captivité.

Vie politique

De retour à la vie civile, McCain s'installe en Arizona, où il travaille d'abord pour la compagnie de sa belle-famille, Hensley & Co, à titre de vice-président aux relations publiques. L'expérience, qui lui permet de rencontrer des gens influents, est toutefois de courte durée.

En 1982, il brigue un siège à la Chambre des représentants, en bénéficiant notamment de l'appui financier de sa femme. Il remporte une primaire républicaine chaudement contestée, défait le candidat démocrate et fait son entrée au Congrès. Il sera réélu en 1984.

En 1986, il brigue le siège de sénateur laissé vacant par le républicain Barry Goldwater et l'emporte par une confortable marge. D'entrée de jeu, il est membre de la commission sénatoriale sur les vétérans, avec laquelle il avait travaillé 10 ans plus tôt à titre d'officier de liaison de la marine.

Son premier mandat est marqué par le scandale des Keating Five. McCain fait partie d'un groupe de cinq sénateurs contactés par l'homme d'affaires Charles Keating afin d'éviter que l'organisme gouvernemental Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage Corporation) ne saisisse les avoirs de la Lincoln Savings and Loan Association. La direction de Freddie Mac affirmera lors d'une enquête que les sénateurs, dont McCain, sont intervenus en faveur de Keating. Le scandale révélera que McCain a reçu d'importantes contributions électorales de la part de Keating et de ses proches, et que sa belle-famille a effectué des investissements avec lui. Qui plus est, la famille de McCain a voyagé à bord du jet privé de Keating, des voyages qu'il ne remboursera que beaucoup plus tard. McCain sera blâmé par la commission sénatoriale de l'Éthique dans cette affaire. Il reconnaîtra plus tard avoir mal agi dans cette affaire, ce qui ne l'empêchera pas d'être réélu pour un deuxième mandat, en 1992.

Sa réputation de politicien indépendant et opiniâtre prend ensuite de l'ampleur, grâce à la campagne qu'il mène avec le sénateur démocrate Russ Feingold pour mieux encadrer les contributions électorales, et ce, malgré un fort mouvement d'opposition comprenant à la fois des politiciens et de grandes entreprises. Il est réélu sans difficulté en 1998.

En septembre 1999, il se lance dans la course à l'investiture républicaine contre le favori, Georges W. Bush. Il enfourche une fois de plus son principal cheval de bataille: combattre les jeux de coulisses et les intérêts particuliers qui ont cours à Washington.

McCain remporte l'importante primaire du New Hampshire, mais l'euphorie est de courte durée. Bush remporte la primaire de Caroline du Sud avant de sortir victorieux du super mardi. McCain baisse pavillon quelques jours plus tard et appuie finalement Georges W. Bush.

Après l'élection présidentielle, McCain démontre rapidement qu'il n'a pas perdu son indépendance en s'opposant à différentes politiques de l'administration Bush. Il est notamment l'un des rares républicains à s'opposer aux premières baisses d'impôt proposées par l'administration.

La loi McCain-Feingold est par ailleurs adoptée en 2002, sept ans après avoir été présentée pour la première fois. Il s'agit sans contredit d'un de ses plus hauts faits d'armes en politique.

Après les attentats du 11 septembre 2001, il soutient la guerre en Afghanistan, contribue à créer la commission d'enquête sur les attentats terroristes et participe activement à rédiger la loi qui place la sécurité des aéroports sous la responsabilité d'une agence du nouveau département de la Sécurité intérieure.

Un peu plus tard, il appuie aussi fermement la guerre contre l'Irak et s'oppose à de nouvelles baisses d'impôt, qu'il jugeait inappropriées en temps de guerre. Il critique toutefois la gestion des opérations sur le terrain ainsi que le travail du secrétaire à la Défense de l'époque, Donald Rumsfeld.

En 2004, il est réélu au Sénat par une majorité écrasante. Deux ans plus tard, il soutient de nouvelles baisses d'impôt de l'administration. Son troisième mandat est aussi marqué par son appui inébranlable en faveur d'une réforme de l'immigration qui aurait régularisé la situation de millions d'immigrants illégaux. Cette loi ne sera finalement jamais adoptée.

En 2007, il soutient activement la politique de renforcement de l'armée américaine en Irak, qui se traduit par le déploiement de 30 000 soldats supplémentaires sur le terrain.

Le 25 avril, il annonce qu'il brigue l'investiture républicaine en vue de la présidentielle de 2008.

Goûts personnels

L'organisme indépendant Project Vote Smart recense différentes préférences des candidats. En voici une liste concernant le sénateur McCain:

Livre favori: Pour qui sonne le glas, d'Ernest Hemingway.

Films favoris: Viva Zapata, Lettres d'Iwo Jima, Certains l'aiment chaud.

Musiciens favoris: Chuck Berry, Roy Orbison.

Sports favoris: randonnée, pêche, boxe, basketball, football et baseball.

Héros personnels: Theodore Roosevelt, Ronald Reagan et Barry Goldwater.

Sources: New York Times, Washington Post, CNN, The Library of Congress, Project Vote Smart, extraits de biographies.

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