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Moscou envahit la Géorgie

Des blindés russes font route vers la capitale ossète.

Des blindés russes font route vers la capitale ossète.

Photo : La Presse canadienne / ORT Russian Channel 1 television

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un violent conflit a éclaté dans le Caucase, la Russie ayant décidé, en réaction à une intervention géorgienne dans la province séparatiste d'Ossétie du Sud, d'envahir ce pays.

La guerre en Ossétie du Sud s'est rapidement et brutalement transformée, vendredi, en un conflit ouvert entre la Russie et la Géorgie.

Ainsi, quelques heures seulement après le lancement d'une vaste opération de l'armée géorgienne en Ossétie du Sud afin d'y mater les séparatistes prorusses locaux, les chars russes déferlaient sur la province pendant que des bombardiers pilonnaient des bases militaires à proximité de la capitale géorgienne, Tbilissi.

Il semblerait que les combats qui font rage depuis la nuit dernière pour le contrôle de la capitale ossète, Tskhinvali, aient littéralement détruit la ville. Le président de l'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, a déclaré à l'agence russe Interfax que « l'agression georgienne » aurait fait 1400 morts. « Nous allons vérifier ce chiffre mais il est de cet ordre, sur la foi d'informations émanant des familles des victimes », a-t-il soutenu.

En fin de journée, le président georgien Mikheil Saakashvili est apparu à la télévision géorgienne. Il a affirmé que son armée contrôle « tout le territoire de l'Ossétie du Sud, à l'exception de Djava », une localité située au nord de la capitale ossète, Tskhinvali. Les combats, a-t-il affirmé, ont fait 30 morts parmi les troupes géorgiennes.

Plus tôt dans la journée, le ministère géorgien de l'Intérieur affirmait que les forces géorgiennes avaient perdu le contrôle d'une partie de la ville, une information corroborée par les déclarations du ministère russe de la Défense qui faisaient état, elles, de la « destruction » des positions géorgiennes autour de Tskhinvali.

Des chasseurs-bombardiers russes ont aussi attaqué des bases militaires géorgiennes à proximité de la capitale du pays, Tbilissi, y tuant plusieurs soldats géorgiens. La défense antiaérienne géorgienne affirme toutefois avoir été en mesure d'abattre au moins cinq appareils russes.

Le président Mikheil Saakashvili, qui appelle à l'aide la communauté internationale, a soutenu sur les ondes de CNN que l'opération russe s'apparente à l'invasion soviétique de l'Afghanistan, en 1979.

Moscou justifie la présence de ses troupes sur le territoire géorgien en arguant qu'il est nécessaire de renforcer l'actuelle force de maintien de la paix déployée en Ossétie du Sud pour prévenir un « bain de sang ». La Russie soutient qu'au moins dix soldats de maintien de la paix russes ont été tués, vendredi matin, lors de l'intervention armée géorgienne.

Le ministère russe des Affaires étrangères a d'ailleurs affirmé que les troupes russes en Ossétie ont constaté qu'un nettoyage ethnique s'y déroulait à l'heure actuelle.

Le président russe, Dmitri Medvedev, a averti, lors d'une réunion du Conseil de sécurité russe, vendredi, que son gouvernement « ne permettra pas que la mort de nos compatriotes reste impunie », promettant aux « coupables » le « châtiment approprié ».

Le coup de dés de Tbilissi

Rappelons que, dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée géorgienne a lancé une vaste offensive dans la province séparatiste d'Ossétie du Sud. La Géorgie se disait alors décidée à rétablir ce qu'elle appelle « l'ordre constitutionnel » dans la région.

Un ministre géorgien chargé du dossier ossète, Temour Iakobachvili, a déclaré quelques heures après le lancement de l'offensive que les forces géorgiennes avaient déjà pris le contrôle de huit villages ossètes.

Des centaines de volontaires originaires de Russie et d'Abkhazie se dirigent vers la région afin de prêter main-forte aux séparatistes ossètes qui combattent l'armée géorgienne.

L'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, deux territoires géorgiens qui se sont autoproclamés indépendants, ont conclu un accord d'assistance mutuelle afin de défendre leur fragile autonomie.

Le dirigeant abkhaze, Sergueï Bagapch, a indiqué, dans une entrevue à l'agence de presse russe Interfax, qu'il a ordonné à ses propres troupes de se masser le long de la frontière géorgienne, de crainte qu'une offensive en Ossétie ne soit suivie d'une offensive en Abkhazie.

Les hostilités ont débuté le 1er août lorsque des attaques au mortier des forces géorgiennes ont tué 6 Ossètes et blessé 12 autres. Depuis lors, des centaines de personnes ont fui vers la Russie.

L'Ossétie du Sud a fait sécession de la Géorgie au début des années 90. Elle a le soutien moral et financier de la Russie.

Le président géorgien accuse d'ailleurs Moscou d'être à l'origine des tensions. Il propose que la Russie soit garante de l'autonomie de l'Ossétie pour peu que la région reste sous le contrôle de la Géorgie.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, et Reuters

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