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Nouvelle stratégie pour l'armée

Radio-Canada

Ottawa annonce un plan de 30 milliards de dollars sur 20 ans pour les Forces canadiennes. Du nouveau matériel sera acheté, les infrastructures seront améliorées et 11 000 nouveaux militaires seront recrutés.

À Halifax, le premier ministre canadien, Stephen Harper, a dévoilé lundi les grandes lignes d'une nouvelle stratégie de défense baptisée Le Canada d'abord, tout en demeurant avare sur les détails.

Cette stratégie s'accompagne d'un plan d'approvisionnement révisé qui pourrait entraîner des dépenses de 30 milliards de dollars sur 20 ans. Elle s'appuie sur quatre « piliers », soit le personnel, les infrastructures, la disponibilité opérationnelle et le matériel.

Le gouvernement dit que son objectif consiste à « garantir que les Forces canadiennes ont l'effectif, l'équipement et le soutien nécessaires pour relever les défis à long terme du pays en matière de sécurité nationale et internationale ».

Il réitère qu'il entend procéder au remplacement de ses principales flottes de combat. En termes concrets, Ottawa procédera au remplacement de ses CF-18 par 65 nouveaux avions de combat. Il troquera aussi ses appareils de patrouille maritime Aurora pour une douzaine de nouveaux appareils, achètera 17 hélicoptères de sauvetage et commandera 15 navires de combat pour remplacer ses frégates et ses destroyers.

Plusieurs de ces achats avaient en fait déjà été l'objet d'annonces.

Hausse de l'effectif

Le ministre de la Défense, Peter McKay, a annoncé que 11 000 militaires de plus seront recrutés au cours des prochaines années. Ottawa prévoit ainsi faire passer l'effectif des forces régulières de 65 000 à 70 000 militaires, et celui de la réserve de 24 000 à 30 000.

De façon plus générale, le gouvernement annonce qu'il entend améliorer la préparation générale des Forces canadiennes ainsi que leurs principales infrastructures. Il compte remplacer ou remettre en état 25 % des infrastructures de l'armée en moins de 10 ans et environ 50 % en 20 ans.

« Si vous voulez être pris au sérieux dans le monde, vous devez avoir la capacité d'agir, c'est aussi simple que cela », a déclaré le premier ministre. Stephen Harper admet que plusieurs de ces mesures étaient déjà connues, mais précise qu'elles s'inscrivent désormais dans un plan à long terme.

Brouillon, selon l'opposition

L'opposition déplore que le gouvernement procède à une telle politique d'achat sans avoir défini clairement sa politique étrangère, et trouve présomptueux qu'un gouvernement minoritaire s'engage sur une aussi longue période.

« Il serait plus logique de savoir de quelle politique étrangère on se dote, parce que la politique de la Défense concrétise d'une certaine façon la politique étrangère », a critiqué le chef bloquiste, Gilles Duceppe.

Le chef néo-démocrate, Jack Layton, a de son côté reproché au gouvernement de trop mettre l'accent sur le volet militaire, ce qui reflèterait une politique étrangère où le volet humanitaire est marginalisé.

Depuis qu'il a été élu, en janvier 2006, le gouvernement conservateur a annoncé l'achat de 100 chars Leopard 2 des Pays-Bas, de 6 à 8 navires pour patrouiller l'Arctique, de 16 hélicoptères Chinook, de 4 avions de transport aérien stratégique Boeing C-17 et de 17 avions de transport tactique C-130J.