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La guerre diplomatique

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président américain demande à la Russie de « respecter la souveraineté territoriale » de la Géorgie. Moscou réplique que Washington doit choisir entre ses intérêts en Géorgie et ses relations avec lui.

La guerre de mots se poursuit entre Washington et Moscou au sujet de l'intervention militaire russe en Géorgie.

Dans une déclaration, le président américain George W. Bush a demandé mercredi le retrait des troupes russes qui sont en Géorgie.

Annonce de G. BushAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président Bush accompagné de Condoleezza Rice et de Robert Gates.

Photo : AFP / SAUL LOEB

Il a dit avoir reçu des informations selon lesquelles Moscou n'avait pas cessé ses opérations militaires en Géorgie. Elles confirment que le plan de paix européen, qui a pourtant été accepté par les deux parties, ne tient plus vraiment.

De plus, Washington demande à la Russie de « respecter la souveraineté territoriale » de la Géorgie.

Pour commencer à réparer les dommages faits à ses relations avec les États-Unis, l'Europe et d'autres pays et pour commencer à restaurer sa place dans le monde, la Russie doit tenir sa parole et agir pour mettre un terme à cette crise.

Une citation de :George W. Bush

Au cours de la matinée mercredi, le président américain s'était entretenu au téléphone avec son homologue géorgien Mikhaïl Sakaachvili.

Pendant ce temps, la situation sur le terrain demeurait chaotique.

Rice en France

La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, qui était aux côtés de M. Bush, a elle aussi mis la pression sur Moscou. Mercredi, Mme Rice a exigé que la Russie mette immédiatement fin à ses opérations militaires en Géorgie.

Mme Rice a ajouté que la Russie risquerait de s'isoler davantage si elle violait le cessez-le-feu conclu mardi.

Mme Rice doit quitter Washington en soirée pour se rendre en France, qui exerce actuellement la présidence de l'Union européenne, pour faire le point sur la situation.

Elle sera reçue par le président français Nicolas Sarkozy jeudi matin à l'Élysée.

L'administration Bush a aussi annoncé que les Américains allaient livrer des fournitures médicales et de la nourriture. Tout en demandant aux Russes de ne pas empêcher cette mission humanitaire, le président a mentionné qu'elle durera le temps qu'il faudra.

D'ailleurs, un avion-cargo avec à son bord une aide d'urgence est déjà arrivé mercredi dans la capitale géorgienne Tbilissi. Il est déjà prévu que les États-Unis utiliseront dans les prochains jours leurs avions et leurs navires de guerre pour envoyer du matériel médical.

Les Américains s'attendent à ce que la Russie assure l'ouverture de toutes les voies de communication et de transport, notamment les ports, les aéroports, les routes et l'espace aérien, pour permettre la livraison de l'aide et la libre circulation des civils.

Moscou peu impressionné

Le gouvernement russe n'a pas mis de temps à réagir aux propos du président Bush et de sa secrétaire d'État.

Dans une déclaration télévisée, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a soutenu que les États-Unis devaient choisir entre leur soutien au gouvernement géorgien et un « partenariat réel » avec la Russie.

Le ministre est allé plus loin en qualifiant la Géorgie de « projet spécial des États-Unis ». « Nous comprenons au bout du compte que la direction géorgienne est un projet spécial des États-Unis. Et nous comprenons que les États-Unis se font du souci pour le sort de ce projet », a-t-il affirmé.

M. Lavrov en a aussi profité pour rappeler que « toutes ces années la Géorgie a été armée notamment par les États-Unis [et que la Russie] a prévenu à plusieurs reprises ses partenaires américains que c'était un jeu dangereux qui pouvait se terminer par une aventure déclenchée par la Géorgie. »

Rappelons que les États-Unis font pression depuis longtemps en faveur de l'entrée de la Géorgie au sein de l'OTAN. Mais plusieurs pays européens, dont la France, s'y opposent, soulignant que l'adhésion de l'ancienne république soviétique au sein de l'Alliance atlantique pourrait miner l'équilibre entre l'Europe et la Russie.

La Russie s'inquiète de son côté d'une éventuelle extension de l'OTAN jusqu'à ses frontières.

Des relations houleuses

D'autre part, la présidence ukrainienne a imposé mercredi par décret des limitations sur les mouvements de la flotte russe de la mer Noire basée en Ukraine. Elle est engagée dans le conflit armé entre la Russie et la Géorgie.

Les navires de guerre et l'aviation russe doivent ainsi prévenir les militaires ukrainiens au moins 72 heures à l'avance et obtenir l'accord de Kiev pour quitter leur port d'attache de Sébastopol, en Crimée, ou pour y retourner.

Si ces exigences ne sont pas remplies, les autorités ukrainiennes pourront alors demander aux aéronefs de la flotte russe de la mer Noire ainsi qu'aux bateaux de guerre et de ravitaillement de quitter immédiatement le territoire ukrainien. Les navires de la flotte de la mer Noire qui sont déjà au large de la Géorgie ne sont toutefois pas concernés par ce décret.

Des sources diplomatiques russes ont aussitôt qualifié de « politique » la décision de Kiev. Elles considèrent que l'Ukraine s'est rangée du côté de Tbilissi dans le conflit qui l'oppose à Moscou.

D'ailleurs, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko s'était rendu mardi soir à Tbilissi en compagnie de ses homologues polonais, estonien et lituanien et du premier ministre letton pour exprimer sa solidarité avec la Géorgie.

Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé le décret qu'il qualifie de « grave mesure antirusse ». Il précise qu'il complique les « activités pratiques de la flotte » et qu'il est en contradiction directe avec l'accord russo-ukrainien de 1997 sur le stationnement de la Marine russe à Sébastopol, dans le sud de l'Ukraine.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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