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Front commun Québec-Ontario

Radio-Canada

À l'occasion d'un conseil conjoint des ministres, une première au Canada, Québec et Queen's Park signeront une entente sur les gaz à effet de serre en guise de pied de nez à Ottawa.

Si le premier ministre Stephen Harper semblait préoccupé par la réaction des pays européens à son plan de lutte contre les changements climatiques, la semaine dernière, il pourrait avoir à se soucier de celle des provinces canadiennes.

Les premiers ministres Jean Charest et Dalton McGuinty ont laissé entendre clairement, dimanche, que le Québec et l'Ontario s'apprêtaient à signer un protocole d'entente sur la question des changements climatiques. En vertu de cet accord, un système interprovincial de plafond et d'échange de crédits d'émissions de gaz à effet de serre (GES) serait créé.

Il s'agira d'un des éléments principaux à ressortir du conseil conjoint des ministres québécois et ontariens, qui se déroule lundi au Château Frontenac, à Québec. Cet événement est une première au Canada.

Québec et Queen's Park veulent ainsi se dissocier de l'approche d'Ottawa en matière de changements climatiques. Les deux gouvernements reprochent au fédéral d'avoir fixé des objectifs à atteindre d'ici 2025 seulement, et d'avoir choisi 2006 comme année de référence, au lieu de 1990 comme le protocole de Kyoto.

De plus, le choix d'établir des objectifs de réduction de « l'intensité » des émissions de GES, au lieu de la quantité absolue, irrite les premiers ministres Charest et McGuinty.

Un manque d'ambition

« Le gouvernement fédéral souffre d'un manque d'ambition », a déclaré dimanche le premier ministre McGuinty.

Ensemble, le Québec et l'Ontario représentent les deux tiers de la population canadienne et la quatrième économie régionale en importance en Amérique du Nord. Pour MM. Charest et McGuinty, cela donne automatiquement du poids à leur initiative.

« Il y a un consensus qui va se dégager sur l'architecture d'un système de permis. Si l'Ontario et le Québec adhèrent à un même système, et nous sommes 60 % de l'économie canadienne, bien forcément cela va devenir la norme », a clamé le premier ministre du Québec. D'ailleurs, le Manitoba et la Colombie-Britannique auraient déjà exprimé de l'intérêt pour ce partenariat environnemental interprovincial.

Il ne faudrait quand même pas que le Canada soit à la remorque de ce qui se passe aux États-Unis.

Le ministre de l'Environnement du Canada, John Baird, dénonce déjà le projet du Québec et de l'Ontario. Il reproche aux deux provinces de parler sans agir, en citant en exemple le fait que l'Ontario n'a toujours pas éliminé ses usines de charbon très polluantes.

En entrevue à l'émission Question Period, au réseau anglais CTV, M. Baird a même affirmé qu'un tel front commun provincial pourrait détruire les bases du plan d'Ottawa pour lutter contre les gaz à effet de serre. Il a ajouté que le Canada ne devait se doter que d'un seul plan pour forcer les industries à réduire leurs émissions de GES.

Avec les informations de La Presse canadienne

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