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Ottawa aura les détaillants à l'oeil

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2008 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une enquête du Ottawa Citizen démontre qu'une pompe sur 20 au pays donne moins de carburant que ce qu'elle indique, faisant ainsi perdre aux automobilistes canadiens des millions de dollars annuellement.

Non seulement les automobilistes canadiens doivent subir depuis plusieurs mois des hausses substantielles des prix de l'essence à la pompe, mais on apprend maintenant que ces dernières donnent bien souvent moins de carburant que ce qu'elles indiquent.

L'Ottawa Citizen a obtenu en vertu de la Loi d'accès à l'information une étude réalisée par le gouvernement fédéral qui démontre qu'un peu moins d'une pompe sur 20 testée entre 1999 et 2007 est défavorable aux consommateurs, une réalité à laquelle veut s'attaquer Ottawa.

Les inspecteurs de Mesures Canada, l'organisme gouvernemental qui veille à la précision des instruments de mesure employés dans le commerce au pays, ont en effet constaté que 4,9 % des quelque 200 000 pompes à essence inspectées donnent moins de carburant que ce qu'elles indiquent.

Et les mêmes inspections indiquent aussi que 1,7 % des pompes, elles, sont trop généreuses et donnent plus d'essence.

Les erreurs de calibrage des pompes, il faut le préciser, demeurent somme toute minimes, s'établissant essentiellement entre 30 et 60 cents d'essence sur un plein régulier. Toutefois, si l'on rapporte cette somme moyenne à l'ensemble du carburant vendu au Canada par les détaillants, les chiffres les plus conservateurs indiquent qu'il en coûte en trop aux automobilistes canadiens au moins 8 millions de dollars annuellement.

Autre fait troublant, il semblerait, toujours selon le Ottawa Citizen qui a demandé à un statisticien de revoir l'étude de Mesures Canada, qu'il est pratiquement impossible, statistiquement, que les pompes se trompent plus souvent en faveur du vendeur que du consommateur.

En effet, Mesures Canada constate que lorsqu'une pompe est fautive, c'est dans 74 % des cas en faveur du vendeur, ce qui, selon le statisticien Richard Shillington de la firme Informetrica, a une chance sur des milliards de se produire.

Aux États-Unis, en guise d'exemple, des études similaires démontrent que les erreurs de calibrage de pompes à essence avantagent également les détaillants et les consommateurs.

Le gouvernement conservateur a rapidement réagi à la publication de l'article du Ottawa Citizen, samedi dernier, et a annoncé, lundi, un net resserrement des contrôles.

Le ministre de l'Industrie, Jim Prentice, à la tête du ministère qui dirige les services de Mesures Canada, a indiqué que des inspections supplémentaires seront prévues tout au long de l'été, jusqu'à ce qu'un nouveau système de contrôle soit mis en place d'ici l'automne.

Et les détaillants qui seront pris avec une pompe mal calibrée devront payer une amende de 10 000 $ pour une première offense. Jusqu'à maintenant, l'amende était plutôt de 1000 $.

L'opposition a estimé que la réaction du ministre Prentice est un pas dans la bonne direction, mais elle a tout de même déploré que le gouvernement ait attendu pour agir que l'étude soit publiée, même s'il était au courant de la situation.

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