•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les caméras se multiplient

Radio-Canada

La commissaire à la vie privée du Canada s'inquiète de la multiplication des caméras de surveillance qui peuvent souvent constituer une intrusion dans la vie privée.

Les caméras de surveillance sont de plus en plus utilisées au pays. En fin de semaine, par exemple, les images de l'homme accusé du meurtre de l'attachée politique Nancy Michaud, captées par les caméras de surveillance de la Caisse populaire de Rivière-Ouelle, ont contribué à faire avancer l'enquête des policiers.

Les caisses et les banques ont d'ailleurs été parmi les premières institutions à installer des caméras pour assurer la sécurité de leurs clients.

Depuis les attentats du 11 septembre, la sécurité est d'ailleurs devenue une véritable obsession. Au Québec seulement, les organismes publics utilisent plus de 5000 caméras.

Le phénomène a pris tellement d'ampleur que la commissaire à la vie privée du Canada se dit préoccupée par l'explosion du nombre de caméras de surveillance au pays. Selon Jennifer Stoddart, les caméras peuvent représenter une intrusion dans la vie privée.

Dans des garderies

En fait, l'utilisation des caméras ne fait pas l'unanimité.

À Toronto, des garderies ont installé des caméras dans toutes les pièces, même dans le gymnase.

« C'est très populaire. Les parents viennent ici parce qu'il y a des caméras vidéo dans toutes les pièces », souligne Katia White, une éducatrice, qui est très fière que son employeur ait fait installer des caméras pour augmenter la sécurité.

Au total, sept caméras filment les faits et gestes des enfants et des éducatrices de cette garderie, et permettent aux parents de rester en contact avec leurs enfants toute la journée au moyen d'Internet.

La garderie diffuse en direct sur son site les images captées, à la grande satisfaction des parents comme Patrick Boulanger qui, une fois au travail, peut surveiller son enfant sur son écran d'ordinateur. Il n'a qu'à entrer son mot de passe. « C'est bon, dit-il, tu peux voir les enfants toute la journée. On voit ce qu'il fait, et avec qui il joue. »

Au Canada, les systèmes de sécurité et de vidéosurveillance se multiplient. On trouve de plus en plus de caméras vidéo dans les commerces, les tours de bureaux ou dans la plupart des édifices gouvernementaux. Certaines villes en installent même pour surveiller des quartiers.

Mme Stoddart est très préoccupée. « Le phénomène peut nous mener très clairement à une surveillance continue des citoyens dans les lieux publics, dans les lieux de travail, et s'il n'y a pas de balises très claires, quelqu'un peut, à votre insu, monter un dossier sur vous. Vous ne savez même pas que vous êtes filmé. On pourrait même truquer ce vidéo de vous, montrer quelque chose sur YouTube qui est complètement faux », dit-elle.

La commissaire est tellement préoccupée par la situation qu'elle a émis des directives pour encadrer l'utilisation des caméras de surveillance dans les commerces et les lieux publics.