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Radovan Karadzic arrêté

Radio-Canada

L'ancien responsable politique, accusé de crimes de guerre pour son implication dans les massacres de 1992 à 1995 en Bosnie et recherché depuis 13 ans, devra comparaître devant le Tribunal pénal international.

Radovan Karadzic, ancien responsable politique serbe bosniaque, en 2001Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Radovan Karadzic en 2001

Photo : AFP / Igor Dutina

La présidence serbe a annoncé lundi l'arrestation de l'ancien responsable politique serbe bosniaque Radovan Karadzic.

Accusé de crimes de guerre, il était recherché depuis 13 ans pour son implication dans le nettoyage ethnique en Bosnie, qui a eu lieu durant la guerre de 1992 à 1995.

Très peu d'informations ont été rendues publiques sur son arrestation. Dans un communiqué, le gouvernement serbe dit que « Radovan Karadzic a été localisé et arrêté dans la soirée » par les forces de sécurité serbes. Selon des sources proches du gouvernement, il aurait été arrêté à Belgrade. Il y est d'ailleurs détenu et devait comparaître dans la nuit de lundi à mardi devant un juge d'instruction.

Il sera transféré à La Haye pour y être jugé devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI). La date de son transfert à La Haye sera déterminée ultérieurement.

Une cinquantaine d'ultranationalistes ont manifesté devant les bureaux du tribunal de Belgrade pour protester contre cette arrestation.

À Sarajevo en revanche, la nouvelle a suscité la joie. Les Mères de Srebrenica, un groupe représentant les victimes du génocide perpétré dans cette ville, ont salué l'arrestation de Karadzic. Une responsable de cette association, Kada Hotic, a déclaré: « Justice a finalement été faite. Le criminel sera finalement confronté à ses faits. »

La Maison-Blanche a félicité les autorités serbes. L'Union européenne voit cette arrestation comme un pas en avant dans le rapprochement entre la Serbie et l'Europe.

Srebrenica au centre des accusations

M. Karadzic, psychiatre de formation, était en fuite depuis que le TPI l'a inculpé en 1995 de génocide et de crimes de guerre pendant le conflit en Bosnie. Il était notamment recherché pour son rôle dans le génocide de Srebrenica, en juillet 1995, au cours duquel 8000 hommes et garçons musulmans ont été tués.

Radovan KaradzicAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Radovan Karadzic

Photo : La Presse canadienne / Radivoje Pavicic

Radovan Karadzic, et son bras droit militaire Ratko Mladic, sont considérés comme les principaux responsables de ce massacre, le pire commis en Europe depuis 1945, soit depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il s'agit du seul événement du conflit bosniaque qui est considéré comme un génocide par le TPI.

Les autorités du TPI imputent aussi à Radovan Karadzic la responsabilité du siège de Sarajevo, qui a duré 43 mois. Il s'agit du plus long siège imposé à une ville européenne au 20e siècle.

En tout, le conflit en Bosnie a fait 260 000 morts et 1,8 million de déplacés.

Avec l'arrestation de Radovan Karadzic, il ne reste que deux responsables serbes recherchés par le TPI qui sont toujours en fuite. Il s'agit de Ratko Mladic, 66 ans, fidèle associé de M. Karadvic et accusé des mêmes crimes.

L'autre suspect recherché est Goran Hadzic, 49 ans. Il s'agit de l'ancien président de la république serbe auto-proclamée de Krajina, en Croatie. Il fait face à 14 chefs d'inculpation de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, notamment pour son rôle dans les meurtres de centaines de civils croates et la déportation de dizaines de milliers d'autres.

Rappelons que l'homme fort de l'ex-Yougoslavie et artisan du conflit en Bosnie, Slobodan Milosevic, est mort en mars 2006 dans la prison du TPI à La Haye avant la fin de son procès.

L'ancien président serbe était inculpé de plus de 60 chefs d'accusation de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité et de génocide pour son rôle dans les guerres en Croatie et Bosnie (1991-1995) et au Kosovo (1998-1999). Sa défense devait se terminer au cours du mois, et le TPI prévoyait de boucler son procès à la mi-2006.

Son procès avait débuté le 12 février 2002.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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