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Vers des patrouilles conjointes permanentes

Patrouille maritime
Radio-Canada

Washington et Ottawa songent à signer un traité afin de permettre à des équipes conjointes de la Garde côtière américaine et de la GRC de patrouiller dans les deux pays, a appris Radio-Canada.

Le Canada et les États-Unis envisagent de signer un traité afin de permettre à des équipes conjointes de la Garde côtière américaine (US Coast Guard, USCG) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de patrouiller dans les deux pays.

Le projet émane d'une expérience tentée l'été dernier. Pendant deux mois, 25 agents de la GRC et autant de soldats de la USCG ont patrouillé conjointement les 100 kilomètres de frontière que les deux pays partagent dans les eaux du fleuve Saint-Laurent entre Cornwall, en Ontario, et Salaberry-de-Valleyfield, au Québec.

Les soldats américains, sous la supervision des agents de la police fédérale canadienne, ont pu procéder à plusieurs arrestations en sol canadien. Ils ont notamment intercepté 187 bateaux et saisi 100 kilogrammes de marijuana et plus d'un million de cigarettes de contrebande.

Normalement, la frontière maritime internationale qui sépare les deux pays empêcherait une telle opération.

Dans un rapport préliminaire de la GRC dont Radio-Canada a obtenu copie, la police fédérale canadienne et la Garde côtière américaine recommandent la signature d'un traité entre les deux pays afin de rendre ces patrouilles permanentes. Le Canada voudrait confier à ces équipes conjointes la protection des côtes est et ouest du pays ainsi que la voie maritime du Saint-Laurent, à la hauteur de Cornwall.

Les responsables policiers autant américains que canadiens évoquent les craintes d'attentats terroristes pour justifier le fait de donner un caractère permanent à l'expérience.

Le rapport recommande aussi d'associer la communauté mohawk d'Akwesasne au projet, nommé Shiprider. Il propose également d'élargir l'application du programme à une quinzaine d'autres localités, où le Canada et les États-Unis partagent des eaux communes.

À Ottawa, l'opposition a dénoncé le projet et a soutenu qu'il mettait en péril la souveraineté canadienne. « Pourquoi les conservateurs acceptent-ils que les agents américains fassent la loi en sol canadien, pourquoi renoncer à la souveraineté canadienne? », a demandé le député néo-démocrate Peter Julien.

Le ministre de la Sécurité publique du Canada, Stockwell Day, assure que la souveraineté du Canada est protégée et que le programme est un succès.

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