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L'ONU montre les dents

Radio-Canada

Tandis que le président Robert Mugabe siège au sommet de l'Union africaine à Charm el-Cheikh sans être ennuyé par ses pairs, les États-Unis déposent un projet de sanctions contre son régime au Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Nations unies entendent augmenter la pression sur le régime du président Robert Mugabe, réélu dans la controverse vendredi dernier. Plusieurs pays, dont le Canada, ont vivement dénoncé cette élection jugée illégitime, où la violence et l'intimidation ont eu raison de l'opposition.

Affiche d'un partisan de Robert MugabeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un partisan de Robert Mugabe arbore une affiche au message sans équivoque.

Photo : AFP / DESMOND KWANDE

Au Conseil de sécurité de l'ONU, les États-Unis ont décidé de passer à l'action en déposant un projet de résolution qui prévoit notamment un embargo sur les livraisons d'armes au Zimbabwe ainsi que le gel des avoirs de certains ressortissants zimbabwéens et d'entreprises du pays.

Selon l'agence Reuters, cette résolution stipule également que le Conseil de sécurité ne reconnaît pas la réélection de Robert Mugabe à la présidence du Zimbabwe. La résolution prévoit par conséquent une interdiction de déplacement ainsi que le gel des avoirs de toutes les personnes qui ont encouragé les violences politiques au cours de la campagne, ou encore aidé le régime Mugabe à torpiller le processus électoral.

« Nous sommes assurément partisans de pressions renforcées sur ceux qui, au Zimbabwe, sont responsables d'avoir corrompu le processus électoral et créé un climat par le biais duquel la volonté du peuple zimbabwéen a été écartée comme cela a été le cas lors de l'élection de vendredi », a commenté le représentant permanent de la Grande-Bretagne à l'ONU, John Sawers.

Washington prêt à agir seul

Ce projet de résolution doit être étudié et éventuellement soumis à un vote des pays membres au cours des prochains jours.

À Washington, l'administration du président Bush a averti lundi qu'elle s'en remettait à l'ONU pour l'adoption de nouvelles sanctions contre le régime Mugabe, mais qu'elle pourrait aussi agir unilatéralement si la situation le commande. « Nous allons faire pression pour une initiative forte des Nations unies, mais nous pouvons aussi agir unilatéralement. Cela pourrait prendre de multiples formes », laissé savoir la porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino.

Pas de vagues au sommet de l'Union africaine

Robert Mugabe au sommet de l'Union africaineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Robert Mugabe au sommet de l'Union africaine

Photo : AFP / Cris Bouroncle

Pendant ce temps, à Charm el-Cheikh, en Égypte, Robert Mugabe a été reçu lundi à titre de président du Zimbabwe au 11e sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA).

Avant même la confirmation de la reconduction de Mugabe au pouvoir, l'UA était soumise à une forte pression de l'Occident pour rejeter sa réélection.

Mais l'organisation panafricaine est divisée sur la question zimbabwéenne, particulièrement sur la validité du second tour de la présidentielle après le retrait de l'opposant Morgan Tsvangirai.

Pourtant, les observateurs électoraux de l'UA ont indiqué lundi que l'élection présidentielle au Zimbabwe n'avait pas été conforme aux « normes » démocratiques de l'organisation.

« Ce sommet marque un tournant [...]. Nous faisons face à divers défis qui requièrent que nous parlions d'une seule voix pour défendre les causes de l'Afrique », a déclaré le président égyptien Hosni Moubarak à l'ouverture de la réunion.

Le président en exercice de l'UA, le chef de l'État tanzanien Jakaya Kikwete, a appelé quant à lui la communauté internationale à travailler avec la Communauté des États d'Afrique australe (SADC) « pour trouver une solution à ce problème ». Il a qualifié la présidentielle zimbabwéenne d' « élection historique », estimant qu'il y « avait eu des signes positifs, mais aussi des défis ».

Une élection contestée

Une cascade de condamnations a suivi l'assermentation de Robert Mugabe, dimanche, pour un 6e mandat, à l'issue d'un scrutin entaché de violences et largement dénoncé par la communauté internationale.

Robert MugabeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Robert Mugabe à la veille du deuxième tour des présidentielles au Zimbabwe.

Photo : AFP / Alexander Joe

Âgé de 84 ans, dont 28 au pouvoir, Robert Mugabe a été reconduit dimanche à la tête du pays avec 85,51 % des suffrages. Il était gagnant de fait à l'issue d'un scrutin boycotté par son rival, Morgan Tsvangirai, du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) qui avait pourtant remporté le premier tour des élections présidentielles. M. Tsvangirai a décidé de se retirer de la campagne présidentielle après avoir été l'objet de plusieurs arrestations par la police et en raison des violences dont étaient victimes ses partisans.

Selon M. Tsvangirai, 200 000 personnes ont été déplacées, 10 000, blessées, et 90 membres du parti d'opposition, tués, depuis la déroute du parti de Robert Mugabe aux élections générales du 29 mars dernier.

L'Union africaine

L'Union africaine, créée en 2002 en Afrique du Sud, a succédé à l'Organisation de l'unité africaine (OUA). Elle a pour ambition de devenir un outil d'intégration, de stabilité et de développement plus efficace pour le continent.

Inspirée de l'Union européenne, du moins dans sa structure, l'UA regroupe 53 États membres. Parmi les organes constitutifs de l'UA figurent la Conférence, organe suprême qui regroupe les chefs d'État et de gouvernement, la Commission, chargée de l'application des politiques de l'Union, et le Conseil exécutif, formé de ministres.

Le Parlement panafricain, lancé en 2004, a été installé en Afrique du Sud.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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