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Petite-Rochelle livre ses premiers secrets

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En 1758, plus de 1000 Acadiens, fuyant la déportation, se réfugient à l'embouchure de la rivière Restigouche et fondent Petite-Rochelle. Deux ans plus tard, le village sera brûlé par les soldats de Wolfe. Les archéologues fouillent maintenant ces vestiges.

Des archéologues ont entrepris de fouiller les vestiges de Petite-Rochelle, un ancien village acadien.

En 1758, plus de 1000 Acadiens, fuyant la déportation, se réfugient à l'embouchure de la rivière Restigouche et fondent Petite-Rochelle. Deux ans plus tard, les 200 maisons du village sont brûlées par les soldats britanniques, lors de la bataille de la Ristigouche.

Plusieurs historiens estiment que la bourgade a joué un rôle important dans la présence du peuple acadien en Gaspésie et dans le nord du Nouveau-Brunswick. L'année 2008 marque le 250e anniversaire de fondation du village, mais aussi le début de recherches plus approfondies sur le site.

Les premières fouilles ont commencé lundi. La découverte d'éclats de taille de pierre provenant de la fabrication de pointe de flèche et ainsi que celle d'une perle de verre blanc sont rapidement venues confirmer la présence amérindienne.

L'archéologue en chef, Jean-Yves Pintal, précise que ces objets témoignent d'une période charnière, soit celle des premiers contacts au 16e entre les Européens et les Autochtones. « Déjà, en moins de deux jours, on a trouvé deux sites d'intérêt et on n'a même pas encore touché au site de Petite-Rochelle à Pointe-à-la-Batterie », commente l'archéologue.

L'équipe, qui prévoyait récupérer les premières traces d'occupation française avant la fin de la semaine, a rapidement mis au jour les restes d'un foyer. Il est toutefois trop tôt pour dire s'il s'agit d'une trace du village disparu. « Mais par rapport à ce qui est connu dans les camps de réfugiés acadiens, notamment à Miramichi où il y a eu des fouilles similaires, ça ressemble passablement à ça », constate Jean-Yves Pintal.

La Société historique Machault, qui a commandé ces fouilles grâce à une subvention de 20 000 $ de Québec, estime que le site de Petite-Rochelle constitue un maillon important de l'histoire des Acadiens en Gaspésie.

Parmi les familles chassées de la Petite-Rochelle, il y avait des Arseneault, des Bernard, des Blanchard, des Bois, des Bourgeois. Ces patronymes de nombreuses familles acadiennes sont toujours présents des deux côtés de la baie des Chaleurs.

Le président de la Société d'historique Machault, André Grégoire, rappelle que les Acadiens installés à Petite-Rochelle ont offert une véritable résistance armée aux soldats britanniques. « On capturait des vaisseaux ennemis quand même. C'était une activité de corsaire », raconte André Grégoire.

Après le passage de l'armée de Wolfe, souligne M. Grégoire, l'Acadie s'est démembrée. « Le dernier chapitre de l'histoire des Acadiens s'est écrit ici », fait-il valoir.

Les archéologues seront sur place jusqu'à dimanche afin de localiser l'emplacement exact du village.

Si les recherches s'avèrent fructueuses et les vestiges importants, les responsables songent à mettre en place une mise en valeur plus importante du site acadien. Des fouilles plus étendues pourraient se dérouler l'an prochain.

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