•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cinq présumés complices devant un juge militaire

Radio-Canada

À sa première audience devant un tribunal militaire d'exception, à la base navale de Guantanamo, à Cuba, le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 à New York affirme vouloir mourir en martyr.

Sept ans après les tragiques événements du World Trade Center, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre et quatre de ses présumés complices ont comparu, jeudi, devant un juge militaire à la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba.

C'est la première fois que les cinq hommes apparaissaient en public après plusieurs années dans les prisons secrètes américaines.

Le juge Ralph Kohlman, un colonel de la Marine, les a informés des actes d'accusation et leur a demandé s'ils acceptaient les avocats qu'on leur avait choisis. Ils pouvaient aussi décider de plaider coupable ou non.

Les cinq hommes sont accusés de complot, de meurtre (2973 chefs d'accusation, soit le nombre de personnes tuées dans les attentats), de destruction de propriété et de terrorisme.

Les accusés

  • Khalid Cheikh Mohammed: cerveau présumé des attentats du 11 septembre et ancien numéro 3 d'Al-Qaïda
  • Ramzi Binalshibh: présumé intermédiaire principal entre les pirates et les dirigeants d'Al-Qaïda
  • Ali Abd Al-Aziz Ali: connu sous le nom d'Ammar Al-Balouchi, neveu et présumé lieutenant de Mohammed
  • Mustafa Ahmad Al-Hawsawi: présumé assistant d'Al-Balouchi
  • Walid bin Attach: connu sous le nom de Khallad, aurait choisi et entraîné les 19 pirates de l'air.

Celui qui aurait organisé les attentats et ses présumés complices risquent la peine de mort s'ils sont reconnus coupables.

Khaled Cheikh Mohammed était méconnaissable. Il arborait un turban blanc et une énorme barbe poivre et sel. Quand le juge lui a rappelé qu'il risquait la peine capitale, il a répondu que c'était ce qu'il voulait, car « cela fait longtemps que je veux être un martyr ».

Il a pris ses distances de certaines déclarations incriminantes qu'il aurait faites sur son implication dans les attentats. « Tout cela a été extorqué sous la torture, vous le savez très bien », a-t-il dit.

La CIA reconnaît qu'il a été soumis au « waterboarding », une simulation de noyade utilisée pour faire parler les suspects et condamnée comme un acte de torture par les associations de droits de la personne.

Tous les détenus étaient vêtus de blanc et semblaient détendus. Ramzi ben Al-Shaiba, qui souffre de troubles mentaux, avait les chevilles attachées au sol par une chaîne.

Khalid Cheikh Mohammed a répondu au juge qui insistait pour que les accusés prennent un avocat, qu'il n'avait pas confiance dans la procédure, « nous avons été (emprisonnés) cinq ans, et ils nous ont torturés (...) et ils nous ont transférés à Guantanamo », a-t-il dit.

L'audience se tient dans une salle d'audience dernier cri installée dans un hangar entouré de barbelés. Une soixantaine de journalistes et des observateurs suivent le procès dans une salle voisine.

Les accusés ont été arrêtés il y a sept ans. Ils ont passé plusieurs années dans des prisons secrètes de la CIA avant d'être transférés à Guantanamo.

La retransmission sonore de l'audience pour le public et vidéo pour la presse aura un décalage de 20 secondes afin de permettre au juge et au conseiller en sécurité de couper le son s'ils croient que des informations doivent rester confidentielles.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters