•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Entrevue avec Emmanuelle Latraverse

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Emmanuelle Latraverse, correspondante de la télévision de Radio-Canada sur la colline du Parlement, s'apprête à partir pour l'Afghanistan. Comme les journalistes qui l'ont précédée, elle aura la tâche de couvrir la base militaire de Kandahar.

C'est votre première expérience en zone de guerre. Comment se prépare-t-on pour ce genre de voyage?

Il y a un côté éditorial, comme pour n'importe quel voyage. L'Afghanistan est un dossier qu'on suit de près ici, à Ottawa, mais, dans la mesure où on va être sur le terrain, ça dépasse le débat politique. Nos reportages, on l'espère, porteront davantage sur ce qui se passe là-bas. Il y a donc une recherche à faire en se basant sur des rapports, sur des revues spécialisées ou sur les services d'information qu'on peut trouver. Il faut aussi parler à nos contacts pour se mettre à jour concernant la situation là-bas afin de commencer à produire le plus tôt possible en arrivant.

En ce qui concerne la sécurité, on suit une formation pratique d'une semaine dans les environs d'Atlanta. Ce sont des cours intensifs sur les soins de santé en cas d'urgence: on apprend quoi faire et comment réagir. C'est certain que rien ne vaut l'expérience acquise sur le terrain, mais ces cours nous aident à développer les bons réflexes.

L'Afghanistan est un pays dangereux. Pourquoi avez-vous accepté de vous y rendre et de mettre votre vie en danger?

Il faut mettre les choses en perspective. Le travail de l'équipe de Radio-Canada, c'est d'aller couvrir la base militaire de Kandahar. Depuis novembre dernier, les différents réseaux canadiens (Global, CTV, CBC et Radio-Canada) ont mis leurs ressources en commun, et chaque réseau de télévision couvre la base pour les autres pour une période d'un mois. Donc, la première responsabilité, c'est de couvrir la base de Kandahar, ce n'est pas d'aller faire de l'exploration dans les montagnes.

Il faut bien comprendre que l'on est intégrés à l'armée sur place et que ce sont eux qui assurent notre sécurité. On a vu avec l'accident tragique qui est arrivé à nos collègues Patrice Roy et Charles Dubois que cette sécurité-là n'est pas à l'épreuve de tout. Les accidents peuvent arriver quand même. Objectivement parlant, sur l'échelle d'une couverture de plusieurs semaines, les forces armées nous procurent une sécurité très importante, qui permet de minimiser les risques. Mais les risques vont toujours être là.

Aurez-vous l'occasion de faire des sorties?

Une fois qu'on sera sur place, on verra ce qui se passe, par exemple, s'il y a la possibilité de faire un reportage sur un projet du gouvernement canadien ou de suivre l'entraînement de l'armée afghane. Notre confrère de CTV qui est là présentement est allé tourner un reportage sur la récolte de pavot. C'est évalué au cas par cas et en consultation avec nos patrons.

C'est un gros changement d'affectation, de la colline du Parlement à Kandahar...

C'est sûr qu'il y a une certaine appréhension. C'est quand même, sans vouloir surdramatiser, une zone très dangereuse. La réalité, c'est que ça fait huit ans que je couvre la politique et, pour mon développement en tant que journaliste, il faut que je m'intéresse à d'autres choses, que je fasse d'autres choses. De plus, l'Afghanistan est le plus gros enjeu d'affaires étrangères qui touche le Canada en ce moment. La combinaison des deux facteurs faisait que cette affectation-là, personnellement, je sentais que ne pouvais pas la refuser. J'étais surtout très flattée qu'on me l'ait offerte.

Est-ce que le fait d'être une femme dans un milieu si masculin est un atout ou un obstacle?

Je vous répondrai en revenant. Je n'ai pas d'inquiétude concernant le fait d'être une femme intégrée aux Forces canadiennes. Je suis habituée à travailler avec des collègues masculins. On n'est plus dans les années 50 ou 60, ce n'est pas à ce chapitre là. Mais c'est sûr que, quand on veut aller sur le terrain, être une femme implique qu'il faut prendre des mesures en ce qui concerne les vêtements, si ce n'est que par respect pour nos intervenants. A priori, je n'ai pas une grande inquiétude, peut-être que j'ai tort. Je le saurai mieux sur place.

Propos recueillis par Ximena Sampson.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.