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L'interculturalisme

Radio-Canada

Les définitions de l'interculturalisme et du multiculturalisme selon les commissaires Gérard Bouchard et Charles Taylor

Interculturalisme: Politique ou modèle préconisant des rapports harmonieux entre cultures, fondés sur l'échange intensif et axés sur un mode d'intégration qui ne cherche pas à abolir les différences, tout en favorisant la formation d'une identité commune.

Multiculturalisme: Dans son acception la plus courante, système axé sur le respect et la promotion de la diversité ethnique dans une société. Peut conduire à l'idée que l'identité commune d'une société se définit exclusivement par référence à des principes politiques plutôt qu'à une culture, une ethnicité ou une histoire.

Interprétations et débats

Daniel Mark Weinstock, directeur du Centre de recherche en éthique de l'UdeM et expert-conseil à la commission Bouchard-Taylor, sur les ondes de RDI: « Je crois qu'il y a une exagération à laquelle il ne faut pas succomber. Je crois que, depuis longtemps, au Québec, il y a une sorte de caricature qui plane sur la notion de multiculturalisme à la canadienne. Vous savez, c'est très clair dans tous les énoncés de politique [...]: le multiculturalisme est perçu non pas comme une politique de division, de ségrégation, de ghettoïsation, mais comme une politique d'intégration. On dit aux immigrants: "On sait que c'est un trauma, en quelque sorte, de changer de culture; au Canada, on vous permet de le faire en douceur, en maintenant certains aspects de vos cultures d'origine, mais bien entendu en vous intégrant aux valeurs de la société, aux valeurs des chartes, etc." Donc, je ne pense pas que l'interculturalisme et le multiculturalisme sont si différents que ça. [...] La différence tient plus à des nuances qu'à des principes fondamentaux. »

Déclarations politiques

Le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont: « L'interculturalisme sur lequel on s'appuie dans le rapport, il implique un dialogue entre les citoyens adhérant à une culture normative et les citoyens issus de cultures différentes qui viennent se joindre. Tout en insistant sur la notion d'interculturalisme, le rapport de la commission néglige un aspect fondamental de celle-ci, le rapport demeure muet quant au renforcement, à l'affirmation de cette culture normative qui correspond à celle de la majorité francophone de la société d'accueil. Or, pour être porteur, l'interculturalisme québécois doit reconnaître l'existence de marqueurs d'identité tant sur le plan de nos institutions, de nos valeurs communes que sur le plan socioculturel. »

La ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James: « Ce que nous avons dit, comme gouvernement, c'est que nous allons poser des gestes pour favoriser cet interculturalisme, en le faisant en respectant nos différences et en respectant la majorité francophone ici, au Québec, M. le Président. »

La chef du Parti québécois, Pauline Marois: « Pour nous, il s'agit [l'interculturalisme] d'une approche d'intégration des immigrants à laquelle nous adhérons depuis longtemps, qui se pratique d'ailleurs au quotidien depuis de nombreuses années. Cette recommandation est intéressante également, car elle exprime clairement le rejet québécois du multiculturalisme canadien, inscrit formellement dans la Constitution canadienne. »