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Bernier avoue sa faute et démissionne

Radio-Canada

Le premier ministre Stephen Harper annonce la démission du ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, après que celui-ci lui eut révélé qu'il avait laissé des documents confidentiels dans un endroit non sécurisé.

Les erreurs de Maxime Bernier lui auront finalement coûté son poste de ministre des Affaires étrangères.

C'est ce qu'a confirmé le premier ministre Stephen Harper, lundi soir, en conférence de presse. M. Harper a affirmé que M. Bernier l'avait informé qu'il avait laissé des documents confidentiels dans un endroit non sécurisé.

Le premier ministre a annoncé que David Emerson assumera les responsabilités de ministre des Affaires étrangères sur une base intérimaire. La ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, s'occupera quant à elle de la Francophonie.

Stephen Harper a affirmé que Maxime Bernier avait avoué sa faute lundi après-midi. Il avait brièvement évoqué l'histoire lors d'une conversation, dimanche soir, avec le premier ministre. « C'est une erreur très grave », a déclaré M. Harper.

« Monsieur le premier ministre, l'infraction à la sécurité qui s'est produite est de ma faute et de ma faute uniquement, et j'en assume l'entière responsabilité. » Maxime Bernier

Le premier ministre a ajouté qu'il s'attendait qu'un ministre prenne les précautions nécessaires en manipulant des documents gouvernementaux secrets. « C'est un devoir essentiel », a-t-il dit.

M. Harper a accepté la démission de M. Bernier seulement quelques heures avant de partir pour l'Europe, où il effectuera une tournée à compter de mardi.

Pourtant, M. Harper continuait de défendre son ministre, lundi, à la suite de nouvelles révélations concernant l'ex-amie de Maxime Bernier, Julie Couillard. Il a persisté à dire qu'il s'agissait d'une affaire privée. En soirée, il n'a pas voulu faire de lien entre l'affaire de la fuite de documents et la liaison de M. Bernier avec Mme Couillard, sans toutefois affirmer de façon catégorique qu'il n'y en avait aucun.

Un lien avec Julie Couillard?

Il n'est pas clair si cette affaire touchant la sécurité nationale s'est produite au moment où Maxime Bernier fréquentait toujours Julie Couillard. Celle-ci était déjà au coeur d'une controverse, parce qu'elle avait fréquenté des hommes liés aux motards criminalisés dans le passé.

Elle a aussi créé un malaise à Ottawa après que des journaux eurent affirmé que Mme Couillard avait pris part à des séances d'information du ministre démissionnaire des Affaires étrangères.

Dans une entrevue diffusée lundi soir à TVA, Julie Couillard a révélé que Maxime Bernier avait laissé un document confidentiel chez elle, environ à la mi-avril dernier. Elle a ajouté qu'après avoir consulté un avocat, celui-ci lui avait recommandé de le remettre en son nom. Elle n'a pas voulu donner d'autres détails au sujet du document, qui était adressé à Maxime Bernier, selon elle.

Elle a déclaré qu'elle n'avait jamais assisté à des réunions ministérielles, ni demandé à le faire.

Mme Couillard affirme qu'elle avait informé Maxime Bernier de ses anciennes relations dès qu'elle a commencé à le fréquenter.

Elle a aussi dit qu'elle avait été placée sous écoute électronique, mais qu'elle n'en avait jamais parlé à M. Bernier.

Réactions politiques. Consultez notre article sur le sujet.

Un ministre maladroit

Depuis son arrivée au ministère des Affaires étrangères, en août 2007, Maxime Bernier n'a cessé de multiplier les gestes interprétés comme des maladresses, dont certains ont même provoqué des incidents diplomatiques.

  • En octobre dernier, le ministre a causé un malaise en distribuant des petits gâteaux à des militaires, lors d'une visite à Kandahar. Plusieurs ont souligné qu'il aurait dû agir autrement devant des soldats qui se battent tous les jours sur le terrain.
  • À son retour aux Communes, en réponse à une question sur Haïti, M. Bernier a fait référence au « président Aristide », alors que ce dernier n'est plus en poste depuis février 2004. C'est plutôt René Préval qui dirige Haïti.
  • En avril dernier, lors d'une visite en Afghanistan, M. Bernier a remis en question la compétence du gouverneur de Kandahar, un commentaire interprété comme une ingérence dans la politique afghane. (Lisez notre nouvelle à ce sujet.)
  • Puis, l'affaire Julie Couillard, cette ex-amie de M. Bernier ayant eu des liens avec d'ex-motards, a soulevé de nombreuses questions à Ottawa en mai. (Consultez une de nos nouvelles à ce sujet.)
  • Maxime Bernier a aussi été vu sur une photo, serrant la main d'un homme d'affaires soupçonné par la GRC d'avoir des liens avec des réseaux criminels, Michael Chamas. (Lisez notre article à ce sujet.)
  • Toujours en mai, M. Bernier a déclaré que les nouveaux avions-cargos canadiens C-17 pourraient transporter des hélicoptères de l'ONU au Myanmar, dans le cadre de l'effort d'aide aux sinistrés du cyclone Nargis. Toutefois, aucun C-17 n'était disponible à ce moment, et le gouvernement canadien a dû noliser à prix fort un gros porteur russe pour remplir cette promesse. (Consultez notre nouvelle à ce sujet.)

Qui est Maxime Bernier?

Originaire de Beauce, au Québec, Maxime Bernier a été élu à la Chambre des communes pour la première fois en 2006. Il a été nommé le 6 février 2006 ministre de l'Industrie, avant de se voir confier, le 14 août 2007, le portefeuille des Affaires étrangères.

Avant de faire le saut en politique, M. Bernier, 40 ans, était vice-président aux affaires corporatives et aux communications de la compagnie d'assurances Standard Life du Canada. Il a aussi été directeur des relations d'entreprise et internationales à la Commission des valeurs mobilières du Québec, de même qu'il a travaillé pour des institutions financières et bancaires.

Avocat de formation, Maxime Bernier est aussi titulaire d'un baccalauréat en commerce. Il a été membre du conseil d'administration de l'Institut économique de Montréal en 2005.

M. Bernier, père de deux filles, est le fils de Gilles Bernier, un ancien député et diplomate.

Révélations du Devoir

Selon ce qu'a appris le quotidien montréalais Le Devoir, Julie Couillard exploite depuis 2005 une entreprise spécialisée dans les « systèmes de haute technologie de sécurité » qui oeuvre, selon une ancienne employée, dans l'installation de systèmes de sécurité et le « contrôle de passagers ».

Cet intérêt pour le domaine de la sécurité chez une femme qui, officiellement, travaille comme agente immobilière serait issu, toujours selon Le Devoir, d'une précédente relation amoureuse, en 2004 et 2005, avec le dirigeant d'une entreprise d'intégration de système de sécurité.

Julie Couillard et ce dernier, Robert Pépin, ont d'ailleurs présenté en 2004, au nom de l'entreprise de M. Pépin, l'Agence d'investigations et de sécurité DRP, une soumission à l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA).

Cette soumission concernait un appel d'offres fédéral pour l'implantation d'une carte d'accès aux zones réglementées destinées aux employés des aéroports canadiens. Si la proposition de DRP n'a pas été retenue par l'ACSTA, il n'en demeure pas moins, comme l'indique Le Devoir, que Julie Couillard a néanmoins « vu beaucoup de choses à propos de la sécurité des aéroports ».

Julie Couillard a rompu avec Robert Pépin peu de temps après, en 2005, alors qu'elle fondait sa propre entreprise de sécurité, Itek Solutions Globales. Selon La Presse, Robert Pépin devait d'importantes sommes d'argent à un prêteur des Hells Angels et aurait fait l'objet de menaces avant de se suicider, en mai 2007, peu après avoir reçu une assignation à comparaître devant l'Autorité des marchés financiers (AMF), l'organisme qui surveille les investissements.

Le Devoir a tenté en vain de contacter la direction d'Itek Solutions Globales, une entreprise dont l'adresse officielle est la même que celle de la résidence lavalloise de Julie Couillard.

Mme Couillard est au coeur d'une controverse après que des médias se furent rendu compte que l'ex-conjointe du ministre démissionnaire des Affaires étrangères, Maxime Bernier, avait dans le passé fréquenté des membres de gangs de motards criminalisés.

Maxime Bernier et Julie Couillard ont entretenu une relation au moins jusqu'au 31 mars dernier, le couple ayant été vu à la table d'un restaurant d'Ottawa avec le ministre de la Sécurité publique Stockwell Day et sa conjointe.

Avec les informations de Le Devoir, La Presse, et TVA

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