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L'Italie en ébullition

Eluana Englaro

Photo : AFP / Giuseppe Cacace

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'Italie est secouée par l'autorisation accordée au père d'une femme plongée dans un coma depuis 16 ans de mettre fin à son traitement.

Un cas de coma relance le débat sur l'euthanasie en Italie.

Eluana Englaro est plongée dans un état végétatif depuis 1992.

Sa famille demande depuis 9 ans l'autorisation de cesser de nourrir la femme maintenant âgée 37 ans.

Le 9 juillet dernier, la Cour d'appel de Milan a autorisé le père d'Eluana, Beppino Englaro, à interrompre « l'hydratation et l'alimentation forcées » de sa fille plongée dans le coma depuis un accident de la route.

À la suite de cette décision, Beppino Englaro avait déclaré: « Maintenant nous la libérerons ».

Une entrave

Mais jeudi soir, le procureur général de Milan a présenté une requête pour faire casser la décision de la Cour d'appel. Il soutient que les juges « n'ont pas établi avec suffisamment d'objectivité l'irréversibilité de l'état végétatif permanent » d'Eluana Englaro. Le procureur demande, en conséquence, la suspension immédiate de cette décision.

La Cour d'appel avait retenu deux arguments. L'état végétatif permanent était irréversible, d'une part, et la jeune femme aurait préféré mourir plutôt qu'être maintenue en vie de manière artificielle si elle avait pu s'exprimer, d'autre part.

Le recours du procureur général a pour effet de suspendre le jugement de la Cour d'appel. Il est donc impossible de mettre fin au traitement administré à Eluana hospitalisée à Lecco.

Vives réactions en Italie et ailleurs

Une bonne partie de la classe politique italienne et l'Église catholique sont opposées à l'euthanasie. Sur Radio Vatican, le président de l'Académie Pontificale pour la Vie, Mgr Rino Fisichella, a « dénoncé un acte d'euthanasie ».

Jeudi les députés se sont penchés sur le cas d'Eluana Englaro. Ils ont demandé au plus haut tribunal italien de dessaisir les juges. Ils estiment que se prononcer sur les modalités de fin de vie est une compétence qui relève du législateur. Les sénateurs doivent se prononcer, eux aussi, sur la proposition des députés.

Le cas de la jeune femme a soulevé la polémique non seulement en Italie, mais sur Internet. Les blogues entretenus par des catholiques rapportent les faits et gestes de tous ceux qui, en Italie, sont pour le maintien en vie d'Eluana. Par contre, les défenseurs de l'euthanasie saluent la décision de la Cour d'appel de permettre qu'on mette fin à l'alimentation de la femme.

Par ailleurs, le docteur Thaddeus Pope écrit sur son blogue: « Ce type d'euthanasie (passive et volontaire) dans le cas Englaro a toujours été le plus sainement justifié ». (The sort of euthanasia (passive voluntary) in the Englaro case has always been the most soundly justified. »)

Avec les informations de Agence France-Presse, et France 2 et France Info

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