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Henri-Paul Rousseau démissionne

Radio-Canada

Le président et chef de la direction de l'institution québécoise se joindra à Power Corporation et à la Corporation Financière Power à compter du 1er janvier 2009.

Le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, démissionne.

Il se joindra à Power Corporation et à la Corporation Financière Power à compter du 1er janvier 2009.

M. Rousseau, entré en fonction le 1er septembre 2002, demeurera à la disposition du conseil d'administration et de la direction de la Caisse à titre de conseiller jusqu'au 31 août 2008 pour favoriser une transition ordonnée.

Le conseil d'administration a désigné Richard Guay pour assumer les responsabilités de M. Rousseau de façon intérimaire. M. Guay travaille pour la Caisse depuis 1995 et chef de la direction du placement depuis 2006.

Dans un bref communiqué publié vendredi par la Caisse, M. Rousseau soutient que c'était le moment pour lui de s'attaquer à de nouveaux défis professionnels. « La publication des résultats 2007 a coïncidé avec la fin d'un premier mandat de cinq années complètes à la direction de la Caisse, ce qui constituait une étape importante et exigeait une réflexion de ma part », écrit-il.

« Comme la nouvelle loi sur la Caisse, adoptée en 2004, fixe à cinq ans la durée des mandats du président et chef de la direction, le moment était également propice à un changement à la direction, d'autant que les six prochains mois seront consacrés à l'élaboration du nouveau plan stratégique 2009-2011 »

« En ce qui me concerne, à 60 ans, cette fenêtre était indiquée pour relever un nouveau défi professionnel dans le secteur privé », explique Henri-Paul Rousseau, qui aura droit à une indemnité de départ équivalente à un an de salaire ainsi qu'à une prestation de retraite.

Aux prochaines assemblées annuelles de Power Corporation et de la Corporation Financière Power, prévues en mai 2009, M. Rousseau sera proposé comme candidat à l'élection aux conseils d'administration et comme vice-président du conseil des deux sociétés.

Du rendement de la Caisse

La Caisse de dépôt, qui gère essentiellement les avoirs des caisses de retraite et des régimes d'assurance publics et privés québécois, administre des actifs évalués à 155 milliards de dollars, soit deux fois plus que lorsque M. Rousseau est entré en fonction. Au cours des cinq dernières années, le rendement global moyen de la Caisse a été de 12,4 %, ce qui la place dans le premier décile des gestionnaires de fonds de retraite du Canada.

En 2007, la Caisse a enregistré un rendement de 5,6 %. Elle a dû mettre de côté une provision de 1,9 milliard de dollars en raison de ses placements dans le papier commercial adossé à des actifs, ce qui a amoindri son rendement net de 1,3 %. M. Rousseau disait alors que la Caisse croit pouvoir récupérer, à terme, les trois quarts de cette perte hypothétique et qu'à peine 500 millions de dollars demeurent à risque.

Réactions à Québec

À Québec, le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, a été le premier à réagir à l'annonce du départ de M. Rousseau. Bien qu'il lui ait souhaité bonne chance, le chef de l'Action démocratique du Québec est revenu sur ces investissements dans le papier commercial adossé à des actifs.

« Lorsqu'un jour je me suis rendu compte que la Caisse de dépôt avait plus d'argent, ou autant d'argent disons, dans le papier commercial - des placements de moindre qualité et à haut risque - que dans toutes les entreprises de l'économie du Québec, moi ça m'a inquiété », a-t-il fait valoir.

Le porte-parole du Parti québécois en matière de développement économique et de finances, François Legault, a pour sa part déclaré que le départ de M. Rousseau offrait l'occasion d'avoir un débat sur le rôle de la Caisse, dans le cadre duquel l'avis des déposants et des syndicats devrait être sollicité. Ce débat, dit-il, devrait avoir lieu avant que le gouvernement ne nomme un successeur à M. Rousseau, afin que celui-ci adhère à ces objectifs.

Au cours des premières années de son existence, a-t-il rappelé, la Caisse a été à l'avant-plan du développement économique du Québec, mais ce rôle a dernièrement été relégué au second plan. M. Legault dit croire que l'objectif de développement économique du Québec devrait avoir préséance ou, à tout le moins, être sur le même pied d'égalité que celui de rendement.

« Depuis 4 ans, depuis l'adoption de la nouvelle loi par le gouvernement Charest, des beaux fleurons de notre économie - Domtar, Abitibi-Consolidated, Alcan - ont été vendus à des intérêts étrangers, sans que la Caisse de dépôt sente qu'il y avait, dans son mandat, des préoccupations à y avoir et un objectif de maintien des centres de décision », a-t-il dit.

M. Legault dit croire qu'il faut craindre la perte d'autres fleurons de l'économie québécoise au cours des prochaines années, en nommant la Banque nationale, Bombardier, SNC-Lavalin et CGI. La vente de ce genre d'entreprises constituerait une mauvaise nouvelle pour l'économie du Québec.

Avec les informations de La Presse canadienne

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