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Le cap des 150 $US

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La banque d'affaires Goldman Sachs, un des joueurs majeurs de la spéculation pétrolière mondiale, estime que le prix du baril de pétrole pourrait atteindre les 150 $US au courant de l'été. Des prix élevés qui suscitent la colère des camionneurs.

Les records qui sont battus l'un après l'autre sur les marchés mondiaux du pétrole depuis plusieurs mois devraient continuer d'alimenter les manchettes pour encore un certain temps.

Après Morgan Stanley, la banque d'affaires Goldman Sachs a estimé, lundi, qu'il faut s'attendre à ce que le prix du baril de pétrole brut atteigne le cap historique des 150 $US d'ici quelques semaines seulement.

Vendredi, le prix du baril a enregistré sa plus forte hausse en une seule séance de son histoire, bondissant de près de 11 $US pour atteindre un nouveau record historique, à 138,54 $.

Le mois dernier, ce sont les analystes de la même institution, Goldman Sachs, considérée comme l'un des spéculateurs les plus actifs dans le domaine pétrolier, qui ont prédit un baril à plus de 200 $US d'ici deux ans, une « méga hausse » imputable comme toujours, selon eux, au déséquilibre de l'offre et la demande.

Cette thèse d'un déséquilibre de l'offre et la demande a encore une fois été rejetée du revers de la main, lundi, par les principaux pays exportateurs de pétrole.

Lors d'une entrevue à la chaîne d'information arabophone Al-Jazira, le ministre du Pétrole du Qatar, Abdallah Al-Attiyah, a affirmé que « le problème, ce n'est pas du tout une crise de l'offre. Il n'y a pas de spectre de crise imminente de l'offre », ajoutant n'avoir vu nulle part dans le monde « des queues devant les stations-service ».

Des records à la pompe

Et s'il n'y a effectivement pas de queue dans les stations-service, il n'en demeure pas moins que la hausse vertigineuse du pétrole y a fait bondir le prix à la pompe un peu partout dans le monde.

Aux États-Unis, habitués à une essence à bas prix depuis des années, les prix moyens à la pompe ont franchi au cours du week-end dernier le record historique des 4 $US le gallon, soit environ 1,06 $US le litre. En comparaison, l'essence se vend actuellement, au Québec, en moyenne à 1,40 $ le litre. Il a par ailleurs atteint 1,51 $ lundi à Montréal. Et en Europe, il en coûte à un automobiliste parisien 2,41 $ en moyenne pour un litre d'essence.

En Europe, d'ailleurs, la grogne commence à se faire de plus en plus entendre pour dénoncer les hausses fulgurantes des prix de l'essence au cours des derniers mois.

Ainsi, révoltés par une hausse de plus de 35 % des prix du diesel depuis le début de l'année, des camionneurs espagnols, français et portugais ont entamé des mouvements de protestation dans plusieurs villes de ces trois pays. Selon la BBC, plus de 90 000 camionneurs espagnols ont pris part aux manifestations.

Les camionneurs espagnols ont commencé à bloquer l'accès aux autres camions à certains points de passages frontaliers entre la France et l'Espagne, n'hésitant pas à briser les véhicules de ceux qui tentaient de passer malgré tout.

Des centaines d'autres manifestants ont aussi été en mesure de bloquer les centres de distribution de carburant et plusieurs ports du pays. En Catalogne, une des régions les plus durement touchées par les mouvements de protestation, il semblerait que les réserves de 40 % des stations-service sont actuellement vides.

Et en Inde, la police a dispersé à grand renfort de canons à eau et de coups de matraque des centaines de fonctionnaires qui protestaient, eux aussi, contre la hausse des prix des carburants.

Le gouvernement indien a haussé les prix de l'essence et du diesel d'environ 10 % mercredi dernier.

Le pétrole fait la fortune des spéculateurs

Il est intéressant de noter que les grandes banques d'affaires telles Goldman Sachs ou Morgan Stanley, en prédisant des hausses fulgurantes à court terme du prix du pétrole, contribuent justement, en raison de leurs influences sur les marchés, à faire grimper ces mêmes prix.

Et il est encore plus intéressant de noter, sachant cela, que ces mêmes banques d'affaires ne sont pas que des observateurs neutres du secteur pétrolier, mais des joueurs majeurs qui engrangent des millions à chaque fois que le baril franchit un nouveau record.

Ainsi, un comité sénatorial américain chargé de se pencher sur l'impact de la spéculation sur le prix du brut a estimé que Goldman Sachs et Morgan Stanley ont chacune d'entre elles réalisé en 2005 des profits nets d'environ 1,5 milliard de dollars pour leurs seules activités de spéculation énergétique.

Ce même comité a aussi établi que le principal « trader », T. Boone Pickens, à la tête du fonds d'investissement BP Capital, a récolté à lui seul en 2005 entre 1 et 1,5 milliard de dollars en spéculant sur l'énergie, essentiellement pétrolière.

Le mensuel Trader Monthly, qui dresse une liste des spéculateurs les plus riches, rapporte que le fonds de M. Pickens a généré un retour sur investissement de plus de 700 % en 2005.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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