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La minière poursuit les auteurs de Noir Canada

Radio-Canada

Le géant aurifère poursuit pour 6 millions de dollars les auteurs du livre. Elle accuse Alain Deneault et le Collectif Ressources d'Afrique d'avoir cherché à ternir sa réputation en utilisant de fausses informations

La canadienne Barrick Gold a mis sa menace à exécution et déposé une poursuite de 6 millions de dollars contre Alain Deneault et ses collaborateurs Delphine Abadie et Wiliam Sacher, auteurs du livre Noir Canada: pillage, corruption et criminalité en Afrique.

L'entreprise réclame plus précisément 5 millions de dollars à titre de dommages moraux et compensatoires, de même que 1 million de dollars à titre de dommages punitifs.

La plus importante société aurifère au monde les accuse d'avoir lancé, par leur ouvrage, une campagne de diffamation contre l'entreprise, visant à ternir sa réputation, « sans vérifier la véracité et la crédibilité d'informations extrêmement graves au sujet de Barrick ».

Les avocats de la minière demandent également une injonction permanente pour empêcher les auteurs du livre de répéter leurs allégations sur l'entreprise, que ce soit verbalement ou par écrit.

La maison d'édition Écosociété avait décidé à la mi-avril d'aller de l'avant avec la publication du livre, malgré la mise en demeure de Barrick Gold adressée tant aux auteurs qu'à leur éditeur.

En entrevue au Réseau de l'information, le 15 avril dernier, Alain Denault avançait alors que la mise en demeure de Barrick Gold était assimilable à une menace de poursuite-bâillon, vue comme une entrave à la liberté d'expression.

Noir Canada, a-t-il expliqué, vise à recenser « un nombre considérable d'abus commis par un nombre considérable » de minières et de pétrolières canadiennes en Afrique, tels qu'ils ont été recensés par une grande quantité de sources gouvernementales, institutionnelles ou non gouvernementales crédibles.

« Et pourquoi ce débat est-il si important? C'est parce que les actifs des Canadiens se trouvent à financer ces sociétés-là, via les fonds de retraite, les REER, les placements publics, les institutions financières, par l'entremise de la Bourse de Toronto », plaidait-il alors.

Avec les informations de La Presse canadienne