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Confusion sur le terrain

Radio-Canada

Des informations contradictoires sur la nature de la présence russe dans la ville stratégique de Gori fusent de partout. L'équipe de Radio-Canada est prise à partie par un homme armé.

En Géorgie, il est très difficile de savoir exactement la situation et il est proprement impossible de savoir ce qui se passe dans la ville de Gori, jeudi.

Les autorités russes, le gouvernement géorgien et les journalistes étrangers déployés sur le terrain rapportent des informations contradictoires qui changent de minute en minute.

Ainsi, alors qu'on rapportait plus tôt, sur la base de ce qu'affirmait le gouvernement géorgien, que les forces russes déployées dans la ville stratégique de Gori avaient entamé leur retrait. Mais ce même gouvernement laisse désormais entendre que le contingent russe renforce ses positions.

Un homme armé est venu interrompre le travail de journalistes près de Gori.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un homme armé est venu interrompre le travail de journalistes près de Gori.

Selon des journalistes présents aux limites de Gori, une ville située à une soixantaine de kilomètres seulement de la capitale, Tbilissi, une série d'explosions et des tirs d'artillerie ont été entendus dans le centre de la ville. Ils affirment que des troupes russes se trouvent toujours dans la ville.

Des policiers chargés de contrôler la circulation aux abords de la ville ont toutefois indiqué à l'agence AP, plus tôt, jeudi, que des soldats géorgiens sont entrés dans la ville pour y chercher de possibles obus non explosés, ce qui pourrait apporter une explication aux explosions entendues.

Des témoins disent pour leur part que les Russes sont présents pour arrêter des affrontements entre militaires géorgiens et ossètes.

Selon l'état-major russe, les soldats déployés dans la ville se consacrent à des missions de reconnaissance, une explication que conteste le ministère géorgien de l'Intérieur pour qui ces troupes posent des mines et détruisent la ville.

Les aléas du reportage en zone de guerre

Travailler en zone de guerre est toujours une tâche périlleuse, et ce conflit n'y fait pas exception. Notre journaliste Alexandra Szacka et son caméraman en ont fait l'expérience, jeudi, après avoir passé les lignes géorgiennes, au nord de Tbilissi. Alors qu'ils attendaient pour entrer dans Gori, en compagnie d'autres journalistes, ils ont été menacés par un homme armé portant un uniforme militaire.

L'homme a sorti un pistolet de sa poche et a tiré en l'air avant de réclamer les clés du véhicule utilisé par l'équipe de Radio-Canada. L'homme y a pris place et s'est enfui avec tout le matériel de notre équipe, à l'exception de la caméra. Depuis le début du conflit, il y a une semaine, trois journalistes, un caméraman et un chauffeur-interprète ont perdu la vie, selon Reporters sans frontière et le Committee to Protect Journalists. Plusieurs autres ont été blessés.

Selon un responsable géorgien, des blindés russes sont entrés dans le port de Poti, sur la mer Noire. Un employé du port contacté par l'agence Reuters a confirmé cette information, expliquant que les troupes russes ne sont pas entrées dans le port en tant que tel, mais qu'elles se sont plutôt dirigées vers une base militaire voisine.

Toujours selon l'état-major russe, ce sont des « forces de maintien de la paix » qui sont entrées jeudi matin dans Poti.

Mercredi, les autorités géorgiennes et russes ont diffusé tout au long de la journée des informations contradictoires similaires.

Difficile accès pour les humanitaires

Entre-temps, l'aide humanitaire est acheminée tant bien que mal vers la Géorgie. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), quelque 100 000 personnes ont fui l'Ossétie du Sud depuis le début des combats. Environ 30 000 auraient trouvé refuge en Ossétie du Nord, en territoire russe, et 70 000 seraient toujours en territoire géorgien, principalement aux environs de Gori.

Depuis le début de la semaine, au moins six appareils se sont posés à l'aéroport de Tbilissi, soit deux avions du Programme alimentaire mondial (PAM), deux autres affrétés par le HCR et deux envoyés C-17 par le gouvernement américain. Les avions du PAM transportaient des biscuits à haute teneur caloriques; les autres contenaient surtout du matériel médical, des tentes, des couvertures et de l'eau potable.

L'accès aux réfugiés demeure toutefois un problème. Le porte-parole du département d'État américain a précisé jeudi que la cargaison du premier C-17 arrivé en Géorgie, mercredi, avait été placée dans des entrepôts du gouvernement en attendant d'être distribuée. Le HCR a également lancé un appel en faveur d'un accès sans entrave aux déplacés.

L'agence onusienne rapporte qu'une de ses équipes, envoyée en mission dans la région de Gori pour évaluer les besoins, a reçu le même traitement que l'équipe de Radio-Canada: ils se sont fait voler deux véhicules à la pointe d'un fusil par des hommes portant un uniforme non identifiable. Le HCR précise que les véhicules ont été retrouvés un peu plus tard.

Le Comité international de la Croix-Rouge a pour sa part annoncé jeudi qu'elle venait d'obtenir le feu vert pour venir en aide aux civils touchés par le conflit. « Les autorités russes, ossètes du sud et géorgiennes sont prêtes dans le principe à nous ouvrir un accès, mais on nous a dit qu'il y avait encore des problèmes de sécurité », a déclaré une porte-parole à Reuters. « Nous n'irons pas ce soir parce qu'il fait déjà nuit. Mais nous espérons pouvoir y aller le plus vite possible. »

La GéorgieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'oléoduc relie Bakou en Azerbaïdjan au port de Ceyhan en Turquie en passant par -Tbilissi en Géorgie.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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