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De l'uranium irakien au port de Montréal

Vue du Port de Montréal
Vue du Port de Montréal (archives)
Radio-Canada

Une énorme réserve d'uranium naturel concentré, vestige du programme nucléaire de l'ex-président irakien Saddam Hussein, a été achetée par une compagnie canadienne au coût de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Un navire contenant 550 tonnes d'uranium naturel concentré en provenance d'Irak est arrivé discrètement vendredi au port de Montréal.

La précieuse cargaison de yellowcake appartient au groupe canadien Cameco, qui en a fait l'acquisition du gouvernement irakien pour plusieurs dizaines de millions de dollars. Il s'agit du dernier grand vestige du programme nucléaire de l'ex-président irakien Saddam Hussein.

Le Port de Montréal a confirmé que la cargaison se trouvait toujours dans ses installations. Son personnel est formé pour s'occuper de ce genre de produit.

Le yellowcake, qui veut dire gâteau jaune en anglais, est un concentré d'uranium. Il s'agit d'une poudre jaune insoluble dans l'eau et qui contient environ 80 % d'uraninite.

Cette substance ne pose pas un grand risque si elle est conservée et scellée convenablement. Une exposition au dérivé d'uranium peut toutefois entraîner des risques connus pour la santé. Selon les experts, les risques sont semblables à ceux occasionnés par certains métaux lourds qui causent des dommages aux organes internes.

Contenant du groupe Cameco, spécialisé dans le nucléaire

Un porte-parole de Cameco, Lyle Krahn, a indiqué que l'uranium sera acheminé puis traité dans des raffineries ontariennes, à Port Hope et à Blind River, d'ici deux mois. Une fois raffiné, il sera vendu dans le monde et pourra servir de combustible dans des centrales nucléaires. Il s'agit d'une opération de routine, mis à part le fait que l'uranium provienne cette fois d'Irak.

« Nous sommes contents d'avoir retiré [l'uranium] d'une région explosive pour le déplacer vers un territoire plus stable et produire de l'énergie propre », a indiqué M. Krahn.

La réserve d'uranium a d'abord été transportée par avion, à partir de Bagdad, jusqu'à la base militaire américaine de Diego Garcia, dans l'océan Indien. Elle a ensuite été transportée par bateau jusqu'à Montréal.

Trajet de la cargaison d'uranium de Bagdad à Montréal

L'opération de transport, organisée par les Américains, a été gardée secrète pour empêcher que l'uranium ne tombe entre les mains d'insurgés ou de contrebandiers.

L'entente de vente de l'uranium irakien est le résultat d'initiatives diplomatiques et militaires lancées il y a un an. Ces discussions ont été tues pour éviter toute embuscade ou attaque contre le convoi.

Pour Dave Martin, de l'organisme Greenpeace Canada, l'opération associe, à leur insu, les Canadiens à la guerre en Irak. Du coup, elle fait du pays une cible pour les terroristes.

Avec les informations de La Presse canadienne